Anthony Lecomte engagé dans le projet d’Habitat Participatif de la Pernotte

Portrait de Anthony Lecomte, membre du projet d’Habitat Participatif de la Pernotte

Interview réalisée le 20 août 2015 au Jardin Partagé, 33 rue de l’église et publié le 22 août

Anthony Lecomte

Qui êtes-vous ?
Je suis né à côté de Nantes, il y a 34 ans. J’ai vécu ensuite dans différentes villes de France et d’Espagne. J’ai rencontré ma compagne à Nantes, alors qu’elle était étudiante et nous avons vécu plusieurs années en Espagne par la suite. Elle est désormais maître de conférences à l’université de Franche-Comté.

Quel lien avez-vous avec le quartier des Chaprais ?
Nous sommes arrivés à Besançon l’été 2013. Nous avons cherché un logement près de la gare. Assez pressés, nous avons visité six appartements dans un week-end. Nous habitons à la limite du quartier, au début de la rue de Chalezeule. C’est au cours de cette recherche que nous sommes passés à plusieurs reprises devant le Café des Pratiques, rue de Belfort.

Café des pratiques 105 rue de Belfort

Nous y sommes finalement rentrés et nous y avons trouvé des gens accueillants, ouverts. Certains nous ont même aidés lors de notre emménagement.

Quel est votre parcours professionnel ?
Je suis éducateur spécialisé depuis dix ans, après avoir suivi une formation à Rennes. J’ai travaillé auprès de publics variés, en particulier dans la protection de l’enfance. En parallèle, j’ai réalisé ensuite un Master 1 puis 2 en Sciences de l’éducation, ainsi que d’autres formations. Actuellement, je travaille pour le département du Doubs, comme référent en Aide Educative à Domicile. Cette aide est proposée à des familles qui rencontrent des difficultés avec leurs enfants. J’interviens également comme formateur, notamment à l’IRTS (Institut Régional du Travail Social).

Vous participez au Café des Pratiques, de quelle façon ?
En arrivant à Besançon, nous ne connaissions personne. Grâce au Café des pratiques, nous avons pu faire connaissance avec de nombreuses personnes. J’ai particulièrement apprécié cette initiative qui crée du lien social. Je me suis investi dans ce café associatif à titre de bénévole pour donner un coup de main lors de soirées tapas-concert le vendredi. Je participe également au conseil d’administration de l’association.

Anthony Lecomte au Jardin Partagé

Je suis aussi jardinier au jardin partagé de la Pernotte et je suis fortement impliqué dans le projet d’Habitat Participatif de la Pernotte (HPP).

Benvenue au Jardin Partagé !

Le jardin partagé de la Pernotte souhaite la bienvenue à de nouveaux membres

Pourquoi vouloir construire aux Chaprais ?
Avec le Café des Pratiques, nous nous sentons entourés. Habiter à côté du Café et du jardin partagé est une idée qui nous plaît. Respecter davantage l’environnement et la qualité de vie est aussi essentiel pour nous. Nous accordons de l’importance à notre mode de vie : nos déplacements, notre alimentation, et notre logement par exemple. Pour le logement, nous voudrions faire différemment des pratiques industrielles. Nous souhaitons limiter l’usage du béton, et employer des matériaux plus sains et naturels, comme le bois si possible.
bois-construction

Votre projet n’est pas de faire un habitat partagé, mais participatif, quelle est la différence ?
Nous ne voulons pas refaire une utopie collectiviste avec tout en commun. Nous voulons préserver les espaces privés des habitants et nous ne partagerons pas tout. Il y aura trois espaces partagés : une buanderie, un atelier bricolage et une chambre d’amis.

Anthony Lecomte au Jardin Partagé de la Pernotte

Le projet intègre, en son sein, les locaux associatifs du Café des Pratiques et le jardin partagé de la Pernotte. Ces espaces publics sont ouverts sur tout le quartier. Les habitants pourront s’y investir pleinement et s’y retrouver s’ils le souhaitent.

école des chaprais vue du jardin partagé

L’école des Chaprais jouxte le terrain du Jardin Partagé et de l’Habitat Participatif

Réunion pour le projet d'Habitat Participatif

 

réunion avec l'Assistant à Maitrise d'Ouvrage (AMO) Eric Bouffioux

L’ important dans ce projet, c’est la démarche : la discussion pour concilier les différentes contraintes et préférences. Selon le concept d’auto-promotion, le groupe est maître d’ouvrage. Les futurs occupants et investisseurs, très impliqués sont producteurs de leur habitat et de leur cadre de vie et par la suite participeront à la gestion de l’immeuble.

Concrètement, quelle sera l’importance de cette construction ?
Ce sera un immeuble de trois étages ; ce qui respecte le PLU.

Patrick montre les limites du futur habitat participatif

Patrick, un autre  jardinier, impliqué aussi dans le projet d’Habitat Participatif montre les limites du terrain
Il sera composé de 12 logements. Ils ont presque tous trouvé preneur : il n’en reste qu’un seul pour lequel des personnes intéressées n’ont pas encore pris totalement leur décision. Il y aura aussi deux logements sociaux qui seront la propriété de GBH (Grand Besançon Habitat), et un autre logement non conventionné détenu par la SAIEMB.

Pour cette construction, vous inspirez-vous de réalisations antérieures ?
Personnellement, je n’ai pas de référence précise et il existe surtout différents formes d’habitat participatif. Nous ne voulons pas copier un modèle et nous apprenons au fur et à mesure. Outre les compétences internes au groupe, la mise en œuvre du projet a été sécurisée avec l’aide de deux prestataires de service : un notaire, conseiller juridique et financier et un assistant à maîtrise d’ouvrage pour l’aspect technique et la conduite des opérations. Suite à un appel d’offres, nous avons choisi une équipe d’architectes : Jean Michel Lhommée et Jonathan Sanchez. Ils nous ont déjà présentés les premières esquisses du projet. Le choix a été fait de réaliser un bâtiment à énergie positive (BEPOS), c’est-à-dire qui créée plus d’énergie qu’il n’en consomme. De façon générale, nous essayons de concilier le choix d’un mode de vie plus responsable de l’environnement et les coûts de fonctionnement tout en limitant le prix de construction. Le choix de l’autopromotion devrait réduire le coût, ce qui doit nous permettre d’utiliser des matériaux plus sains et de meilleure qualité.

Le projet se concrétise donc. Quelles sont les échéances de la réalisation ?
Les travaux devraient commencer dès 2016 et se terminer en 2017.
Le Café des Pratiques a trouvé le financement du local à l’état brut. Il reste à trouver le financement de l’équipement intérieur. Pourquoi pas  par des entreprises mécènes ? Par exemple, pour la cuisine, les sanitaires, l’électricité, les sols, la peinture…
La ville de Besançon a confirmé son accord pour la cession du terrain au profit de l’indivision « Habitat Participatif de la Pernotte » (qui se transformera en SCIA).

Raves du Jardin Partagé et préfabriqué à démolir

Un exemple de production du Jardin partagé : des rates de Touraine et en arrière plan le préfabriqué à démolir.

Cet été, la ville a lancé un appel d’offres pour la déconstruction du préfabriqué existant.

Jardin partagé de la Pernotte vu par Photocoptere

L’habitat participatif de la Pernotte remplacera bientôt le préfabriqué (Photo par drone réalisée par Photocoptere)

33 rue de l'église Jardin partagé

L’accès au Jardin Partagé de la Pernotte se fait actuellement au n° 33 de la rue de l’église.

En résumé, quels sont les grands principes de votre projet ?
Respecter davantage l’environnement, construire à plusieurs en auto-promotion, préserver les espaces privés des habitants… Le projet s’articule autour de quatre grandes valeurs que nous partageons : le respect, le lien social, l’appropriation de son habitat et un mode de vie qui réduit l’empreinte écologique.

Personnellement, quel est votre avis sur le quartier des Chaprais ? Que pourrait-on améliorer ?
Nous aimons bien ce quartier, et nous fréquentons régulièrement le Café des Pratiques. Nous fréquentons aussi d’autres commerces et services du quartier. Il y en a qui proposent de bons produits locaux et des produits biologiques qui sont parfois chers. Nous sommes aussi adhérents de l’AMAP du Panier de l’Aneth : nous allons chercher notre panier de légumes au Foyer des Jeunes Travailleurs des Oiseaux. Nous participons aussi à des réunions avec l’association Coccinelle à l’ASEP (nous venons d’avoir une petite fille de 2 mois et demi). Auparavant, nous faisions du badminton avec l’association « Volant Bisontin ».

mars 2015 piste cyclable rue Delavelle

En tant que cycliste – le vélo est notre principal mode de transport en ville –, j’aimerais que la ville améliore les possibilités de déplacement en vélo et qu’elle installe davantage d’arcs pour y attacher les vélos près des commerces et services.

Voir la page Facebook de l’Habitat Participatif de la Pernotte

Site web du Café des Pratiques

Voir la page consacrée à la rue de l’église

page consacrée à la rue de Belfort et ses commerces

Categories: Portraits