Qui se souvient de la villa du Docteur Sexe, rue Delavelle ?

Photo de la villa Sexe, en 2001, avant sa démolition

La villa Sexe, au coin de la rue Delavelle et la rue Krug, en 2001.

Qui se souvient de la villa du Docteur Sexe, rue Delavelle ?
1er billet consacré au constructeur, le Docteur Ernest Sexe…

Au n°2 de la rue Delavelle, jusqu’à l’automne 2001, se dressait une belle maison de maître, la villa du Docteur Sexe. Elle a alors été démolie pour faire place à un immeuble d’habitation. En fait, cette maison existait depuis 90 ans. Le docteur Ernest Sexe avait acheté ce terrain à bâtir de 1 161 m2 pour la somme de 52 500 francs.

Le Docteur Ernest Sexe avait alors, depuis 1903, son appartement et son cabinet de consultations d’ophtalmologie, au centre ville de Besançon, au n° 73 de la grande Rue.

Aussi il semble que beaucoup de bisontins considérèrent alors, comme une sorte d’originalité voire de folie, de construire…si loin du centre ville! Et pourtant, à deux pas de là se dressaient, depuis 1893, le Grand Hôtel des Bains, le Casino et un établissement thermal!

La villa Sexe, en 2001, avant sa démolition, côté rue Delavelle avec entrée sur cour.

La villa Sexe, côté rue Delavelle

La demande de  permis de construire est déposée en octobre 1910. Celui-ci est accordé en février 1911. Il semble que la construction ait commencé aussitôt. On retrouve, dans les archives de l’entreprise Pateu, le devis de la construction. Celui-ci précise que le

Le coût prévisible de cette construction est notée dans le eregistre de l'entreprise Pateu

Dans le registre de l’entreprise Pateu, le coût de la construction de la villa

coût est de 310 F le m2.

Lorsqu’il s’installe, en 1912, avec son épouse, rue Delavelle, il a déjà trois enfants. Deux autres y naîtront par la suite.

Les inondations, à Besançon, de janvier 1910, avaient permis de fixer la hauteur des fondations. Ainsi, on, atteignait l’entrée, au rez de chaussée, en ayant franchi 5 ou 6 marches.Dans le hall d’entrée, il y avait une inscription sur le sol,  en mosaïques : SALVE. Ce « salut » témoigne de l’esprit de son fondateur très ouvert aux autres.

Un "Salve" en mosaïque, au sol, salue chaque visiteur

L’entrée et le salut aux visiteurs.

 

 

 

Très bel escalier en bois pour se rendre au premier étage de la villa

L’escalier de la villa.

La maison comportait donc un rez de chaussée et deux étages. Une verrière de forme pyramidale éclairait la cage d’escalier desservant les étages. Le rez de chaussée était occupé par le cabinet médical

 

Comme le précise l’une de ses petites filles, madame Dominique Sexe-Michelot (que nous remercions vivement pour les renseignements communiqués ainsi que pour les photos),  « Le docteur Ernest Sexe était un novateur, un pionnier, il avait des idées très marquées et en avance sur son temps. Il a voulu beauté et confort moderne pour sa maison : parquets de chêne, cheminée en marbre surmontée d’une glace et cabinet de toilettes dans toutes les chambres, salle de bains, très belle cage d’escalier en chêne et bois tourné, carrelages, mosaïques, chauffage central, caves et greniers. Dans le jardin, deux garages et remises ».

Carrelage art déco dans les WC du 1er étage

Frise de carrelage décoré dans les WC au premier étage.

Très beau carrelage, style art déco, dans une salle de bain

La frise de carrelage dans une des salles de bain.

Le Docteur Ernest Sexe avait créé, en 1903, un service d’ophtalmologie à l’hôpital Saint Jacques indique un journaliste de l’Est Républicain, Didier Fohr, dans un article écrit dans ce journal, le 12 octobre 2001. Dès lors qu’il s’est installé rue Delavelle, il se rendait tous les matins, à pied, à cet hôpital. Et ce, jusqu’à sa retraite qu’il prendra en 1937.

 

 Qu'est-ce que c'est? A quoi ça sert?

Qu’est-ce que c’est? A quoi ça sert?

Petite devinette : à quoi servent les 2 petites portes sur ce radiateur du chauffage central de la villa? Réponse dans le prochain billet, samedi 1é décembre.

 

A suivre dès samedi 12 décembre 2015 avec de nouvelles photos inédites.