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Histoire des Chaprais : la rue Paul Bert entre Cras et Chasnot

Jeudi 23 avril 2026, salle remplie pour l’histoire des rues Paul Bert, Narcisse Lanchy et des Fluttes Agasses


L’association Vivre aux Chaprais poursuit son cycle mensuel de conférences sur l’histoire et le patrimoine du quartier des Chaprais en prenant de la hauteur. Il s’est agi en effet de retracer l’histoire du secteur situé entre Chasnot et Cras. 1°partie du compte rendu succinct.

Repérage sur les plans

Sur ce plan en couleur de 1834, on ne distingue pas de rues entre Chasnot et Cras, mais des terres cultivées, des vergers, et quelques vignes

Sur le plan Landresse de 1862 on remarque trois chemins presque parallèles entre Viotte et Palente : la route de Moulins à Bâle (future rue de Belfort), le chemin de Braillans (future rue des Cras) et la rue de « Flute Agasse »

Les Cras plan en 1862 Landresse

Sur le plan Bugnet, la plupart des rues sont tracées et de nombreuses maisons apparaissent

Si l’on étudie les 8 rues du secteur au recensement de 1936, on peut mettre en évidence ces statistiques. Deux rues se distinguent : la rue des Cras et la rue du Foyer Familial (future rue Romain Roussel) avec respectivement 426 et 211 habitants. La rue Paul Bert n’a que 49 habitants

Quel changement entre 1936 et 1946 ?

Les bouleversements qui ont marqué ces rues sont récents.

Qui sont les habitants de la rue Paul Bert ?

Pas de statistiques avant 1936 et à cette date, il n’y a que 4 maisons rue Paul Bert mais pas de numérotage.
Quels sont les habitants ?
Surtout de jeunes couples avec 2 enfants Deux exceptions : une belle mère cultivatrice de 59 ans et une (grand) mère de 71 ans.

La première maison appartient à Eugène Pétronin contrôleur des contributions indirectes. Il y habite avec son épouse Paulette employée aux PTT et leurs 3 enfants
Il est toujours présent en 1946. Et en 65, classé sans profession.

En 1946, sont recensés aussi Marie Cugnot concierge (et fils), Roger Raigier, photographe, son épouse institutrice, 3 enfants et sa belle-mère; Pascal Mathay né en 1886 horloger, son épouse Louise née Calame est institutrice, sa nièce élève infirmière;

Dans la deuxième maison, 10 ménages et 37 habitants en 1936. Elle appartient à Prost qui n’habite pas là. Edouard Pageault est boulanger, il loge avec son épouse et 2 fils
4 cheminots à la PLM : Alexis Robert, Gérard Vachez, André Mangin et Raymond Berthet. Paul Brun est greffier au tribunal, Antoine Vergnaud est sous officier; Pierre Richert est comptable et Georges Castel coiffeur chez Blanc

La 3e maison (côté pair) appartient à Robert Calame horloger chez Mougin Piquard (18 rue République) comme son épouse. Ils y logent ainsi que Henri Bévalot mécanicien à la Société Comtoise gazeuse. En 1946, ces 2 noms apparaissent encore, mais plus en 1965

En 1946 au n° 4, 10 ménages et 32 habitants dont Gédéon Valot né en 1887 propriétaire et sa fille employée PTT, Paul Guyenot chef de service et Rose son épouse coiffeuse ; Roger Vignol mécanicien, son épouse et 2 enfants; Gabrielle Talbot SP et Henri Valnet agent de police; Jean Bourquin imprimeur et épouse relieuse, Jean Varin chauffeur, Gérard Monnier voyageur de commerce et Raymond Lefranc employé SNCF
Dans la cinquième maison, moins de monde en 1946 : Noëlie Calame née Jaccard en 1866 propriétaire, Pierre Llaona électricien, épouse et fils; Michel Deygout 1896 employé de banque et son fils Pierre ébéniste et Aline Blum Montenoise Henri Belmonte horloger nés en 1912

Cette rue a connu des activités commerciales et artisanales : boulangerie et boucherie avec une succession de gérants à l’actuel n° 11

rue Paul Bert

Boulangerie : Edouard Pageault né en 1901 est recensé en 1936, présent en 1946 et 1965
Emourgeon en 1965, Guy Doussot en 1990, Maison Christe actuellement
Boucherie : J Prost en 36 et 46, Jean Decreuse en 65 au n° 3, Joseph Sainty tripier
SA Allemand au n° 11 (qui disposait de 4 établissements en 1990 rue Vesoul, Montrapon, marché couvert) et Frédéric Lagarde de 1985 à 2025. Paul Bonfils actuellement.

De Yema à Masnada, la rue Paul Bert a connu une activité industrielle d’abord horlogère

Yema rue Paul Bert

Le 7 mars 1947, la SARL Yema, dont le siège social est situé 49 rue Bersot, est autorisée à construire un immeuble à usage industriel sur un terrain lui appartenant rue Paul Bert. Une nouvelle société est fondée en 1948 par Henri Louis Belmont, qui réside dans cette rue. C’est un ancien élève de l’Ecole nationale d’Horlogerie de Besançon devenu directeur technique chez Lip. Il réunit des élèves issus des écoles nationales d’horlogerie. La société se spécialise dans la petite horlogerie haut de gamme et assemble des chronomètres et des montres, notamment des montres de plongée. Construite en 1948 ou 1949 au n°3 rue Paul Bert, l’usine consiste en un atelier en rez-de-chaussée de 6,50 m de large sur 17 m de long. En 1953, Yema fabrique plus de 100 000 montres et accède au marché américain. Cette même année est créée une filiale, Sormel (Société d’études hORlogères Mécaniques et ELectroniques), qui met au point des chaînes de fabrication mécanisées pour la fabrication de montres. Elle s’installe dans un local bâti 26 rue de l’Eglise.
Une nouvelle usine est construite pour la société Yema en 1954 ou 1955, d’après des plans de l’entreprise bisontine L’héritier, datés de juillet 1954. La société Yema est transformée en SARL en 1955. Un bâtiment provisoire de bureaux (aujourd’hui détruit) est établi au sud de la parcelle dans les années 1950. Une nouvelle usine est construite en 1960-1961 au 67 rue des Cras .

Yema 67 rue des Cras

Inaugurée en septembre 1961, elle emploie 200 personnes et est conçue pour une production annuelle de 300 000 montres.

Du personnel féminin chez Yema comme Sylvie, soeur d’une participante à la réunion

Après le transfert de l’activité, l’usine de la rue Paul Bert est vendue à la société Galvano, originaire de Fournet-Blancheroche (25), spécialisée dans le traitement électrolytique des pièces d’horlogerie et de bijouterie (plaquage or et argent).

Au début de l’année 1975, l’usine est occupée par la SARL Chrinoxa. Spécialisée dans la fabrication de boîtes de montres (200 pièces par jour), elle emploie alors sept personnes.

L’histoire de Masnada

En 1980, le bâtiment est occupé par la société Masnada (aujourd’hui Manda Diamant Joaillerie). Un atelier a été construit contre la façade ouest du bâtiment dans le dernier quart du 20e siècle.
Créée à Besançon, capitale des micro-techniques, en 1970, MASNADA est spécialisée dans la fabrication d’outils coupants et de pièces d’usure en diamant naturel (MCD) et diamant polycristallin (PCD & CVD-Diamant).


Joueur de première division, c’est par le rugby que Marcel Masnada arrive en 1964 à Besançon, de son Jura où il exerçait le métier de « brillanteur » (Taille de finition sur les brillants) à la coopérative de Saint Claude
L’entreprise s’agrandit en 1978 en prenant possession des anciens locaux de l’entreprise horlogère Bisontine YEMA
Entreprise individuelle, puis SARL, puis SAS
Marcel, le fondateur puis les fils Karl et Gregory et le petit fils Marc
Une automatisation progressive

L’entreprise déménage au 4 r Christiaan Huygens.
MASNADA est racheté en 2026 par le groupe Suisse HALPHAMICRON, plateforme suisse de référence, spécialiste de la fabrication de haute précision, née de la réunification de trois sociétés indépendantes – Vasconi SA, Imhof SA et TS Décolletage SA
Le bâtiment de la rue Paul Bert est maintenant occupé par un service de dépistage des cancers.

De l’école Paul Bert à l’EHPAD des Tilleuls

ancienne école Paul Bert

L’école est construite selon des plans établis en 1928

plan école Paul Bert

En 1936, la directrice de l’école maternelle, Germaine Humbert loge avec sa mère dans cette 4 e maison. En 1946, Bonnert directeur et Devin institutrice. En 1965, Mme Petitperrin directrice école maternelle et Boillot concierge

En 1967, l’école est trop petite, la commune décide de construire une deuxième école rue Lanchy : préfabriqués

Les effectifs de l’école maternelle inquiètent

En 2008 classe menacée à l'école Paul Bert

Une autre école primaire est construite rue Lanchy, les anciens bâtiments sont occupés par l’AOREVEN pour des activités périscolaires, ils sont démolis en 2010

émolition de l'école Paul Bert en 2010

La première pierre d’une future maison de retraite est posée

première pierre de l'EHPAD rue Paul Bert en 2014

L’ EHPAD des Tilleuls est inauguré

maison de retraite en 2013 rue Paul Bert

En face la maison de retraite, à l’angle de la rue Trémolières a été aménagé un square

Square Salomon, rue Paul Bert

Depuis le 16 juin 2007, cet espace est devenu le square Claude Salomon. Qui étaitg Claude Salomon ?

Ce fils, petit fils, arrière petit fils de cheminots est né à Besançon, le 13 mars 1949. Il a toujours habité aux Chaprais, rue des Jardins. Cadre à la Banque Populaire, il était connu pour son engagement syndical et associatif. En 1982, il devient conseiller général de notre canton ,  Besançon Est, sous l’étiquette du RPR, durant 19 ans.
En 1983, Claude Salomon est élu conseiller municipal de Besançon sur une liste d’opposition; il le restera également  jusqu’en 2001. C’est cette année là  que sa carrière politique se termine, son parti, aux élections cantonales, lui ayant préféré Jacques Grosperrin (actuel sénateur).

Portrait de Claude Salomon alors Conseiller Général
Mr. Claude Salomon : cliché communiqué par le secrétariat général di Conseil départemental

Claude Salomon est décrit comme un « homme de cœur et de tolérance ».
Lors de la séance du conseil municipal de Besançon, le 22 septembre 2005, le maire Jean-Louis Fousseret, dans un hommage rendu, le décrit comme « une personnalité attachante…Au-delà des divergences il a toujours été très attentif à la défense des intérêts de notre ville et ses interventions et son travail en commission furent toujours très constructifs, sans sectarisme, et de précieux conseil ».
Il est décédé  en 2005, à l’âge de 56 ans, emporté par une longue et douloureuse maladie.

Nouvelle transformation de la rue : la construction d’un nouvel ensemble immobilier à la place d’un espace boisé

espace vert supprimé rue Paul Bert

Le n° 8 rue Paul Bert : une résidence et la pharmacie des buis

après des travaux particulièrement pénibles pour les voisins un concassage sur place

Nuisances de chantier concassage rue Paul Bert
Concassage sur le chantier rue Paul Bert en mars 2011

A suivre : les rues Lanchy et Fluttes Agasses

A vos agendas ! Prochaine conférence d’histoire
jeudi 21 mai à 15 h 30 à la Cassotte

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