L’Art Nouveau pas à pas : deuxième parcours dans les rues des Chaprais

Art nouveau pas à pas. Deuxième partie, le 10 juillet 2019

Le thème était toujours l’art nouveau, agrémenté de souvenirs des uns et des autres en rappelant le passé horloger, mécanique du quartier sans oublier les cheminots qui ont représenté une part importante des habitants des Chaprais. Voir le compte rendu du premier parcours

plan Chaprais pas à pas 2
Le rendez-vous était fixé place des Déportés à l’entrée du cimetière. A 14 h 00, six personnes étaient présentes, des adhérents de Vivre au Chaprais. je suis un peu juste.

cimetière des Chaprais Déportés
Nous profitons de l’ombre, pour parler du cimetière, qui a été entre autres à l’origine du percement de l’avenue Fontaine Argent (1881) et par la suite des thermes (1890) et de l’apparition des premières constructions art nouveau (1896).
Le cimetière a été créé par l’architecte municipal Lapret avant son décès. Il a été ouvert en 1824 après avoir bénéficié de quelques changements dessinés par Pierre Marnotte (architecte municipal successeur de Denis Philippe Lapret) à la suite de la reconstruction de l’église dont l’existence est bien plus ancienne. Nous en reparlerons tout à l’heure.

Le cimetière est un des plus beaux de la ville avec le cimetière Israélite des Vernois..Il est surnommé le « Père Lachaise » de Besançon. De nombreuses personnalités et artistes sont enterrés dans la partie nord (la plus ancienne) du cimetière. Il est classé par un arrêté de 1977.
Sous un beau soleil, nous démarrons notre périple par la rue des jardins avec des constructions styles art déco, dont une présentant une particularité qui pourrait la classer en éclectisme régional.

Villa rue des Jardins

Arrivés vers le pont « Guillotin » ainsi surnommé par certains Chapraisiens, nous évoquons les sociétés d’horlogerie et de métallurgie, installées autour des années 50 et disparues aujourd’hui. Voir  un article sur la SIOR
Nous empruntons la rue de l’église qui mène au pied de l’église Saint Martin des Chaprais, construite à partir de 1821 sur les plans de l’architecte D. Ph. Lapret. Très belle église, avec un clocher fragile, en « pierre fabriquée » conçu par l’architecte A. Nasousky dans les années 1920/30.
Ascension de la rue Baille où l’école des filles fût créée en 1873 et ensuite celle des garçons, rue de Belfort.
Villa Brigonnet rue de Belfort

Nous débouchons rue de Belfort face à la Maison Brigonnet construite en 1907 par l’architecte Auguste Vieille, les vitraux sont d’Eugène-Alphonse Gorgeon (peintre-verrier).  Francis Brigonnet (entrepreneur) construit cette maison pour sa mère. Eléments protégés : maison, avec son jardin et ses murs de clôture (cad. BP 156) : inscription par arrêté du 24 mai 1994.
La maison est également labellisée « Patrimoine du XXe siècle » par le ministère de la Culture.

Après un petit répit, nous entrons dans la rue Charles Fourier, où des maisons jumelées et des immeubles destinés aux cheminots côtoient de très belles « maisons bourgeoises » de style art nouveau.

maison rue Charles Fourier

Nous effectuons une pause rue de la Rotonde face à une très belle maison art nouveau. Construite en 1911 pour le Général Brigonney ? Maison de style orientalisme, briques et céramiques polychromes, poteries vernies.

pas à pas rue de la Rotonde
Appuis de croisées et balcon, style Guimard. Entrée chargée en décors de briques polychromes et de faïences vernissées en tout genre !
Très beau balcon en bois (Hors service !). Carreaux de ciment dans le couloir, de qualité. Arc de fenêtre en plein cintre et non outrepassé, fermé par une clef d’arc en pierre.

art nouveau pas à pas Rotonde

Nous repartons pour rejoindre la rue du Chasnot avec quelques particularités comme cette construction en bois de style oriental reliant deux constructions en pierre de taille.

villa rue du Chasnot

En empruntant la rue Jeanneney, on découvre une autre construction surprenante dans une cours, un pigeonnier ?

rue Jeanneney pigeonnier

Enfin nous descendons l’avenue Foch avec deux belles constructions.

La première au numéro 11 est attribuée à l’architecte bisontin Maurice Forien cette construction datant de 1900, le style est relativement classique.

villa avenue Foch
La seconde maison est située juste à côté au n° 13. Elle date de 1905 et a été conçue par l’architecte Gustave Vieille. C’est une maison tout en pierre avec des tourelles. L’entrée se situe en coin, dans un angle.

Nous descendons les escaliers pour atteindre la rue Isenbart, en dessous de belles villas et au dessus des jardins et du ruisseau la Mouillère et de son petit pont. Seule une entreprise de montres a survécu au temps. Plusieurs ateliers et brasserie (Gangloff) occupaient le vallon.
Nous déambulons rue des villas bisontines, démarrée en 1890, alignées, semblables et en même temps différentes par d’infinis détails qui font le charme de ces maisons.

rue des Villas

Treize maisons de maîtres conçues selon un système symétrique, à partir d’un corps central au décor spécifique, flanqué de deux travées identiques.

rue des Villas

10 rue des villas, nous passons devant l’ancienne usine de montres Universo installée dans les années 20, elle a été racheté par le groupe Swatch en 2000 et devient en 2001 le Centre Européen du Service Horloger (CESH), qui est en fait le service après vente de la marque Tissot, pour toute l’Europe.

Universo en 2010

A l’angle de la rue des villas et de l’avenue Denfert Rochereau deux belles maisons
N°11 maison d’angle en pierre de taille, de facture classique. Bandeau et décor en faïence, vitraux et petites fenêtres originales avec des arcs des en briques vernissées rouges et vertes meneaux en pierre, des mascarons, et une belle marquise.

villa angle Denfertvilla

N°9. Maison d’angle en pierre de taille, de facture classique.
Mêmes caractéristiques que la maison précédente.
Un joli portail en pierre, une marquise et une frise sur la façade en briques vernissées vertes

villa Denfert Rochereau

-N°7. Maison de facture éclectique classique et régionale, ayant abrité un fabricant horloger du nom d’Anguenot.

villa Denfert Rochereau
Consoles supportant l’avancée du toit en appui sur le mur.
Etage supérieur habillé par des lambris en bois. Arc des fenêtres en briques vernissées jaunes.
Des cabochons décorent la façade. Linteaux en pierres à l’étage.
Claveau de briques habillant les fenêtres du premier étage, fermées par une clé d’arc en pierre.

Nous nous rendons à notre point de chute : la résidence Médicis (Médicis Home Besançon) : Sarah Bernhard, Colette et bien d’autres clients illustres ont séjourné dans ces murs.
En passant devant le gymnase de l’Helvétie dont les plans datent de 1910 puis l’école d’Helvétie construite en 1911 par l’architecte M. Brugvin.

JP Régazzoni (texte et photos)

Avec l’aide du

Groupe histoire de Vivre aux Chaprais

Vivre aux Chaprais

et Histoire et formes urbaines