L’humoriste Tristan Bernard

Par une décision en date du 15 octobre 1948, le conseil municipal de Besançon décida de débaptiser la rue Fontaine-Argent (dans le prolongement de l’avenue Fontaine-Argent, cela créait des confusions regrettables…), afin de lui donner le nom de l’écrivain bisontin  Paul Bernard dit Tristan. C’est le conseiller municipal Jean Minjoz qui fit cette proposition, le maire étant alors Henri Bugnet qui l’avait battu aux élections municipales. Tristan Bernard venait de décéder le 7 décembre 1947.

Il est coutume de dire que cet écrivain était un humoriste. Qui était-il réellement ?

Tristan Bernard à 57 ans

 

Portrait de Tristan Bernard à 57 ans

Il est né le 7 septembre 1866, au n° 23 de la Grande Rue, cette rue où naquit un autre écrivain beaucoup plus célèbre, Victor Hugo.

Tristan Bernard état civil

Tristan Bernard maison natale

Il disait à ce sujet, non sans ironie,  » Lui (Victor Hugo) au N° 138, moi, plus modestement au n°23. il y a une plaque sur sa maison natale. Sur la mienne aussi, mais c’est celle de la Compagnie du Gaz ». A noter qu’aujourd’hui, une plaque est apposée sur sa maison natale….

Voici ce qu’écrit, à son sujet, l’écrivain franc-comtois, André Besson dans « Mon pays comtois » (aux éditions France-Empire).

André Besson Mon pays comtois

« Tristan Bernard prétendait, dans un article paru dans « Les Nouvelles Littéraires », en 1936, qu’il était le descendant d’un authentique marquis, lui-même fils naturel de Louis XV. Mais comment prendre au sérieux les affirmations d’un humoriste?

Ce qui est sûr, c’est que ses ancêtres, de confession israélite, étaient venus à la fin du XVII° siècle du village de Foussemagne, pour se fixer à Besançon où ils furent marchands de chevaux et maîtres des postes ».

Son père Myrtil Bernard, alors âgé de 28 ans à la naissance de son fils, était né dans le quartier Battant.

« L’arrivée du chemin de fer de Franche-Comté ayant ruiné son négoce de chevaux, le père de Tristan partit pour Paris avec sa famille (Tristan est alors âgé de 14 ans) et devint marchand de biens. Son fils fit dans la capitale de solides études qui le menèrent d’abord au barreau ».

Mais à la suite des résultats malheureux de la première affaire qu’il eut à plaider, il quitte la robe pour la direction d’une usine d’aluminium à Creil. Là aussi la réussite professionnelle n’est pas au rendez-vous. André Besson rapporte ses propos sur le travail.

« L’homme n’est pas fait pour travailler. La preuve, c’est que ça le fatigue ».

Puis il se lance dans l’écriture, le journalisme et la création de grilles de mots croisés.

Tristan Bernard dictionnaire humoristique

 

Il écrivit plus d’une centaine de pièces de théâtre comme « Vous m’en direz tant » « Les pieds Nickelés », « L’anglais tel qu’on le parle », « Daisy », etc.

Il est arrèté avec sa famille sous l’Occupation parce qu’il est juif et conduit au camp de Drancy. Ce qui lui inspirera ces mots : « Ici, on compte les Bloch et on bloque les comptes ».Un rapport des autorités françaises daté du 9 décembre 1941 indique :

« Ceux qui n’ont vu de leurs propres yeux quelques uns des libérés de Drancy ne peuvent avoir qu’une faible idée de l’état épouvantable dans lequel se trouvent les internés de ce camp unique dans les annales de l’histoire.On affirme que le camp de Dachau, de réputation si fameuse, n’est rien en comparaison avec Drancy ».

Il sera libéré au bout de trois semaines suite aux interventions de Sacha Guitry et d’Arletty.

Mais son petit fils ne reviendra pas de Mauthausen.

Il décède donc à Paris, à la fin de 1947.

Nous rapporterons la semaine prochaine, dans un nouvel article, quelques bons mots et réflexions de cet auteur.

En attendant, essayez de trouver le mot qui correspond à ces définitions des mots croisés que Tristan Bernard avait rédigées :

– Cadeau bon marché?

– Prouesse ou délit?

– Arrive souvent au dernier acte ?

– On se lève pour les coucher?

Réponse dans le prochain article.

Voir la page consacrée à la rue Tristan Bernard

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