Fernande De Almeida du Restaurant Le Mistigri

Fernande du Restaurant Le Mistigri

Mme Fernande De Almeida gérante du Restaurant le Mistigri 1 rue  Général Rolland 03 81 50 22 96

Salle du restaurant Le Mistigri
Vous êtes gérante du restaurant Le Mistigri depuis combien de temps ?
Cela fait 15 ans. Le restaurant a été créé par Messieurs Daniel et Louis Maes, il y a 40 ans. Puis il a été repris par Monique Phillipon, une dame du Haut Doubs. On se connaissait depuis l’enfance à Maîche. Quand elle a voulu partir en retraite, elle m’a proposé de prendre sa succession.
Etiez-vous déjà dans le métier ?
Non, j’étais couturière retoucheuse pour un commerce de vêtements féminin du square Saint Amour. J’avais appris la couture auprès de la mère. Monique m’a proposé de me former durant deux mois avant son départ. C’est un peu ma seconde mère.
Avez-vous regretté cette reconversion ?
Non, pas du tout. Bien sûr cela demande du boulot, du temps de présence. Je ne l’aurais pas fait si mes enfants avaient été plus jeunes. Quand j’ai commencé mon fils avait 12 ans. J’ai conservé mon savoir faire de couturière, c’est moi qui fait les nappes du restaurant.

nappe du restaurant Le Mistigri
Quelles qualités faut-il avoir pour réussir dans ce métier de la restauration ?
Il faut être humble et humaine. Ce n’est plus tellement fréquent aujourd’hui, chacun a tendance à ne pas faire attention à l’autre. Dans ce métier, il faut répondre à la demande des clients, être disponible être prête à travailler quand il y a des clients pas exemple surtout en hiver pour moi. Il m’arrive de revenir travailler le dimanche pour des groupes. Il faut être aimable, accueillante pour fidéliser la clientèle.
Quelle est la particularité de votre restaurant ?
Nous ne proposons que des spécialités du Haut-Doubs et particulièrement les célèbres roesti  * que nous servons avec tous les plats. Si on n’aime pas les pommes de terre, il ne faut pas venir ici ! Je commande 4 tonnes de pommes de terre par an, cette année de variété « allians »,  à un paysan de Saint Aubin dans le Jura.  Comme dessert, par exemple la glace aux noix arrosée de macvin …

Le menu du Mistigri
Les tarifs n’ont pas augmenté depuis longtemps. A midi, le plat est à 10,50 €. Le soir, c’est à partir de 13,50 jusqu’à 16,50 €. Je propose des vins du Jura en accompagnement, mais pas seulement.

Le comptoir du restaurant Le Mistigri
Comment les gens font-ils pour vous trouver ?
On n’a ni Fax, ni Internet, on a quand même le téléphone, l’eau et l’électricité ! Ce sont les clients qui nous font  de la pub, moi je n’en fais pas. Ils sont venus, cela leur a plu, ils reviennent avec leur famille ou des amis. Parfois des années plus tard, ils me demandent le même menu. Ils me disent :  « des roestis comme ça, on n’en trouve pas ailleurs ! »
Quelle est votre clientèle ?
C’est très varié. Il y a des habitués. Des gens originaires du Haut-Doubs, des anonymes ou des célébrités comme Roland Motte le jardinier de France Bleu et de BVV qui est venu avec sa maman qui habitait à côté,  rue Jeanneney. Des étudiants reviennent pour fêter leur réussite aux examens. Par exemple, un étudiant en médecine est venu fêter son doctorat avant de partir s’installer dans le Jura. Des profs par exemple de l’école de coiffure viennent avec leurs étudiants.

dessin au Mistigri : église du Haut-DoubsChat et souris au Mistigri

Des clients m’offrent leurs oeuvres d’art :  des chats ou des paysages du Haut-Doubs comme ceux de M Pourcelot. Comme on est près de la gare, des gens viennent entre deux trains. Je reçois même des banquiers. Mais cela reste très familial. La salle étant petite (une vingtaine de couverts) il est prudent de réserver au 03 81 50 22 96

N’y a-t-il pas des difficultés d’accès ?
C’est vrai que nous ne sommes pas rue Bersot où il y a des bars et restaurants tous les 10 mètres ni devant la gare.

rue du Chasnot rue Rolland

Quand on vient nous voir dans ce petit coin de la rue Général Rolland, c’est qu’on vient exprès !

Démolition du bar Le Chasnot en avril 2011
Le carrefour n’est pas réputé pour ses facilités de stationnement. Quand Gilbert le patron du bar Le Chasnot est parti, la mairie aurait pu préempter et faire un parking. Au lieu de cela, on a fait un immeuble à ras de la rue de Belfort,  en supprimant des places de stationnement. Maintenant, la mairie veut faire payer même un arrêt minute. Son seul souci, c’est que l’argent rentre !

Le Mistigri et l'Eden rue du Général Rolland

Avec notre voisine de l’Eden, nous avons loué 2 emplacements au propriétaire de la maison voisine (celle du médecin). Mais il faut se battre continuellement pour qu’ils ne soient pas accaparés par d’autres que nos clients. C’est curieux, il y a quelques années, il y avait beaucoup plus de circulation qu’actuellement, rue de Belfort et rue du Chasnot et les gens se garaient sans  faire tant d’histoires !
Quels sont vos rapports avec les autres commerçants ?
Je fais partie de l’association des commerçants des Chaprais. D’ailleurs, la présidente Madame Faivre-Châlon était ici il y a peu de temps. Les réunions se font parfois ici. Entre commerçants, on n’a guère le temps de se rencontrer. J’achète souvent les baguettes de pain au Pain d’Antan dont le nouveau patron est restaurateur de formation. Je connais bien David le boucher qui est aussi adhérent de l’association. Quand je vais à la poste, je salue au passage des commerçants installés là depuis un certain temps : le pharmacien ou la fleuriste par exemple ou encore Martin et Muller (qui viennent de vendre leur épicerie fine) etc …. Je trouve très sympas les gérants du Petit Casino de la rue de Belfort. Je suis en bon terme avec ma voisine Nelly du Sex shop ou même avec le gérant du restaurant turc Kervalen qui vient de refaire complètement son restaurant. A mon avis, il y a de la place pour tout le monde, c’est au client de faire le tri.
Quels sont vos liens avec les Chaprais et que pensez-vous du quartier ?
J’aime bien ce quartier, on a tout, on est proche de la gare et depuis ici, on peut assez facilement aller partout. Par exemple, je conseille à mes visiteurs (dernièrement des Australiens) de prendre le bus devant la gare pour monter à Pontarlier ou à Ornans, ça ne coûte que 3 euros.
Je ne suis pas née ici, mais j’habite dans le quartier à deux pas.
Evidemment, le soir je croise des prostituées. J’ai de la sympathie pour ces pauvres filles souvent africaines. Il y a parfois manifestement des mineures. Elles doivent souvent se défendre contre des agressions. C’est triste de voir cela !
Avez-vous des loisirs ?
J’aime bien la nature, me balader surtout dans la vallée de la Loue, les paysages sont superbes.

Sentier en automne dans la vallée de la Loue

J’aime bien marcher dans les bois. A la saison, je part à la récolte des champignons surtout des girolles et des bolets.

Le Mistigri remercie

 

* Le mot roesti masculin pluriel se prononce reuchti et peut aussi s’orthographier rösti ou röschti. Mot d’origine allemande. Typique de l’enrichissement culturel réciproque, il est dérivé du français rosties.

Voir la page sur la rue du Chasnot, la page sur la rue de la Rotonde, la page sur la rue de Belfort et ses commerces, la page sur la rue de la Viotte

Autres portraits à proximité : Nathalie Délisée de l’épicerie bio, Franck et Martine de la poissonnerie Nouvelle Vague

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