Qui se souvient du CETEHOR, installé 16 avenue Carnot ?

Tout d’abord, que signifie ce sigle CETEHOR ?

16 avenue Carnot

 

L’entrée du CETEHOR, 16 avenue Carnot

CETEHOR cour 16 avenue Carnot

L’ancien  bâtiment du CETEHOR dans la cour du 16 avenue Carnot

Il s’agit du Centre Technique de l’Industrie Horlogère. Il est né, officiellement, le 12 février 1945 d’une fusion volontaire du Comité d’Organisation de l’horlogerie  » COHOR «  (qui concernait l’horlogerie de gros volume : réveils, pendules,  horlogerie technique et industrielle) et du comité d’organisation de l’industrie de la montre  » COMONTRE  » .

En fait, les origines du CETEHOR sont plus anciennes et nécessiteront plusieurs articles qui seront publiés sur ce site web. Car à travers l’historique de cet organisme, c’est également celle de l’horlogerie bisontine de l’entre deux guerres, confrontée à l’industrie horlogère suisse qu’il est nécessaire d’évoquer.

Nous disposons pour ce faire de documents passionnants. Tout d’abord la thèse de doctorat de M. Claude Briselance, inspecteur honoraire de l’éducation nationale qu’il a soutenu en 2015  à l’université Lyon 2. Son objet ? « Les écoles d’horlogerie de Besançon, une contribution décisive au développement industriel local et régional (1793-1974) ». Thèse effectuée sous la direction de Jean-Luc Mayaud, de l’université Lumière Lyon 2, historien qui publia en 1994, avec le musée du temps, une plaquette de 124 pages sur « Besançon horloger 1793-1914 ».

Besançon horloger JL Mayaud

 

Autre document important : la plaquette publiée en 1995 par le CETEHOR retraçant ses 50 années d’existence, que M. Christian Buron ancien ingénieur au sein de cet organisme, nous a remise.

Alors, à quand remontent les origines du CETEHOR ? M. Claude Briselance, dans sa thèse, indique :

« Dès la fin de la grande Guerre des volontés vont s’affirmer pour tenter de pratiquer, à l’instar du modèle helvétique, des regroupements de fabricants pour gagner en efficacité. Dans le même temps quelques tentatives sont initiées pour essayer de recouvrer une certaine indépendance vis à vis des fournisseurs suisses (notamment dans le domaine des ébauches et de certaines fournitures) et qui devraient permettre aux horlogers français de peser d’avantage lors des discussions sur les droits de douane et d’assurer un meilleur équilibre des accords transfrontaliers. Mais pour gagner en efficacité, il y a lieu de fédérer, au sein d’une structure, tous les centres de production horlogers français et la Fabrique bisontine est à la tâche. Elle multiplie les initiatives et sait profiter de l’inauguration de la nouvelle école d’horlogerie (1933) pour réunir à Besançon un congrès national de l’horlogerie. Si la politique est au regroupement des forces et à la coordination des actions, les horlogers bisontins, par le truchement de l’ENH (surtout par la volonté de son directeur, M. Trincano) se lancent aussi dans une série d’initiatives qui ont pour objet de normaliser, au plan national, la terminologie horlogère, les différents calibres de montre, la visserie, les représentations graphiques.

La Fabrique bisontine*.…..veut confirmer son statut de premier centre de production horlogère française, aussi elle lance en 1929 son label « le poinçon de Besançon »  censé garantir les « montres de qualité ». A la veille de la seconde guerre mondiale, Besançon innove encore. En 1938 est créé à l’ENH, un « bureau d’études horlogères » chargé notamment « des études techniques en vue d’un perfectionnement et de l’indépendance de l’horlogerie horlogère française ».

* M. Briselance nous a aimablement précisé ce qu’il entend par Fabrique bisontine : 

« Il s’agit d’un terme générique qui englobe toute la production horlogère (manufacture éclatée, donc tous les ouvriers et établisseurs qui travaillent pour l’horlogerie) dans l’esprit de la manufacture créée par Mégevand et approuvée par la République le 21 brumaire AN II (11 novembre 1793) sous le nom de: Fabrique Nationale de Besançon. Après l’épisode de Mégevand (et la disparition des aides financières de l’État),  pour rester dans l’esprit de la  »Fabrique nationale d’horlogerie de Besançon », la municipalité, les responsables économiques  et les horlogers de la ville ont  utilisé le terme générique de  »Fabrique Bisontine » quand ils évoquent la production horlogère de la ville. »

Ce Bureau d’Etudes Horlogères est donc l’ancêtre du CETEHOR. Après la défaite de 1940, le régime de Vichy va très vite organiser la production industrielle. Chaque branche d’activité industrielle ou commerciale, créera des comités d’organisation de la profession (loi du 16 août 1940). L’industrie horlogère n’y échappe pas et le 27 novembre 1940 est créé le Comité d’organisation de l’industrie de la montre (COMONTRE). Et dès le 25 septembre 1941, cet organisme s’installe au 16 avenue Carnot!

comontre 8 création

 

Puis le 27 janvier 1941, le comité d’organisation de l’horlogerie (COHOR) qui organisera les activités des commerces de gros et de détail pour tous les produits horlogers.

« Le COMONTRE ne se borna pas à fixer les tarifs, recenser les besoins, répartit les matières, il reprit les activités et les projets du BEH, véritable embryon du CETEHOR ». (extrait de la plaquette pour la célébration du cinquantenaire du CETEHOR en 1995).

C’est donc, comme indiqué en introduction,  de la fusion de ces deux organismes créés sous l’Occupation qu’est né le CETEHOR.

Nous évoquerons donc, dans un prochain article, son premier directeur, nommé en 1945, M. André DONAT, qui avait été auparavant Directeur Technique de la société LIP, puis directeur de la section horlogère de l’école Diderot à Paris.

 

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