Sylviane Corbet céramiste

Sylviane Corbet, quelle est votre activité artistique ?

Je suis céramiste.

Sylviane Corbet céramiste

D’où est venue cette passion ?

Elle a toujours été là, mais il a fallu je m’occupe de ma grande famille. Il y a 6 ans j’ai découvert l’atelier de l’Entrepôt animé par Françoise Cholé. C’est à Casamène dans l’ancienne faïencerie Longchamp. Et depuis je consacre la moitié de mon temps à cette activité professionnelle. Pour l’autre moitié, je suis kiné.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Je suis originaire de Montbéliard. J’ai fait beaucoup de sport, de la gym sportive à Audincourt. Après le bac, c’est assez naturellement que je me suis tournée vers des études de kiné. Je suis venue à Besançon pour les études. J’ai découvert que le métier de kiné ne se limitait pas à s’occuper de jeunes sportifs. On intervient surtout à l’hôpital  et avec des personnes âgées. J’ai travaillé très longtemps en milieu hospitalier et depuis 4 ans  je suis installée à titre libéral avec trois autres collègues passage Rambaud (ou 7 rue des Chaprais)

Quel lien faites vous entre ces deux activités ? 

Bien sûr, dans ces deux activités, on travaille avec ses mains d’un côté on masse et travaille un corps, de l’autre c’est la terre. Même si en libéral, c’est assez varié, mais on ne fait pas ce qu’n veut avec le corps des patients. Avec la terre, c’est plus créatif. Et en travaillant la terre, je me vide la tête de tous les soucis.

Céramiste, ce n’est pas faire de la poterie ?

Non, un potier travaille la terre avec un tour. Moi je n’ai pas de tour, je fais tout à la main. Le tour du potier restreint un peu les formes, laisse moins de liberté, c’est toujours quelque chose qui tourne. C’est artisanal, mais on peut faire des séries. Sans le tour, les créations sont uniques ou presque. Le céramiste choisit ses terres, ses couleurs, ses engobes.

Quels matériaux utilisez-vous ?
Il faut des matériaux : de la terre : un grès blanc venu d’Allemagne (une argile à forte teneur en silice) et de la porcelaine qui  résulte de la liaison à une température très élevée, de l’infusible kaolin et du fusible feldspath, en une masse homogène. J’ai ramené de la terre du Maroc. J’utilise aussi des engobes qui proviennent de la Drome à Montréal les sources.

Sylviane Corbet engobes

C’est un revêtement mince à base d’argile délayée (colorée ou non), appliqué sur une pièce céramique (tesson) pour modifier sa couleur naturelle souvent un mélange d’oxyde colorant et de terre blanche

Sylviane Corbet teintes

Comment procédez-vous ?

Je m’inspire souvent de la nature. J’utilise par exemple des coquillages, des empruntes d’arbres.

Sylviane Corbet arbre

La feuille de choux m’a plu. J’ai fait un moule en plâtre avec de la toile de jute puis j’estampe la terre dessus.

moule de chou Sylviane Corbet

Il faut ensuite un travail de lissage. Le séchage dure un certain temps. Avec une première cuisson à 980 ° la terre devient un « tesson ».

feuille de chou Sylviane Corbet

Je procède ensuite à l’émaillage et une deuxième cuisson à 1280 ° pour que la porcelaine acquiert sa solidité.

Tout cela peut prendre une quinzaine de jours.

A qui sont destinées vos créations ? 

Je fais déjà cela pour mon plaisir. Je fais des choses que j’aime. Parfois, j’ai un projet en tête et j’essaie de le réaliser. Mais souvent je n’ai pas une idée précise. c’est le travail de la terre qui m’amène quelque part.

assiette Sylviane Corbet

Une assiette d’inspiration arborigène

J’essaie de vendre mes réalisations parce qu’il faut bien financer l’achat de la terre. Je fais quelques marchés spécialisés. Comme clients, j’ai des particuliers, mais aussi des professionnels comme des restaurateurs. Le Grain de sel à Dole par exemple.

Quels sont les prix ? 

Pour une assiette, entre 20 et 25 €.

assiette

Pour un pot à eau entre 30 et 40 €

pots de Sylviane Corbet

Quels sont vos liens avec le quartier des Chaprais ? 

J’habite dans le Jura mais je travaille aux Chaprais : mon cabinet est situé passage Rambaud et mon atelier de céramique 6 rue du Cercle. Je suis installé avec Alain Sauter qui fait des globes terrestres. C’est tout à côté. Je ne connais pas beaucoup le milieu des artistes, ma participation à l’événement Rencontres avec les artistes des Chaprais les 14 & 15 mars me permettra des échanges fructueux.

Rencontres artistes visuel 19

Je pense non seulement exposer des réalisations, mais partager aussi mon travail donner des explications, montrer comment faire.

Je connais bien les commerçants du voisinage rue de Belfort comme la Fée Verte, le salon de coiffure Studio 24 de Raymond, Pascal Martin, le fromager etc …

 

 

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