Quand la société « La Chapraisienne », trompettes et trompes de chasse, trompe la fanfare « Les Trompes Bisontines »…

Le 5 juillet 1906, La société de trompettes et de trompes de chasse, La Chapraisienne était créée, statuts déposés. Siège de la société, le Café de Lyon , 11 rue de Belfort.

Café de Lyon

La Chapraisienne trompettes

 

Mais voilà, il existe déjà à Besançon, une Fanfare des trompes de chasse, Les Trompes bisontines.

Fanfare de trompes de chasse

 

 L’adresse du siège semble être le Café C. Jouan, 29 rue d’Arènes. Une lettre datée du 19 mars 1906 démontre l’antériorité de cette Fanfare, sans que l’on sache exactement quand elle a été créée. Par un courrier adressé au Maire, le 1er mai 1906, lui annonçant le traditionnel bal-tambola, il est réclamé à la municipalité,  comme le font alors toutes les associations, un lot.

Trompes bisontines

Ce bal est annoncé pour le 5 mai 1906 (donc avant la constitution de La Chapraisienne),  à la salle des fêtes de la société nautique . Il est précisé dans le communiqué paru dans Le Petit Comtois le samedi 5 mai 1906, que le bal commencera à 21h et que presque tous les billets de tombola ont été vendus.

Nouveau courrier de cette fanfare, le 16 décembre 1907, toujours adressé au Maire afin d’obtenir un lot pour un grand concert, bal tombola, cette fois au Kursaal, programmé le 12 janvier 1908. Le Petit Comtois du 11 janvier 1908 annoncera le programme de cette fête « de jour et de nuit » puisqu’elle commence à 14h et comprend trois parties de spectacles avec un bal qui suit à 21h! Il suffit alors de posséder 2 billets de tombola à 0 fr,25 pour pouvoir participer à cette fête présidée par le Maire, Alexandre Grosjean. Fête qui rencontra un vif succès rapporte le journal dans son édition du 13 janvier 1908. Le Président des trompes Bisontines est alors un négociant de la rue Morand (où sont exposés les lots de la tombola), M. Marx. Les Trompes bisontines répètent dans…le sous-sol de l’Hôtel de Ville (voir Le Petit Comtois en date du 20 octobre 1906).

Certes les chapraisiens semblent moins dynamiques. Mais ils ont ajouté les trompettes aux trompes de chasse! Et on ne peut qu’être troublé par la similitude des cachets des Trompes Bisontines et de la Chapraisienne!

Trompes bisontines cachet

Le Président signe à gauche avec un cachet…rouge

La Chapraisienne cachet

Là, signature à droite…mais la Chapraisienne semble soutenue par ma municipalité radicale de l’époque…

La Chapraisienne a alors pour Président, un dénommé Blanchard, entrepreneur, rue de l’Industrie. C’est lui qui adresse au maire, le 11 septembre 1906, les statuts adoptés. Il demande, début octobre 1906, au maire , un lot « …afin de réhausser l’éclat de notre fête » qui doit se dérouler le 24 décembre.

Le compte-rendu dans Le Petit Comtois du 27 décembre 1906 est fort éloquent. En voici quelques extraits : « Fondée depuis 6 mois à peine, la Chapraisienne, société de trompes et trompettes conviait ses nombreux amis à une soirée dansante suivie d’un réveillon. Dans ce coquet établissement de l’Alcazar, une foule nombreuse, 300 personnes environ, évoluaient dès 9h30 aux accords entraînant d’un orchestre parfait.

Dans la nombreuse assistance, nous constatons la présence de la presque totalité des commerçants des Chaprais. …/…

A minuit et demi M. Grosjean (le maire de Besançon) accompagné des représentants de la presse fait son entrée dans la salle de bal tandis que l’orchestre joue La Marseillaise. M. le Maire et les représentants de la presse sont reçus par M. Garreau, conseiller municipal du quartier, Blanchard, président de la Chapraisienne, Walter, président du comité des fêtes, Toubin secrétaire, Aubet trésorier, Cussignot et Laudes membres du comité des fêtes…et un essaim de jeunes filles aux fraîches toilettes.

Les membres du bureau conduisent leurs hôtes dans les galeries d’où on jouit d’un coup d’œil magnifique sur l’ensemble de la salle. Tandis qu’on sable le champagne, les conversations s’engagent. On parle des questions d’édilité (travaux et équipements du quartier de la responsabilité de la municipalité) intéressant le quartier des Chaprais. Avec une bonne grâce parfaite, M. Grosjean écoute les doléances des intéressés et avec M. Garreau, promet d’y apporter des solutions qui sont en son pouvoir.

…/… A 1h du matin, l’orchestre interrompant les danses, et précédés des membres du bureau, M. le Maire, M. Garreau et une cinquantaine de personnes se dirigent vers la salle où est servi le souper.

Il est 4h, Mrs Grosjean et Garreau regagnent leurs domiciles tandis que les couples continuent leurs ébats qu’ils n’abandonnent à regret qu’au petit matin. »

Le 11 juillet 1907, La Chapraisienne sollicite une aide de la mairie afin de pouvoir participer au concours international de musique de Dijon, le 15 août 1907.

Dans Le Petit Comtois du 17 août, on peut lire :

La Chapraisienne a le plaisir de faire part aux membres honoraires du brillant succès que la section des trompes de chasse vient de remporter au concours international de Dijon, son premier concert.

3° division : 1er prix d’exécution ; 1er prix de lecture à vue ; 1er prix d’honneur ; félicitations du jury

Le 20 août 1907, toujours dans ce quotidien : « La commission administrative de la Chapraisienne adresse ses sincères remerciements à toutes les sociétés de la ville qui ont rehaussé par leur présence et leurs marques de sympathie, l’éclat de la rentrée des vainqueurs du tournoi musical de Dijon ». Les musiciens étaient rentrés le samedi 17, à 8h30 du soir à la gare Viotte.

Par contre la ville semble se faire tirer l’oreille puisque, le 26 août, La Chapraisienne écrit au Maire : « … les succès obtenus à Dijon étaient loin d’avoir enrichi sa caisse déjà bien pauvre au moment du départ. Aussi revenons-nous vous prier d’être assez bon pour ne pas nous oublier. »….

Chpraisienne lettre août 1907

Nous n’avons ensuite plus de documents, dans ce dossier aux archives municipales.

Qu’est donc devenue La Chapraisienne ?….