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La rue des Cras : une histoire récente, mais pas si banale que ça !

La réunion mensuelle d’histoire de l’association Vivre aux Chaprais portait sur la partie haute du quartier : les Cras

Plus d’une quarantaine de personnes sont venues pour témoigner, raviver des souvenirs ou pour découvrir.
Réunion d'histoire des Cras 14 novembre

Petit aperçu des informations exposées (première partie) : 14 illustrations sur les 130 montrées à la réunion.

Jusque vers la fin du XIXe la rue des Cras était un chemin vers Braillans avec des jardins et très peu de maisons donc très peu d’habitants

Les Cras plan en 1862 Landresse
En 1862 entre les Fluttes Agasses et la route de Moulins à Bâle (actuelle rue de Belfort)on distingue un chemin de Braillans


chemin des Cras 1883
En 1883, non seulement la voie ferrée est construite mais de nouvelles rotondes sont construites pour l’entretien des locomotives, ce qui allait devenir la rue Résal est tracée

Cras vue aérienne avant 1962
A la fin des années 1950, le bas de la rue des Cras n’a pas encore trouvé son allure actuelle alors que des immeubles se dressent déjà de l’autre côté de la voie ferrée, impasse Fourier.

Le pont des Cras est en place mais il sera dynamité pour l’élargir et le renforcer en avril 1969
le pont des Cras explose le 25 avril 69


Population et emplois de cheminots

Entre temps, la population de la rue des Cras est passée de 309 habitants dans 43 maisons en 1896 à 791 dans 100 maisons en 1946. La majorité de la population vit côté pair, proche de la voie ferrée et du dépôt.

Et le plus gros employeur est la Compagnie PLM (47 ) puis la SNCF ( 52 en 1965) Parmi ces cheminots on remarque des emplois qualifiés de mécaniciens, ajusteurs ou chauffeurs voire ingénieur. Plusieurs maisons sont construites pour eux.
On remarque cependant la présence de chefs d’entreprise comme Roger Gerst industriel dans la cartonnerie (l’usine est rue des Villas). Il réside dans ce bel immeuble situé au n° 20 en face la rue du Foyer Familial (devenue rue Romain Roussel).
20 rue des Cras


Guerres, invalidité, emploi féminin, Résistance

L’impact des guerres est important. Des blessés devenus invalides après la première guerre mondiale. Mais aussi des changements pour les femmes. Un exemple : en 1914, Paul Martin fait construire une propriété au 12 rue des Cras, il est mécanicien au PLM. En 1921, sa fille Andrée est également employée au PLM, elle ne l’est plus lors des recensements suivants. A la Cie PLM, les femmes étaient presque exclusivement gardes-barrières (26177 sur 29100 femmes en 1914). Leurs effectifs et missions augmentèrent lors de la première guerre mondiale, mais elles furent licenciées après la paix.

L’occupation allemande suscita beaucoup de résistance active dans les secteurs stratégiques, parmi les cheminots, les postiers et certains policiers amenés par René Mussillon qui habitait au 18 rue des Cras
René Musillon FFI
Un autre exemple au n° 24 :où réside en 1936 Oscar Kolly , chauffeur au chômage. Il est de nationalité suisse, il fut fusillé à Besançon le 11 août 1944 par des soldats allemands. Oscar Kolly travaillait en 1944 pour l’entreprise de travaux publics Carmille à Larnod . Le 11 août, il conduisait un camion pour le transport de matériaux, puis fut réquisitionné place Jean-Cornet à Besançon par des soldats allemands, sous la menace d’une arme à feu. Il refusa de transporter des marchandises pour les allemands et tenta de crever les pneus du véhicule pour ne pas repartir. Un acte de résistance, mais un affront pour les occupants. Un lieutenant allemand le frappa à coups de crosse, puis l’acheva d’une rafale de mitraillette. Il fallu attendre 78 ans pour que le titre honorifique de « mort pour la France » lui soit attribué .

Surtout côté impair, on trouve des établissements artisanaux, voire industriels : Au n° 1, avant les bureaux de la mutuelle Muti, on fabriquait des bracelets montre Cuirmatic ,

Rue des Cras Muti au numéro 1

On remarquait au bas de la rue, les Fours électriques, Ets Freymond, dragées Jacquemin, carrosserie Péclier, garage Touret, des menuisiers, et des horlogers un peu plus haut. En 1927 et 1936, le n° 9 était la propriété d’Alfred Roth patron fondeur en bronze. Etc …

Seule l’entreprise Schneider et Fils est côté pair au n° 24
Le plus gros établissement sera horloger avec Sormel et Yema au 67 rue des Cras (remplacé par la mutuelle)

Yema 67 rue des Cras


Les commerces étaient plus rares avec un boucher Maitrugue au n° 20,

des épiceries
Cras ex commerce

épicerie
Dont les Economiques bisontins et les Docks de Franche Comté. Plus tard un Magéco à l’angle de la rue de la Famille
Magéco rue des Cras

Au n° 45, un commerce de cycles et de motos : l’enseigne Miellin créée en 1952 qui a déménagé en 1978 sur le site actuel 33 bis boulevard Léon-Blum

enseigne Miellin rue des Cras


Pour les besoins des locomotives, un réservoir d’eau était disposé rue des Cras. Ce bassin a servi un temps de piscine pour les enfants de cheminots et quelques autres.

vue aérienne de la piscine SNCF rue des Cras
Après l’électrification, elle n’était plus utile pour les locomotives, elle fut démolie en 19997 et le terrain servit à la construction d’un HLM.



Les grands ensembles immobiliers aux Cras et aux Oiseaux.

Dans les années 60, on observa des constructions très hautes dont le symbole est l’immeuble « Les Oiseaux » au n° 46

Cras vue aérienne
Le bout de cet immeuble de HLM fut réservé à un Foyer de Jeunes travailleurs: Les Oiseaux
FJT Les oiseaux 48 rue des Cras
Le foyer première version

Le quartier des Cras ne se limite pas à la rue des Cras. On verra dans un deuxième article les rues adjacentes comme la rue Paul Bert, la rue du Foyer Familial, la rue Résal et la rue de la Famille.


La prochaine réunion d’histoire, le jeudi 12 décembre sera probablement consacrée à la rue Chopard.
On attend vos photos anciennes et documents. à envoyer SVP uniquement à contact@chaprais.info
Merci d’avance


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