Jaques Terrier, Baron de Palente

Pourquoi évoquer dans cet article, un général, devenu Baron d’Empire, qui possédait un château à Palente ?

Portrait peint de Jacques Tellier, baron d'empire sous la dénomination choisie par lui "de Palente"

Portrait du Baron Terrier de Palente                   (Hôtel de Clévans).

Tout simplement parce que sa tombe est très visible au cimetière des Chaprais (entrée par la rue de l’Eglise, face à cette entrée légèrement à droite).

Photo de la stèle funéraire au cimetière des Chaprais avec l'inscription Ici repose Jacques Telrrier baron de Palente maréchal de camp officier de la Légion d'Honneur décédé le 11 novembre 1849 à l'âge de 79 ans.

Monument funéraire au cimetière des                               Chaprais

Mais également parce que  sa fille Léocadie qui avait épousé Joseph Roy, percepteur, habitait en 1874 les Chaprais. D’ailleurs elle sollicitait à cette époque un bureau de tabac, rue de Belfort,  et nous précise Octave Chevalier dans le ° 63 de La Nouvelle Revue Franc-Comtoise, elle signait « née terrier de Palente ».

Mais qui était le Général Terrier de Palente » se demande O. Chevalier dans son article de cette revue ?

« Jacques Terrier était Haut-Saônois, né le 2 septembre 1770 au hameau de Morogne, commune de Chenevrey près de Marnay, fils de Pierre Terrier, cultivateur et de Françoise Bartholomot.

Ses parents lui firent donner une certaine instruction au petit séminaire de Marnay.

Il n’attendit pas son ordination pour s’engager dans les volontaires du Doubs, le 21 avril 1791. Caporal ledit jour, il servit 18 mois dans ce bataillon. Elu capitaine au 9° Bataillon de la Côte-d’Or, le 8 octobre 1793, il fit toutes les campagnes de la République dans les armées du Rhin et du Rhin-Moselle. Fait prisonnier par les autrichiens à Manheim le 11 novembre 1795,échangé le 4 novembre 1796, il passa à la 97 ° demi-brigade de nouvelle formation. »…

Il fit alors toutes les campagnes militaires. Tout d’abord d’’Italie où il est blessé à la jambe droite devant Capoue en janvier 1799 ; il est ensuite affecté à l’Etat Major, il devient chef de Bataillon dès 1807 ; puis c’est la campagne d’Espagne, d’Allemagne, de Saxe, de Russie. Il est nommé Colonel, « … participe à la retraite de Russie puis la campagne de France. Il est nommé Général de Brigade le 25 décembre 1813 ». Auparavant, il avait été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur, puis Officier en 1810.

En 1802, il s’est marié : avec Anne-Marie Maire, de Pesmes (décédée à Palente en 1843). Ils eurent deux filles l’une mariée avec Félicien Pourny juge au tribunal de Pontarlier, l’autre donc au percepteur Joseph Roy. C’est Félicien Pourny, son gendre, qui fit élever le monument du cimetière des Chaprais.

Et c’est l’impératrice Marie-Louise, qui était alors régente, qui le fait Baron de l’Empire, sous la dénomination qu’il a choisie « Baron de Palente », et ce par un décret en date du 4 juin 1813. Il a alors 42 ans !

« …Après la première abdication de l’empereur il es mis en disponibilité. Aux Cents-Jours il est nommé Commandant du département des Basses-Alpes. Après la seconde abdication il est mis en demi-solde puis à la retraite à compter du 1er janvier 1825.

Il se retira à Palente et mourut le 11 novembre 1849. Entre-temps la Restauration l’avait fait Chevalier de Saint-Louis ».

Il avait acheté son château entouré d’un grand domaine en 1809.

Photo du plan du château de Palente : orthographié Palante avec un a.

   Plan du château

 

Photographie du château de Palente tel qu'il existait après guerre

     Le château de Palente

Mais sa propriété fut dévastée par les autrichiens lors du blocus de Besançon de 1814 (rappelons que c’est à l’occasion de ces événements que le Général Marulaz fit littéralement raser les demeures des Chaprais dont l’église Saint Martin de Bregille).

Et que devint son château ?

Il a d’abord été vendu après la mort du Baron, en 1854. Divers propriétaires se succédèrent dont le célèbre Ténor Scarembert (de 1903 à 1913), enterré lui aussi au cimetière des Chaprais. Son dernier propriétaire fut Fred LIP qui bâtit son usine sur cette propriété.

Vue aérienne du château de Palente, au milieu des usines Lip, avant sa destruction

          Le château au milieu des usines Lip

 

Mais depuis il a été rasé.

L’histoire ne dit pas si Léocadie Terrier de Palente obtint son bureau de tabac rue de Belfort.

Sources : article d’Octave Chevalier dans revue citée; iconographie M. Roger Chipaux.

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