Florian et Jean de Trivial Compost

Interview de Florian et Jean responsables de Trivial’Compost

Jean et Florian de Trivial Compost

réalisée le 30 août 2011 mise en ligne le 12 septembre et republiée en 2014
Depuis quand êtes-vous installés dans le quartier ?
Notre association créée en mars 2010 a ouvert ce local, 13 rue de la Liberté, en février de cette année 2011. Il a été inauguré le 21 février.

TRivial Compost et l'Assiette comtoise en 2011

Personnellement, nous habitons au centre ville, mais notre président Stanislas vient d’emménager rue de Belfort.
Quel est le but de votre association ?Lombri-compostage
Accompagner les bisontins dans des démarches éco-citoyennes, surtout le compostage. Le coeur de notre activité c’est la promotion de cette pratique et l’accompagnement lors des différentes phases. Nous proposons le compostage de quartier, au pied de l’immeuble, ou à défaut le vermi-compostage chez soi (avec des lombrics).

Autour de cette façon de gérer les déchets, il s’agit de créer du lien social par un projet commun à des habitants.

 

Qui êtes vous ? Quel est votre parcours ? Pourquoi participez-vous à cette association ?Jean Touyard de Trivial Compost
Moi, Jean Touyard, j’ai fait des études de sociologie et un Master de développement local à Valenciennes. Je cherchais un emploi au service de l’environnement et qui apporte de la convivialité. J’ai participé à la création de l’association et je suis désormais salarié à temps partiel.
Moi, Florian, je suis volontaire en service civique jusqu’en décembre. J’ai fait des sciences physiques et un Master en éco-conception pour l’industrie à Besançon. Je n’avais pas envie d’être réduit à mettre du vert sur les machines industrielles. On s’est retrouvé avec des amis pour mettre l’écologie dans la pratique quotidienne.

Pourquoi une association, pourquoi pas un service public ?
C’est un projet de citoyen, participatif par essence. Jusqu’à présent, en matière de déchets, on considérait que le service public devait traiter le problème pour les citoyens contribuables. Avec les projets de compostage au pied de l’immeuble, les gens sont amenés à se parler, à décider ensemble.
Par ailleurs, une grande marge de liberté et de créativité. Il s’agit de travailler avec les acteurs publics, les habitants et les autres structures associatives, pour mettre en place de nouvelles solutions de compostage. On reste relativement indépendant.
Pourtant vous dépendez de subventions ?
C’est vrai. Nous travaillons beaucoup avec le Sybert (chargé du traitement des ordures ménagères). Et pour l’instant, nous partageons les choix des acteurs publics qui ont fait le pari de développer le compostage. Nous nous sommes lancés en répondant à un appel d’offre de la Fondation de France intitulé « Gérons ensemble notre environnement ». Cet intitulé correspond tout à fait à notre conception. Il n’y avait que quelques réponses en Franche Comté. Notre projet a été retenu. La Fondation de France a financé près de 300 projets depuis les années 90. C’est mieux que d’être financé par une grosse industrie.
Vous êtes installés depuis peu, quelle a été votre action, avez-vous déjà des résultats ?

Nous avons été présents dans le maximum de manifestations publiques comme les vides greniers, les fêtes de quartiCompostage rue de la Rotondeer, etc …

Nous avons organisé des débats, par exemple au Café des Pratiques. Pour le compte du Sybert, nous accompagnons déjà plusieurs projets de copropriétés rue de Chalezeule, rue de Belfort, rue de la Rotonde, rue des Jardins, rue du Pater ..

 

Il faut bien comprendre que la démarche est longue et qu’il faut être là au bon moment. Il y a trois conditions préalables : des volontaires motivés dans l’immeuble qui vont jouer le rôle de relais, un espace vert pour installer le bac à compostage et une validation en Assemblée Générale des copropriétaires. Nous avions aussi préparé un projet de compostage avec le Foyer de la Cassotte. Malheureusement, la direction semble avoir abandonné ce projet qui aurait une grande envergure avec la restauration du Foyer. C’est dommage.

 

Est-ce si facile de mobiliser les gens sur ce projet ?

Affiche pour le compostageNon, beaucoup de gens disent. « On veut bien, mais on ne veut pas de contraintes supplémentaires ». La discussion de ce projet est souvent l’occasion de faire exprimer des mécontentements. « Moi je fais l’effort de trier, mais les autres font déjà n’importe quoi. » Le projet permet d’ouvrir le débat sur la question des déchets. Bien des gens font comme si les déchets disparaissaient comme d’un coup de baguette magique. On s’aperçoit que ce n’est pas le cas.

Au delà des déchets, c’est le mode de consommation qui est en cause. Pour avoir des déchets à composter, il faut manger des fruits et des légumes frais. Si on ne mange que dans des fast-foods ou de conserves : on a beaucoup de déchets, mais pas à composter. On ne va donc pas obtenir l’unanimité dès le début. Le principal, c’est qu’il y ait des gens volontaires. On va commencer petit, mais on croit à l’exemplarité.

Que pensez-vous du quartier des Chaprais ?

C’est un quartier où il y a beaucoup de béton et de plus en plus. Le peu d’espaces verts crée des difficultés pour installer des bacs à compostage dans ce quartier comme dans la boucle.
A côté de cela, c’est un quartier dynamique avec beaucoup d’ « acteurs ». Côté commerce et services, c’est très pratique, on trouve tout sur place. Il y a des petits bars, des restaurants, les deux Foyers de Jeunes Travailleurs.
Mais ce qui manque, ce sont des lieux de rencontre, de réunion. Heureusement, il y a l’initiative du Café des pratiques qui compense un peu cette faiblesse. Il y a aussi la lenteur administrative. Depuis des mois, on parle d’un aménagement de la place de la Liberté et de l’installation d’un bac à compostage dans un coin où la ville range ses véhicules. Cela n’avance guère pour le moment.

Chalet de compostage inauguré en décembre 2012

Le Chalet de compostage a été inauguré en décembre 2012

Depuis cette date, Trivial Compost a déménagé dans le quartier Battant Voir le site web de Trivial Compost