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Henri Traforetti apportera de la couleur à la 3e Rencontre des artistes des Chaprais

A la Cassotte, les 28 & 29 octobre, on pourra découvrir les peintures d’Henri Traforetti et échanger avec lui et une vingtaine d’artistes

Vous allez participer à la 3e Rencontre des artistes des Chaprais les 28 et 29 octobre, pourquoi ?
Parce que je fais partie de l’association Vivre aux Chaprais qui organise cet événement. Elle a sollicité les artistes du quartier, je réponds avec bonheur à l’invitation.

Vous allez exposer des peintures, depuis quand pratiquez vous cet art comme loisir ou comme passion ?

Pour moi, c’est plus qu’un loisir puisque je peins tous les jours. Je suis passionné par la peinture que je pratique régulièrement depuis 1995. Ce sont des rencontres multiples qui m’ont amené là, qui m’ont émancipé dans la culture. J’ai pu enfin exercer mon libre arbitre.

Quels artistes vous ont inspiré ?
Au début, je copiais (mal) de grands artistes comme Picasso, Matisse, Egon Schiele … mais il m’était difficile d’harmoniser les couleurs.

Quel a été alors le déclic ?
Il y a eu la rencontre avec Chris Marker qui est connu comme cinéaste mais qui est aussi un grand érudit et un romancier..

En réalité, il a fallu du temps, de la maturation. Dès l’enfance, je sentais l’envie, mais cela ne se réalisait pas. Au début, je partais un peu dans tous les sens. Je suis autodidacte. Peu à peu, j’ai réalisé de petits cartons sans copier, Mais j’aime m’exprimer sur de grandes toiles. L’inconvénient, c’est que je n’ai pas l’espace. Quand j’ai approché l’âge de la retraite j’y ai consacré de plus en plus de temps. Je suis toujours en recherche mais j’ai trouvé un style que les gens reconnaissent et apprécient.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis originaire du Jura, de Poligny, né de parents italiens. Mes parents se sont séparés et je suis arrivé très jeune à Besançon en habitant dans le quartier Battant rue du Grand Charmont. J’ai commencé à travailler à 14 ans dans une épicerie de luxe en bas de la rue Battant, chez Monsieur Boulanger. Puis j’ai enchaîné un grand nombre d’emplois. Chez Weil durant 6 mois. Mais aussi dans une petite entreprise de gravure industrielle située rue Marie Louise. On gravait sur des briquets. J’ai eu la chance que le patron m’incite à prendre des cours du soir aux Beaux Arts.
J’ai fait ensuite 4 ans d’armée en Afrique entre la Mauritanie et le Sénégal. On devait surveiller la ligne de chemin de fer de la MIFERMA qui exportait le minerai de fer avec son train le plus long du monde. La vie en Afrique m’a beaucoup plus et inspiré : entre jungle et désert.

Et ensuite ce fut le travail à la Rhodia et le syndicalisme ?
Oui je suis entré à l’usine de la Rhodia en 1965 et j’y suis resté jusqu’en 1974. La fermeture a été annoncée en 1973 et terminée en 1982.


grève à la Rhodia en novembre 61

Mon engagement syndical ne s’est pas fait naturellement. A l’époque j’étais très naif sans aucune conscience politique.
Il y a eu une grève et je ne l’ai pas faite. Les gars m’ont un peu bousculé. J’ai commencé à me poser des questions. Très vite je suis devenu délégué CGT. Au début je distribuais des tracts. Et il y a eu la grande grève qui a été un avant goût de mai 68. En 1974, j’ai été élu secrétaire de l’Union locale CGT. A l’époque il y avait beaucoup d’adhérents et beaucoup de conflits. J’ai fait cela durant 13 ans. A la fin, je n’en pouvais plus et il n’y avait plus d’argent pour payer mon emploi suite à la chute de nombre d’adhérents. J’ai recherché un autre emploi, mais les patrons m’ont fait comprendre que personne ne voudrait m’embaucher. Seule la municipalité de Robert Schwint m’a embauché à la ville. J’ai travaillé à la voirie chargé de la sécurité routière.

Vous allez donc exposer les 28 et 29 octobre à la Cassotte, ce n’est pas votre première exposition ?
Non ! la première a eu lieu en 2000, j’ai combiné mon pot de départ à la retraite avec une première exposition. C’était dans une salle du Kursaal.
Henri Traforetti expose
Depuis, j’ai exposé au FJT Les Oiseaux, à la galerie de l’ancienne poste, à Saint Vit,


récemment à Ornans et même à Lausanne. Je peins beaucoup, sur près de 1500 oeuvres, j’en ai déjà exposé environ 500.

Qu’allez-vous présenter à la Cassotte ?
Quelques petits formats avec notamment de petits personnages qui forment une structure en équilibre et puis de plus grandes toiles.

peinture Henri Traforetti
Comment caractérisez-vous votre peinture ?
On peut penser que c’est un art naif, un art brut et en même temps c’est assez moderne. J’aime bien la couleur. Mais je laisse aux gens la possibilité de se poser des questions. Tout le monde ne verra pas la même chose. D’ailleurs je ne donne pas de titre à mes oeuvres.
HenriTraforetti

Connaissiez-vous les autres exposants ? Avez-vous des affinités ?
Je n’en connaissais très peu avant la réunion de préparation. J’ai fait connaissance récemment avec Myriam Larrière, Carole Denéchaud et Alexandre Giraud Telme et ce qu’ils ont montré m’a plu.

Vous habitez depuis peu dans le quartier des Chaprais, qu’en pensez-vous ?

J’ai habité à la campagne après le quartier Battant. Dans mon imaginaire, le quartier des Chaprais c’était la bourgeoisie des gens disposant d’un pouvoir et de bien être. Pour un enfant de Battant, l’école de l’Hélvétie, c’était un autre monde. Aujourd’hui, j’y habite et j’observe que c’est un quartier calme, humanisé, où il y a presque tout ce qu’il faut. Je préfère habiter là qu’au centre ville par exemple.

Un livre qui va développer tout cette expérience doit être publié d’ici la fin de l’année sous le titre de l’Etincelle

La 3e Rencontre avec les artistes des Chaprais aura lieu dans les salles du Foyer de la Cassotte 18 rue de la Cassotte
Entrée libre du samedi 28 à 14 h jusqu’à 18 h et le dimanche 29 de 10h à 18h



Artistes des Chaprais 2023

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