Itinéraire d’un chapraisien, M. Bernard Besançon ( 1ère partie)

Nous avions rencontré M. Bernard Besançon, pour la première fois à l’occasion du Café/Histoire organisé, au printemps 2017, au Café des Pratiques,  afin d’évoquer le passé du haut de cette rue emblématique des Chaprais.

Bernard Besançon

M. Bernard Besançon (photo A. Prêtre DR)

Il nous avait alors communiqué ses souvenirs d’enfance, rue des Cras, alors qu’il habitait à proximité de la piscine de la SNCF. Il devenait donc nécessaire de le rencontrer ! D’autant qu’au-delà des souvenirs d’enfance, nous avons découvert une personnalité attachante, importante, qui a compté bien au-delà du quartier et de notre ville. Jugez plutôt.

piscine SNCF rue des Cras

 

La piscine des Cras en 1955

Monsieur Bernard Besançon est né en 1931. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Son père, tourneur chez Peugeot à Montbéliard fut licencié en 1929. Il est alors embauché comme mécanicien au dépôt PLM de la rue Résal. La famille habitait alors aux Quatre Vents. Soucieux de se rapprocher de son lieu de travail, il déménage la famille pour le 47 rue des Cras, la propriété Mille qui jouxtait alors le parc de la Maison de la Famille. Il y avait alors un beau jardin et un verger.

dépôt Résal en 1977

 Le dépôt rue Résal en 1977

Puis, en 1932, il achète au docteur Perron d’Audincourt, une parcelle de terrain, au 32 rue des Cras, M. Henri Vienot, cheminot également, acquérant l’autre parcelle.

32 rue des Cras

Le 32 rue des Cras

M. Bernard Besançon se souvient parfaitement de faits  marquants concernant la maison que la famille fit construire sur ce terrain à partir de 1939. Comme son père passait toute la journée à son travail au dépôt, il envoyait son fils Bernard quérir l’artisan maçon, un certain E. Dody aux Graviers Blancs, lorsqu’il constatait qu’il n’y avait personne sur le chantier et que cela n’avançait  pas !

Et en juin 1940, tout n’est pas terminé lorsque les allemands envahirent Besançon. Son père, rentrant du dépôt n’est pas tranquille pour leur maison ! Il décide alors d’emmener toute la famille camper, avec des matelas étendus par terre, dans les pièces non finies.Sage décision ou prémonition ? Car dans la nuit, un officier allemand, à la tête d’une compagnie, vient tambouriner à la porte afin de réquisitionner les lieux. M. Bernard Besançon, aux côtés de son père qu’il décrit ouvrant la porte avec sa chemise à pantet et signifiant, en français, à l’occupant que la maison est déjà occupée !….

De l’école maternelle au CM2, M. Besançon  fréquente l’école Paul Bert, puis le lycée Victor Hugo : En 1942, en 6° il choisit la filière classique, pour le latin. Puis fort attiré par les langues mortes, en 4°, il ajoute le grec. Et, à cette époque, sur 100 élèves en 6°, 3 seulement étaient des fils d’ouvriers ! Alors choisir, de plus, un cursus classique, est peu banal ! Dès l’âge de ses 16 ans, M. Bernard Besançon qui a découvert qu’il écrit bien, cherche un petit travail rémunéré afin d’aider sa famille sur le plan financier.

plan école Paul Bert

Qui se souvient de l’école P. Bert aujourd’hui démolie? Elle a fait place,aujourd’hui, à l’EHPAD des 4 Tilleuls…

Il ose se rendre rue Ronchaux, au siège du quotidien La République de l’Est, journal appartenant au  marquis Leonel de Moustier (un grand homme ! Député en 1940, il refusa, au nom de ses convictions républicaines de voter les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Résistant, il fut arrêté par les allemands et déporté. Il est mort pour la France le 8 mars 1945. Il était père de 12 enfants).

La République de l'Est Biétrix

 M. Bernard Besançon avoue aujourd’hui avoir monté et descendu de nombreuses fois l’escalier conduisant au bureau du rédacteur en chef de ce journal, avant de se décider à frapper à sa porte. Il y est fort bien reçu et employé comme journaliste, à la rubrique des chiens écrasés, pour un salaire mince qu’il remet à sa mère. Il y  travaille  le soir et le dimanche, et durant les vacances scolaires. Il dit aujourd’hui avoir fait ce que les autres journalistes ne voulaient pas faire…Mais il se souvient avoir rendu compte des activités de l’Association Franc-Comtoise de Culture (AFCC), alors très importante et avoir eu  ainsi l’occasion de  faire de belles rencontres.

L'Association franc Comtoise de Culture

L’année de son deuxième baccalauréat, un concours d’entrée à l’Ecole Normale de la rue de la Madeleine, a été créé pour un accès direct pour les bacheliers. Reçu, il  passe deux ans en formation tant générale, avec approfondissement de toutes les matières, que pédagogique avec des leçons d’essai dans une école annexée et des maîtres de très haut niveau qui l’encadrent.

école normale de garçons rue de la Madeleine

Dans le même temps, le rédacteur en chef de la République de l’Est  lui propose de devenir journaliste à temps plein. Bernard hésite, consulte son père qui lui recommande de rester dans l’enseignement ! Ce qu’il fait !

La suite la semaine prochaine….

Entretien réalisé par Alain Prêtre et J.C.G.

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