Rencontre avec Christiane Cartignies

Rencontre avec Christiane Cartignies artiste peintre

Christane Cartignies dans son atelier

Comment qualifier votre pratique artistique ?

En ce moment, c’est de la peinture, un travail sur la couleur, la lumière, l’espace.

Depuis quand avez-vous cette activité artistique ?

Dès que je me suis mise à travailler. J’avais fait des études de philo.

J’ai commencé en Haute Saône par le vitrail, suite à une visite dans un atelier à Nancy.

Quelle formation avez-vous eu ?

Je suis plutôt autodidacte. J’ai connu André Seurre maître verrier qui avait son atelier aux Chaprais, rue de la Rotonde.

Cela m’a apporté beaucoup de questions. Il faut être bien à l’aise pour travailler le vitrail.

Quelles techniques pratiquez-vous, quels matériaux utilisez-vous ?

Je fais beaucoup de dessins, je fais de l’aquarelle, de l’acrylique, j’utilise différents supports comme du papier, de la toile et même du plastique très léger pour un projet avec Lulla Chourlin

Christiane Cartignies

Quels sont les peintres célèbres qui vous ont inspiré ? Quels sont vos coups de coeur ?

Ce sont surtout des peintres du début du 20 e siècle qui ont travaillé l’abstraction : citons Klee et Kandinsky

Avez-vous des thèmes réguliers ?

Plutôt que de parler de thèmes, je dirais que la continuité, c’est le regard porté sur ce qui nous entoure : la nature, les êtres, les forces qui nous entourent.

feuille de magnolia

J’aime bien les matières soyeuses comme cette feuille de magnolia

Comment procédez-vous ? Allez vous peindre dans la nature ?

Non, je vais observer dans la nature, mais je peins en atelier d’après la mémoire que j’ai gardée des impressions. Je ne fais jamais de photos. Il m’arrive de faire des dessins, mais ce sont des exercices pour être à l’aise.

Vous êtes orientée vers la peinture abstraite, pourquoi ?

Christiane Cartignies L'oiseau

Cela s’est fait assez naturellement, pour être plus libre. J’ai fait aussi des portraits, mais je ne les expose que rarement.

Avez-vous une couleur préférée ?

Non, je fais plutôt une exploration assez méthodique des différentes couleurs. Un jour par exemple, j’ai envie de bleu, c’est le point de départ de ma toile.

faille outremer Christiane Cartignies

Faille outremer

Par exemple « la faille outremer »  illustre ma démarche : je n’ai pas d’idée préconçue, je pars d’une couleur par exemple le bleu, je veux exprimer le rayonnement de la couleur, la profondeur avec le blanc au milieu. Mes peintures expriment davantage de mystères que de réponses.

Vous avez un atelier dénommé Ostinato Pourquoi ?

En musique, Ostinato, c’est un motif mélodique ou rythmique répété obstinément, généralement à la basse. C’est le local où je travaille et où j’accueille des élèves, assez peu de monde. Je propose aussi des stages en extérieur comme à l’IRTS : un stage de 35 heures, c’est une expérience intéressante. La pédagogie, c’est bien, mais pour moi, le plus important c’est de peindre. C’est un besoin.

A quelles expositions avez-vous participé  ?

J’ai participé à de nombreuses expositions comme celle d’Ornans

Ostinato Ornans

Je présente régulièrement mon travail dans mon atelier

Christiane Cartignies regarde

 

par exemple, avec des photographies  d’Yves Petit. Au vernissage, la musicienne Frédérique Cesselin jouait et Cécile Scalabrino lisait des textes poétiques.

Vous participez aux Rencontres des Artistes des Chaprais les 17 et 18 mars Pourquoi ?

Rencontre artistes et soutiens

C’est bien d’être dans le quartier, c’est une opportunité que je n’ai pas voulu rater. C’est bien d’être relié à quelque chose. C’est important de faire connaître mon travail, car je vends ma peinture.  Je vais exposer des peintures en montrant mon travail sur la couleur.

Christiane Cartignies couleurs

Je crois que les gens sont touchés par la couleur. J’aime bien la « belle peinture» qui exprime quelque chose.

Quels liens avez-vous avec le quartier des Chaprais ? Quelle est votre origine ?

Mon atelier est là, dans la cour du 14 avenue Fontaine Argent depuis 2008.

atelier Ostinato

Je suis originaire du Nord, d’une cité sidérurgique. Mes souvenirs d’enfance, ce sont les hauts-fourneaux. Ce sont les grands feux dans la nuit. J’ai toujours vus des cieux embrasés, des brouillards de couleur orange. Mon père, chimiste métallurgiste avait trouvé un travail en Franche Comté où je suis arrivée l’âge de 14 ans. C’est ici que j’ai fait mes études au lycée puis de la philo à la fac. Toute cette réflexion intellectuelle m’intéressait, mais je me suis rendue compte que j’avais absolument besoin de travailler avec mes mains.

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