Histoire des Chaprais : rue de la Rotonde (suite)
Combien et qui étaient les habitants de la rue de la Rotonde ?
Compte rendu succinct de la conférence avec projection du 21 mai 2026

Habitants de la rue ou non, les participants étaient nombreux à la Cassotte le jeudi 21 mai
Le premier article a présenté les activités à l’origine du développement de la rue de la Rotonde et des Chaprais : chemins de fer, horlogerie, mécanique, commerce de gros (fruits et légumes, bois, vêtements etc
Ce deuxième article présente les habitants d’après les recensements.
Sur le plan de 1862, on ne distingue que 6 ou 7 maisons uniquement côté pair

Sur le plan Siffert, en 1937, le nombre de maisons a triplé et elles apparaissent aussi côté impair

Depuis cette date, une dizaine d’ensembles immobiiliers ont été réalisés
Qui sont les 250 habitants de la rue de la Rotonde en 1891, que faisaient ils ?
Une quinzaine d’immigrés de nationalité suisse.
Par exemple, au n° 18, vivait une famille suisse, le père Louis Bourdain, 27 ans, maçon, sa femme et leurs 4 enfants.
En 1911, les citoyens suisses étaient 7 843 dans le département du Doubs sur un total de 12 520 étrangers. Venaient ensuite les italiens au nombre de 2 467. Ceux de la rue de la Rotonde travaillent dans l’horlogerie, comme cordonnier ou libraire.
18 habitants de la rue de la Rotonde (souvent des jeunes, hommes ou femmes) travaillent dans l’horlogerie ou la métallurgie. Il y a même un professeur d’horlogerie, Charles Lombard (50 ans) domicilié au n° 2.
Un grand nombre de « journaliers » « Journalier » désigne initialement dans le monde paysan, un simple manœuvre, c’est-à-dire un ouvrier manuel. Cette situation sociale se développe aussi dans les villes où ces personnes pratiquent une multitude de petits métiers en louant leurs bras à la journée. Les femmes faisaient souvent des lessives ou prenaient des enfants en nourrice.
En 1891, sur 112 personnes déclarant une profession 22 sont classées comme journalier (11) ou journalière (11). Cela signifie qu’elles n’ont pas un emploi régulier, surtout en période de crise, donc pas de revenus réguliers. On peut imaginer qu’elles pourraient actuellement être classées « au chômage », mais sans toucher d’indemnités.
Un grand nombre de métiers déclarés concerne l’habillement : plusieurs tailleurs, une modiste, des blanchisseuses, une repasseuse, des couturières et trois cordonniers etc … Sans qu’on puisse savoir si ces personnes sont à leur compte, travaillent dans un petit ou un grand établissement comme la bonneterie Druhen fondée en 1878 (rue de la Liberté)
Parmi les autres métiers, on relève deux instituteurs, un libraire, deux typographes, un douanier, un cantonnier, un boucher, une épicière, une marchande de légumes, un garçon de café, un coiffeur, un maçon, un charpentier, plusieurs peintres, un forgeron, un jardinier, quelques employés de commerce et de bureau etc …
8 cheminots seulement à la Cie PLM
Qui sont les 262 habitants de la rue de la Rotonde en 1926 ?
83 % des chefs de famille sont nés ailleurs que Besançon

Ce sont des personnes assez âgées : 40 % des actifs ont entre 40 et 60 ans
Et les enfants ? Ils sont assez peu nombreux : une soixantaine. C’est un autre changement. Rares sont les familles nombreuses. Quelques exceptions :
Albert Jacquier a 3 fils au n° 30, Raoul Melet représentant a 3 filles au n° 12 et Louis Page convoyeur aux PTT a 4 enfants au n° 19.
La plupart des ménages n’ont pas d’enfants ou soit un soit 2.
Peu de changements entre 1901 et 1946

Selon la numérotation entre 25 et 27 maisons pour environ 90 ménages. Le total des habitants
progresse jusqu’en 1921 : puis chute de 263 à 199 le minimum en 1936. Un effet de la crise économique ?
Que font les habitants en 1926 ?

15 travaillent pour la Compagnie PLM alors qu’il n’y avait que 8 cheminots en 1891. La gare Viotte est à proximité. 9 travaillent pour les PTT

Liste de fabricants d’horlogerie en 1927 (extrait de l’indicateur Fournier)
20 travaillent dans le secteur de l’horlogerie, ils sont 9 chez Japy, 2 chez Lipmann, d’autres chez Hatot (au 13 de la rue de la Rotonde), ou aux Spiraux (le directeur Louis Ragon habite au n° 30 ) etc …
7 travaillent dans la mécanique ou l’automobile comme Thieulin
Une dizaine travaille dans le secteur du bâtiment
7 travaillent dans le textile ou l’habillement dont plusieurs femmes à la bonneterie Druhen rue de la Liberté
Une seule personne, Louise Chalmin habitant au n° 10 travaille à proximité chez Jacquemin rue du Château rose
Les autres travaillent dans le commerce, le transport ou l’administration : on note par exemple un officier d’artillerie Auguste Brigonnet au n° 17, un instituteur au n° 7, une sage femme dénommée Elisa Minet au n° 29. La presse ou l’imprimerie est représentée par deux typographes.
Un important changement par rapport au recensement de 1891 qui relevait un grand nombre de journaliers : cette expression n’apparaît plus en 1926.
Quels emplois en 1946 ? assez diversifiés avec une dominante de cheminots, d’horlogers et de mécaniciens
15 personnes travaillent à la SNCF, 10 dans l’horlogerie dont au moins 2 patrons, 13 mécaniciens ou autres ouvriers en métallurgie
7 dactylos, employés de bureau, commis
Bonnetière, couturière, laitière, domestique
Plombier, serrurier, menuisier, maçon, peintre, électricien, bijoutier, lapideur,
6 dans le commerce : boucher, épicière, caissière, employées
dans les services : Institutrice, profs, sage-femme, architecte
Dans le détail ; voici quelques informations sur les habitants à quelques numéros
Le recensement offre parfois des surprises !

Au numéro 2 en 1946 il y avait 19 habitants en 8 ménages : une veuve G Bott sans profession, Jean Prost boucher, sa fille et une domestique, Marcel Prévot employé SNCF, deux horlogères, Henri Quenot et son épouse laitiers et deux employés André Derriot et sa fille (PTT)
Au numéro 3

En 1946 Camille Pierre né en 1886 propriétaire est employé PTT, son épouse SP, sa fille veuve Martin employée et 2 petits enfants
Aux n° 8 -1

23 habitants sont recensés en 11 ménages en 1946 aux numéros 8 /10
Charles Robbe Grillet est le seul sans profession,il est né en 1871, les autres ont des professions très variées : 2 couturières, 1 finisseuse confectionneuse, employé SNCF, veilleur de nuit, lapideur, bobineur, mécanicien, cuisinier, préparateur en pharmacie,
Aux numéros 5-7 : on dénombre 12 ménages et 34 habitants en 1946

4 travaillent à la SNCF, les autres professions sont variées : serrurier, plombier, mécanicien, ouvrière d’usine, employée de bureau dactylo, employée de commerce et 3 sans profession
Au n° 9
En 1926, un couple d’épiciers Emile Chédoz et son épouse, un comptable, une couturière, une employée de la Compagnie PLM et la famille Clivio, italienne, à la tête d’une entreprise de construction.
En 1946 maison Loulet : Charles Scalabrino horloger épouse épicière
1 représentant Joseph Martin, 1 mécanicien et des employés de bureau
au
Qui habitait au n° 11 en 1946 ?

Auguste Cattet né en 1879, son épouse et 5 petits enfants Daval
(encore présent en 1965)
Au 11 bis un employé SNCF et son épouse institutrice
Au n° 13 en 1946 32 personnes en 7 ménages
Henri Bouard, employé de commerce, Georges Vuilleumier employé de commerce, Louis Chevassut chauffeur, Simone Vacheron employée au cadastre, Henri Demainay professeur, A. Jarboeuf sans profession Curiosité : Raymond Membre né en 1896 voyageur de commerce, son épouse Gabrielle institutrice et leur fille née en 1936, qualifiée d’architecte au recensement de 1946 !!

Au n° 14 /16 en 1946, y résident
Maurice Schindler commerçant, Joseph Lombard ajusteur, Margueritte Larrin employée SNCF, Madeleine Barberot SP et Marie Bougeot
Le numéro 20 actuel De quel numéro parle-t-on ?

En 1891, Le plus âgé de la rue, Jean Claude Coupot a 94 ans, il habite au n° 20, il est classé comme chef de famille avec fille et petite fille et déclare la profession de fondeur comme son fils habitant à côté.
On a du mal à imaginer qu’au n° 20, une belle maison bourgeoise actuellement, vivaient 30 personnes : les familles Richard, Coulon, Lardier, Mairey, Savary, Petitjean et Coupot.
En 1927 : un rentier Emschwiller
En 1946, 2 ménages sont recensés au 20 / 22 ?
Louis Varechon SP né en 1861 et Denis Cussey peintre et son épouse Laure bonnetière
En 1965 ils sont indiqués au n° 18
Au n° 28, avant la construction de deux autres immeubles

En 1946, maison Gindre et 7 ménages : Marius Berche typographe, André Lenthold menuisier, 2 ouvriers SNCF et un commis au Trésor
Si vous avez des informations complémentaires, des photos anciennes et documents, n’hésitez pas à les envoyer à chapraisinfo@gmail.com
A suivre : les constructions, architecture et activités artistiques rue de la Rotonde
dernière réunion d’histoire de la saison jeudi 2 juillet à 15 h 30 : thème l’histoire de la rue du Château rose

