François Tholomier, chef d’entreprise chapraisien

Tholomier, chef d'entreprise

Interview de François Tholomier, chef d’entreprise, chapraisien

SAS Tholomier 24 rue des Chaprais
03 81 80 40 91

réalisée le mercredi 1° avril 2015 publiée le 7 avril

 

Depuis quand êtes-vous aux Chaprais ?

Depuis le 16 juillet 1968, date à laquelle mon père, Maurice Tholomier, a racheté cette entreprise de sanitaire, chauffage et couverture à son cousin, M Gabriel Chevrot qui lui-même l’avait repris en 1949 à M Peron . Elle a connu un certain développement jusqu’à 40 salariés. Ma famille est liée au quartier des Chaprais depuis longtemps : mes grands-parents ont habité rue du Général Rolland. Mon grand père a exercé le métier de comptable au cabinet Bergier qui était situé rue de l’Industrie
Et actuellement comment caractériser votre entreprise ?
Nous étions associés mon père, mon frère et moi (dans une SARL). Mon père et mon frère sont décédés. Je suis donc le seul patron de cette petite entreprise qui a la forme juridique de SAS avec cinq personnes qui y travaillent. Nous avons abandonné les travaux de couverture, et les chantiers (en 2001), nous sommes centrés sur le dépannage de chauffage et de sanitaire. Nous répondons surtout à la demande des particuliers et de quelques organismes HLM ou agences immobilières qui gèrent les logements de leurs clients.

Entreprise Tholomier
Vous n’êtes pas le seul aux Chaprais dans le secteur de la plomberie, comment vous situez-vous vis à vis de la concurrence ?

Oui, dans le quartier des Chaprais, il y a d’autres entreprises comme Paillard par exemple, mais chacun a sa clientèle. La concurrence à craindre est celle des auto-entrepreneurs qui proposent des prix parfois plus faibles, du moins en apparence, mais ils ne sont pas soumis aux mêmes charges et obligations. Ils n’offrent pas toujours une garantie décennale, alors en cas de malfaçon, le client est perdant. Il y a aussi des tentatives de grands groupes du bâtiment qui cherche à prendre le contrôle de ce secteur appelé second oeuvre. Leur argument étant de proposer des forfaits de maintenance aux agences immobilières. Mais, dans la pratique, les intervenants ne maîtrisent pas toutes les astuces du métier.
Comment êtes vous venus à ce métier ?

J’ai fait des études de comptabilité et tout en terminant mon cursus, je gérais les payes et tenais les comptes de l’entreprise familiale. J’ai commencé à travailler en 1975 à 18 ans. Mon frère aîné était le métreur, il fallait quelqu’un pour « faire la paperasse » comme on dit. Moi, cela ne me fait pas peur.
Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon plombier ?
Il faut être débrouillard, patient, s’intéresser à pas mal de choses. Car le métier a changé depuis les années 60-70, on doit s’adapter à différents matériaux pas seulement le cuivre ou d’autres métaux mais aussi des plastiques. C’est devenu moins dur grâce à de nouveaux appareils. Par exemple pour percer un trou dans le béton, depuis la fin des années 70, on utilise des perforateurs adaptés.
Y-a-t-il un renouvellement fréquent du personnel ?
Non, le plus ancien salarié est là depuis 1989, un autre depuis 1994, la dernière embauchée (en 2011) est Nadine, la secrétaire

François Tholomier et la secrétaire

Elle travaillait déjà dans le quartier. Nous sommes une petite équipe, on s’entend bien, il y a une bonne ambiance. Alors,les gens n’ont pas envie de partir.
Personnellement, que pensez-vous du quartier ?
L’avantage, c’est que c’est un quartier bien situé : pas loin du centre ville, pas loin de la gare. Pour notre entreprise, l’accès facile à la zone industrielle de Thise où sont installés plusieurs grossistes en matériels de plomberie-sanitaire est une commodité appréciable.
Le quartier des Chaprais est agréable et commode, il est bien desservi par les bus. S’il y en a un peu moins qui se suivent rue des Chaprais, ce n’est pas une mauvaise chose. En dehors du centre ville, il y a deux quartiers dynamiques du point de vue commercial Les Chaprais et Saint-Ferjeux. Pouvoir trouver presque tout sur place, alimentation, boulangerie, boucherie etc … c’est bien commode.
Y a-t-il des améliorations à faire dans le quartier ?
Oui, la propreté des rues et de trottoirs. Les crottes de chiens et les tags, cela devient insupportable dans certaines rues comme la rue de la Rotonde, la rue du Chasnot. Il y a aussi la question de la prostitution près de la gare qui suscite une circulation nocturne pénible.
La rue des Chaprais et les alentours ont changé, quels étaient les commerces et artisans auparavant ?
Au n° 5 de la rue des Chaprais, il y avait l’entreprise Condamine (l’atelier était dans la cour), rue de la Liberté, il y avait la menuiserie Truche, deux frères très connus qui louaient l’espace qui a été occupé ensuite par les services de la voirie. Ce qui a suscité un grand bouleversement dans le quartier,  ce fut le départ des bus Monts-Jura et leur remplacement par le supermarché Casino.

 l'Assiette comtoise en 2011

Les chauffeurs de bus allaient en particulier prendre le café et manger leur casse croûte chez Glasson en haut de la rue de la Liberté (devenue l’Assiette Comtoise puis le Kalypso). Avec le Supermarché Casino, plusieurs commerces n’ont pas tenu le choc. Plusieurs café-restaurants ont périclité. Il y a eu aussi la fermeture du cinéma rue des Chaprais qui a fait disparaître un lieu d’animation important surtout le week-end.
Rue des Chaprais, à la place de Lumi’Elec, il y avait un coiffeur, M Villemard qui est resté longtemps. A la place de la laverie, il y avait la pâtisserie Roussey, célèbre pour sa spécialité, les nids d’abeilles Elle faisait également boulangerie et salon de thé. Il y a eu plus haut,  une autre boulangerie dont les patrons changèrent plusieurs fois avec un tragique accident (un fils écrasé rue de Belfort).

librairie jadis, rue des Chaprais
Si on regarde les cartes postales anciennes, on remarque une librairie et il y avait aussi une bijouterie. A l’origine nos anciens locaux, côté rue de la Liberté, étaient occupés par un marchand de grains et de fourrage.

Passage Rambaud, à la place du cabinet de kinés, il y avait l’entreprise Gaudin qui vendait des fournitures pour le chauffage. Rue de la Rotonde, à la place de l’entreprise de nettoyage, il y avait l’entreprise Poussier qui vendait des radiateurs. Au bas de cette rue, un dépôt vente de vêtements de la famille Tordjman qui l’a revendu pour s’installer à Mamirolle. Au 10 rue du Chasnot était installée l’entreprise Sacama, spécialisée dans les brûleurs à mazout
Que savez-vous de la « maison de paille » ?

immeuble de paille ravalé en 2010
Nous en sommes copropriétaires. A l’origine, il y avait  un bâtiment de deux étages bombardé durant la première guerre mondiale, et qui a souffert d’un incendie. L’immeuble a été rehaussé et agrandi, à une époque où les matériaux étaient rares et chers. L’immeuble a été reconstruit avec une ossature béton et les murs et les cloisons sont en paille selon un procédé allemand original avec un traitement pour que ça ne prenne pas feu. Selon l’acte de propriété, « le bâtiment principal comporte un rez de chaussée commercial et cinq étages élevé sur des caves voûtées. L’immeuble a appartenu à M Félicien Courbet négociant puis à son fils Raymond Courbet en 1928. Il fut ensuite mis en vente aux enchères, et d’abord acquis par l’industriel Léon Camelin en 1938 pour la somme de 522 000 francs. Mais M Charles Cote-Colisson a fait une surenchère de + 10 % pour obtenir l’adjudication le 27 décembre 1938 ».
Personnellement, avez-vous des loisirs et passions en dehors du travail ?
Je fais pas mal de ski et un peu de moto. J’aime bien les randonnées pédestres. Maintenant que je suis grand-père, j’essaie de consacrer le plus de temps à mes petits enfants et je m’oxygène à la campagne.

Voir la page consacrée à la rue des Chaprais

Voir l’article consacré aux artisans du bâtiment aux Chaprais

 

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