Anne Marie Chevrier, une artiste en perpétuelle recherche

Vous allez participer aux Rencontres avec les artistes des Chaprais les 14 & 15 mars pourquoi ? 

Rencontres artistes visuel 19

C’est mon quartier.  Née à Clerval, je vis à Besançon depuis plus de trente ans. Cela me fait plaisir de partager mon travail de recherche.

Lam Anne Marie Chevrier

Mes racines sont bien ancrées depuis plus de quatre siècles dans la terre qui jalonne les rives du Doubs même si j’ai vécu quelques années en Haute-Saône, dans la Nièvre et le Cher. Enfin je me suis posée, voire ancrée dans le quartier bisontin des Chaprais.
J’ai effectué une carrière professionnelle dans le monde de la santé comme Infirmière, puis Cadre de Santé.
C’est en 1990 que j’ai commencé à pratiquer les arts plastiques.

Comment caractériser votre art ? comment procédez-vous ?

Longtemps, j’ai eu besoin d’un sujet et je me suis essayée aux classiques de la peinture. C’est à l’école des Beaux Arts que j’ai commencé à développer un travail plus personnel. Le graphisme reste un fil conducteur avec le besoin d’un point d’ancrage. J’ai découvert les subtilités du noir et du blanc et de ses multiples déclinaisons..

Anne Marie Chevrier
J’ai évincé le modèle, il n’y a plus d’intermédiaire entre le support et moi. C’est un instant de vie, un face à face qui s’installe, c’est moi qui donne le ton tout du moins au départ, je choisis les outils, les accessoires, petit à petit les choses se placent, les couleurs se parlent, les lignes se regardent et s’installent. Mon subconscient clandestinement investit ce duo, et je suis toujours surprise de son pouvoir sur le réel, la suite de la réalisation m’est donnée au goutte à goutte.
J’expérimente et je navigue de l’angle droit à la courbe, de la rectitude à l’aléatoire. C’est la mise en relation de ces différences, de ces certitudes, incertitudes, fragilité de la norme…..de la vie…imperfection…..déchirement..effacement… ..

Avez-vous des thèmes favoris ?
L’humain n’est jamais loin, figuratif, géométrique, mécanique, formes qui dansent encombrées par leur progéniture.

Anne Marie Chevrier
Je travaille souvent mes œuvres en format vertical, j’aligne des lignes horizontales qui dansent, se juxtaposent, se superposent, se chevauchent sans se rencontrer. Cette relation entre les lignes,entre les êtres que je cherche, l’impalpable qui relie l’individu à ses semblables. Si je suis venue à l’art par hasard, celui-ci au fil des ans a envahi mon espace et a grignoté tout mon temps. En résumé créer pour moi c’est ; rester en état de recherche éveillée pour une finalité créative. Très sensible au monde qui m’entoure, j’observe, j’absorbe, je condense, les images, les sons, les émotions, je digère le tout, les idées m’envahissent, la restitution ordonne, je me mets au travail, je m »impose une technique et quelques contraintes. Je me concentre, en tentant de maîtriser outils et de respecter l’idée de départ. Il arrive un moment où tout m’échappe, mon subconscient s’aventure et me donne des leçons. Avec une palette vaste, j’expérimente des techniques diverses, peinture, collage, photographie, gravure. Le papier reste un support qui a toute mon admiration tant il est hétérogène, singulier et rebelle.

J’ai animé des cours de dessin, pastel, gravure dans un centre de vacances à Leucate, dans le sud de la France, ce qui a permis de faire entrer l’art dans cet endroit. A ce jour une exposition différente a lieu chaque dimanche.

Et la photographie ? 

En parallèle, je pratique la photographie de façon quotidienne depuis 2009, l’année  de mon adhésion au club photo, à ce moment je cherchais à utiliser l’outil photographique pour m’aider à composer. Maintenant, cette activité nourrit mon imaginaire, me donne du plaisir au regard des choses, de la lumière, des formes, à force de regarder la beauté apparaît dans le banal, l’inattendu.

Comment vous est venue cette passion artistique ?

Un peu par hasard. J’ai accompagné une amie qui voulais s’essayer à la sculpture. Elle a vite abandonné, moi je suis restée. Et au fil des ans, l’art a envahi mon espace et grignoté tout mon temps.

Quelle a été votre formation ?
C’est dans plusieurs ateliers Bisontins pendant plus d’une décennie de façon régulière à compter de 8 heures par semaine que j’ai pu me former.  J’ai également suivi des cours du soir à l’école des Beaux Arts de Besançon.
Entre 2005 et 2007, j’ai effectué deux années scolaires en tant qu’auditrice libre à l’ERBA (devenue l’ISBA)
Des stages complémentaires au gré de mes besoins ont complété cette formation ; pastel, sculpture, gravure.
Pendant 15 ans, j’ai concilié carrière professionnelle et activités artistiques, cela m’a beaucoup aidé au niveau professionnel, après une séance de trois heures à fixer un modèle, j’ai découvert la beauté, j’ai gagné en capacité de concentration, et le plaisir d’être sereine après 12 heures de travail.

Avez-vous déjà exposé vos oeuvres ?

Oui souvent dans des expositions collectives depuis 1995,  plusieurs fois avec la galerie Pictura : Place des arts à Granvelle en 2016,

Place des Arts

en février 2018 à la Galerie Pictura

Picture A M Chevrier

dans un cadre le plus souvent associatif ; galerie Mécène pro-art, Dard’art,  Amis des Arts, Automnales, Tambour Battant, Petite Chaux, Chalon-sur-Saône, Beaune.

Expositions personnelles : peintures 2008-  » Quatre vingt dix degrés toute  » Besançon 2009- » Belles échappées  » Salins-les-Bains 2012- » Entre les lignes  » Besançon 2013-  » Personne  » Besançon 2015- » Bandes à part  » Besançon

Expositions personnelles : photographies 2013-  » Champ libre  » Lure 2014- » Ruines et architecture  » Lure 2014  » Horizontal-vertical-intérieur-extérieur  » Lure 2015- » L’hôpital Saint-Jacques dessus-dessous  » -Besançon 2015- » La plage à nu  » Lure 2015-« L’antre mur, Berlin’ Lure 2016- » La ville verticale  » Lure 2018- » Européan puzzle  » Lure 2018-2019- Les cousines d’Aphrodite. Leucate

 

Anne Marie Chevrier

Mon nom d’artiste est Lam

 

Qu’allez-vous présenter à la Cassotte lors des Rencontres avec les artistes des Chaprais ? 

Une série de photographies en noir et blanc que j’ai prise en face le lycée Saint Joseph  lors de la destruction du parc et des bâtiments qui ont été remplacés par le domaine Saint Vincent. J’ai été frappée par le contraste entre les bâtiments anciens avec des vitraux et les graffitis contemporains. Voici le texte de présentation :

Chaprais Anne Marie Chevrier

« Ruines et architecture » Une écriture temporelle

A deux pas de chez moi, aux Chaprais, une porte s’ouvre sur le domaine de Saint Vincent qui sommeillait depuis des années. C’est sans ménagement que les grands travaux s’installent, un projet immobilier attend sa réalisation.

Dissimulé derrière de grands arbres, le voilà soumis au regard du passant, sa chapelle, son clocher, ses fenêtres, ses vitraux, rappellent le temps de sa grandeur

Aujourd’hui, cette chapelle devenue inutile, désuète, vieillotte, rattrapée par le monde moderne, nomad’sland malgré elle, elle aura droit aux graffitis jusqu’en haut de sa nef.

J’ai assisté à son agonie, grignotée par les pelleteuses pour disparaître et ne former plus qu’un amas de pierres, pour laisser place à un grand vide.

Seuls 3 arbres ont eu un printemps de plus. Les passants m’ont raconté la vie de Saint Vincent avec nostalgie, la chapelle, l’école Sainte Colette, le réfectoire, il y avait déjà si longtemps !

En deux ans, cet édifice de confession catholique destiné à l’enseignement dans les dernières décennies, fait place aujourd’hui à des immeubles modernes à vocation d’habitation.

Photos prises entre le 12 février 2012 et le 18 octobre 2014

Je voudrais ouvrir la discussion avec les gens du quartier sur leurs souvenirs de cet endroit.

Quels sont vos liens avec le quartier des Chaprais ? 

J’y vis depuis plus de 30 ans. Je suis particulièrement attachée à l’avenue Fontaine Argent et à la rue Tristan Bernard. C’est un endroit qui a connu beaucoup de transformations. On y trouve encore des immeubles Haussmanniens, des bâtiments des années 60 ou 70 et des constructions plus récentes. C’est un quartier qui correspond bien à mon âge.

L'avenue Fontaine Argent et le tram

Qu’aimez-vous dans le quartier ?

J’aime sa position géographique, près du centre ville et à quelque pas de la nature. On peut facilement monter à Bregille. Et on est relié au monde par la gare. J’aime ses commerces et services et la présence de jardiniers. Des immeubles ont pris la place d’horticulteurs. Par ailleurs, je m’aperçois que dans ma vie, j’ai souvent habité à côté d’un cimetière. C’est un endroit calme. Il y a aussi le Parc des Chaprais.

Parc des Chaprais

Quel est votre avis sur l’association Vivre aux Chaprais ?

Je lis son journal. Pourtant je m’intéresse davantage aux nouvelles du monde qu’aux informations locales. J’ai découvert depuis peu ses activités et en particulier les cours de Qi Gong (en partenariat avec l’association Yin Yang). J’apprécie la qualité et la convivialité mais aussi le prix modique.

Pour contacter l’artiste : annemarie.chevrier8@gmail.com

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