Gérard Magnin, portrait

Gérard Magnin, l’homme qui multiplie les activités et veut économiser l’énergie

 Gérard Magnin place Flore en février 2015

Avant de devenir une personnalité au niveau international, quelle a été l’origine (la première vie) ?
J’habite Besançon depuis 1971. Je suis né en 1951, originaire du Pays de Montbéliard. J’ai d’abord fait des études d’électrotechnique. Dans ma famille, on m’a considéré comme un brise-fer, je devais donc aller dans le technique : d’abord le bac puis j’ai fait partie de la première génération de l’IUT d’ électrotechnique qui venait d’être créé à Belfort. Très tôt, j’ai voulu être autonome, ne pas dépendre de mes parents, j’ai travaillé un peu partout dans le pays de Montbéliard chez Peugeot évidemment.
La seconde vie, ce fut l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée ?
Oui, stagiaire à Besançon puis titulaire à Pontarlier de 1977 à 1985. En effet, je n’étais pas particulièrement motivé par la technique. J’ai appris qu’on pouvait faire des études universitaires par équivalence en Sciences économiques à Besançon. Je devais réussir dans 3 disciplines les maths, l’économie et les statistiques, comme en réalité, c’était trois formes de maths, je n’ai pas eu de difficultés.
Pourquoi avoir abandonné si rapidement l’enseignement ?
D’un côté, je ne m’imaginais pas finir ma carrière comme les vieux profs que je voyais autour de moi à Pontarlier, d’autre part, j’ai eu une opportunité très intéressante. Le baril de pétrole flambait. On commençait sérieusement à s’interroger sur les énergies nouvelles . A l’initiative de la CFDT, en 1982, venait de se créer l’agence française pour la maîtrise de l’énergie (ancêtre de l’ADEME), le premier président Michel Rolant m’a proposé le poste de délégué. C’était un défi que j’ai accepté.
Donc une troisième vie de spécialiste des économies d’énergie ?
Parallèlement à l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) de Franche Comté, j’ai fondé en 1990 le réseau de villes européennes Energy Cities dont j’ai été le Délégué général de 1994 à 2014.
De quoi s’agit-il ? Un lobby ?
L’idée est de donner des possibilités d’action au niveau local dans le domaine de l’énergie en permettant des échanges d’expériences entre villes. Et aussi de chercher à influencer les politiques européennes et nationales dans le sens de la décentralisation. Cette association qui a son siège à Besançon a réuni au départ 6 villes appartenant à 6 pays. Actuellement, 25 ans plus tard, il y a près de 1000 villes et collectivités territoriales de 30 pays différents.

Energy cities Gérard Magnin
C’est aussi un mode de fonctionnement original ?
Oui, une équipe d’une vingtaine de personnes de différents pays qui fonctionnent selon une structure horizontale tout en visant à devenir les meilleurs dans leur spécialité. C’est ce qu’on a réussi, je crois. En appliquant un principe simple : donner à chacun l’autonomie nécessaire pour avoir le pouvoir d’agir. On a aussi montré que Besançon pouvait être attractif : on a embauché trois stagiaires étrangères. Elles sont restées à Besançon. On peut attirer à Besançon à condition de proposer un travail intéressant et une bonne ambiance.

Gérard Magnin Energy Cities
La réussite a conduit à une reconnaissance officielle et aux honneurs ?
Oui, j’ai accepté la légion d’honneur à l’époque de Nicolas Sarkozy et avec François Hollande, depuis novembre 2014, j’ai été nommé représentant de l’Etat au CA d’EDF. Mais cela me prend du temps, et je n’y vais pas pour faire de la figuration. Par ailleurs, depuis 2013, je suis membre du Conseil économique social et environnemental de Franche Comté.
C’est donc une retraite très occupée ?
Oui, pour donner un exemple, aujourd’hui je suis en rendez-vous au Bar le Flore pour Vivre aux Chaprais la semaine passée, à l’occasion du CA d’EDF, j’étais aussi au Flore, mais à Paris avec Laurence Parisot l’ancienne présidente du MEDEF. Hier je participais à la création d’une monnaie locale complémentaire « l’Affranchie » avec Jean Jacques Bret qui a été le responsable du CIGC (pour le fromage de Comté).

monnaie complémentaire l'affranchie

Il s’agit de marquer le choix de l’économie locale. Le lancement aura lieu le 21 mars salle Battant. Hier soir, réunion des guide-composteurs. Cette semaine, j’interviens au Cercle Condorcet sur le thème des coopératives énergétiques, vendredi réunion avec les deux régions Bourgogne Franche Comté, samedi à Quingey, j’interviens auprès des promoteurs de l’éolien, l’après-midi je suis à Pontarlier. etc …
Foyer Les Oiseaux en 2008
Et EPI qui se réunit souvent au Foyer des Oiseaux, rue des Cras, de quoi s’agit-il ?
Oui, je suis administrateur de cette association. Comme le nom l’indique, c’est un espace politique d’innovation. Il y a une cinquantaine d’adhérents à jour de leur cotisation, mais le nombre de participants aux apéritifs débats dépasse les 350 personnes. Nous ne cachons pas notre origine « nouvelle gauche » au sens où nous ne croyons guère aux changements venus d’en haut, nous n’attendons pas tout de l’Etat. Nous mettons en débat les sujets qui fâchent ou du moins sur lesquels il y a des doutes. Nous invitons des intervenants de différents bords. Les thèmes proposés actuellement sont significatifs de notre orientation. L’avenir doit s’inventer, il se recherche par tâtonnement et par échanges d’expériences locales. Ainsi le mercredi 27 février 2015, nous invitons trois personnes bien connues aux Chaprais, qui ont innové sur le plan social Elisabeth Gerl du Café des Pratiques, Jean Touyard de Trivial Compost et Patrick Bourque de l’Habitat Participatif

Gérard Magnin avec Vivre aux Chaprais en février 2015
Le quartier des Chaprais fait-il partie des préoccupations ?
C’est vrai que mon adresse est aux Chaprais, mais ma femme contesterait, si je disais que je vis aux Chaprais. J’ai été le plus souvent en dehors de Besançon. Je n’ai pas un très grand sentiment d’appartenance au quartier des Chaprais.compost au pied de l'immeuble affiche

Pourtant , je m’investis un minimum en étant guide composteur pour mon immeuble de 84 appartements.
Je suis aussi à l’AMAP pour le maintien de l’agriculture de proximité.

compost rue des jardins
Reste-t-il une place pour la famille et les loisirs ?
Très peu. J’ai 6 petits enfants. En réalité, mon loisir principal, c’est le boulot. Pour l’instant, je ne fais pas de sport, à part aller dans le Haut Doubs dans une maison (collective) qu’il faut entretenir sous la neige. Je m’intéresse à l’avenir du foot de Sochaux.

Voir d’autres portraits de Chapraisiens à proximité : Michel Vieillard, Franck Labourier, Josette Jeantin du Petit Lutin, François Lacaille,   etc …

Voir page sur la rue des Jardins, page sur la rue de l’église, page sur la rue Tristan Bernard

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