Qui se souvient des Monts Jura, rue de Belfort?

Les vieux chapraisiens s’en souviennent : les entrepôts des autocars Les Monts Jura étaient installés rue de Belfort à la place du supermarché Casino.

Photo du logo des Monts Jura dans les années 50

 Eugène RIETH, un vieux chapraisien en conserve beaucoup de souvenirs puisque, non seulement il habitait à proximité, mais aussi parce qu’il était chauffeur de car aux Monts Jura.

Photo d'Eugène Rieth, un ancien conducteur des Monts Jura, véritable mémoire de l'entreprise

Eugène Rieth, ancien conducteur des Monts-Jura, véritable mémoire de l’entreprise (Photo A. Prêtre DR)

Il a accepté de nous faire part de ses souvenirs, ce dont nous le remercions. Il a également pris des clichés polaroid dont les couleurs ont un peu passé, mais qui restent des témoignages de la démolition de cette entreprise de transport.

Henri Régnier le fondateur de cette société est né le 18 septembre 1882. Il aurait exploité, dans un premier temps, une société de transport, avec des chevaux du côté de Pierrefontaine Les Varans. Il s’installera ensuite à Besançon où il fonde en 1919 la société des Monts Jura. Au début c’est une société de camionnage.Carte publicitaire des Monts-Jura et de ses diverses activités

Puis elle se lancera dans le transport des voyageurs et cette société disposera bien vite de 150 cars et emploiera quelques 360 salariés. Dans son histoire de Besançon, Claude Fohlen précise que 46 lignes régulières sont exploitées en Franche Comté en 1962.

L'ancienne gare des autocars, en 1978, rue Proud'hon

L’ancienne gare des autocars, en 1978, rue Proudhon

Photo gare autocars monts jura rue Proudhon

 

Photos B. Faille site Memoirevive ville de Besançon

Photos B. Faille site Memoirevive ville de Besançon

Et ce sont plus de 3 300 000 voyageurs qui sont alors transportés (à titre de comparaison, cet historien précise que la même année, seulement 450 000 billets de chemin de fer ont été délivrés). A noter également que les Monts Jura sont également un service de messagerie (8 000 tonnes transportées en 1962). Henri, le père, le fondateur, meurt le 1er juillet 1969. Il possédait une grosse maison au coin des quais de chargement.

Il avait été élu premier adjoint au Maire de Besançon en 1947 sur la liste d’Henri Bugnet. A la mort de ce dernier, en 1950, il deviendra maire jusqu’en 1953. Mais ceci est une autre histoire sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir…

Il a présidé la Chambre de Commerce et d’Industrie de 1956 à 1965.

Son fils Jean (1910-2009)habitait au fond de la parcelle, côté rue des Deux Princesses. Tandis que son frère Robert (1818-2001) disposait lui d’un appartement dans un bâtiment près des quais de chargement. Tout le monde travaillait dans l’entreprise. Philippe, le fils de Jean a aussi travaillé dans la société. Il semblerait que dans les années 70, la société des Monts Jura ait voulu concurrencer le transporteur Gondrans. Transports de malades, de voyageurs, de marchandises, déménagements, transports de fonds : les activités des Monts Jura ont été multiples.

Photo de la tombe de la famille Regnier au cimetière des Chaprais

La tombe de la famille Regnier, au cimetière des Chaprais où sont enterrés Henri, Robert, Jean et leurs épouses

Eugène se souvient particulièrement de transports de voyageurs qu’il effectuait d’Interlaken, en Suisse, à Dieppe. Les touristes prenaient alors le bateau pour l’Angleterre. Il effectuait le retour dans l’autre sens dans la même semaine. Ce qui l’amenait à passer le week-end à Dieppe où il avait ses habitudes….

Les bâtiments de l’entrepôt de la rue de Belfort ont été démolis en octobre 1985.

Photo polaroid de démolition des entrpôts

monts-jura-demolition-2

Troisième photo polaroid de la démolition des Monts Jura

Photos polaroid Eugène Rieth et Marie-France Grosjean

Dès 1986, le supermarché Casino était installé. La page des Monts Jura n’était cependant pas fermée, puisque la société a disparu définitivement en  2013!

Relire le témoignage Bernard Ponçot sur la création de la ZAC du Cheval Blanc et de la salle de quartier

et celui de M Moyse : le quartier des Chaprais entre 1928 et 1940 : réminiscences