Election municipale : qui veut faire quoi pour les Chaprais ? (2)
Lieux collectifs, commerce, budget
L’élection municipale se déroule les 15 et 22 mars 2026. Les bisontins ont le choix entre 6 listes. Ils se décident en fonction de différents critères. Ce qui va changer dans la vie du quartier pourrait être un élément à prendre en considération. Notre association ne se prononce pour aucun candidat, il y a une diversité des sensibilités parmi les adhérents. Mais elle a décidé d’informer les Chapraisiens en posant simplement 5 questions aux candidats. Aujourd’hui, nous présentons les réponses aux trois dernières questions. Trois listes ont accepté d’être interviewées. Nous avons interviewé Anne Vignot, Ludovic Fagaut et deux représentants de Séverine Véziès.
Revoir la présentation des listes et les deux réponses aux deux premières questions
3. Quels équipements pour les réunions, le sport, la vie associative aux Chaprais ?

Le Centre Pierre Mendès France rue des Chalets
Les réponses
Liste Véziès
Notre programme propose la mise en place dans chaque quartier d’une maison du peuple et de l’autonomie. Il est vrai qu’aux Chaprais, le lieu reste à trouver, place de la Liberté ou près du Parc des Chaprais. Des locaux comme le centre Pierre Mendès France sont trop excentrés. De façon générale le quartier manque d’équipements collectifs ouverts à tous.
Anne Vignot
Il faut comprendre que tout équipement supplémentaire, c’est aussi des dépenses de fonctionnement supplémentaires. Nous préférons optimiser les moyens et mutualiser les locaux en particulier les locaux scolaires. La rénovation des écoles se traduit aussi par la possibilité d’isoler certaines salles pour une utilisation par des associations. Aux Chaprais, quartier très dense, nous recherchons des espaces qui pourraient être ouverts à tous et végétalisés comme l’est le Parc des Chaprais.

Ludovic Fagaut
La difficulté aux Chaprais, le plus grand quartier après Planoise, c’est qu’il est très étendu et qu’il n’y a pas de lieu central. On s’en rend compte lorsqu’on veut réunir les citoyens en période électorale. Où tenir la réunion ? Il y a bien la Cassotte…. Il faut engager la réflexion pour l’ouverture d’une salle associative. Faut-il envisager l’utilisation de l’ancien terrain Pomona ?

4 . Que faire pour maintenir un commerce de proximité et de qualité ?

Liste Véziès
Pour favoriser le commerce de proximité, nous préconisons un moratoire sur le développement des zones commerciales. Et la création d’une coopérative immobilière qui se porterait acquéreur de locaux commerciaux pour les louer à un prix modique à de nouveaux commerçants répondant aux besoins des gens du quartier.
Anne Vignot
Aux Chaprais, rue de Belfort en particulier il y a encore beaucoup de commerces, relativement peu sont vacants. Besançon est classée comme une ville qui a vu son taux de vacance baisser. Mais la tendance est fragile. Les nouveaux commerçants ont des difficultés à s’installer. Les loyers des locaux commerciaux sont souvent trop élevés. Les propriétaires ne sont pas incités fiscalement à louer, ils préfèrent parfois laisser leur local vacant des années.
Certains voudraient que la ville rachète ces commerces, mais faut-il encore que les propriétaires veulent bien vendre. Et le budget de la ville, n’est pas extensible. Il y a déjà une société mixte AKTIA pour proposer une offre immobilière pour les entreprises. Partout, les sociétés qui se limitent au commerce sont en perte. Il est possible de déclarer « en péril » un bâtiment inoccupé, abandonné, mais la procédure est longue et compliquée.
Il faut aussi stopper l’extension des zones commerciales à la périphérie. C’est un sujet de désaccord avec des maires de communes périphériques.
Pour que les commerces de proximité puissent résister, il faut des clients, il faut des familles. La création de logements est nécessaire. Ce sera bientôt le cas avenue Carnot à la place du Rectorat.

Ludovic Fagaut
Pour qu’un commerce tienne, il lui faut des clients, il faut que les voitures puissent s’arrêter. C’est le sens des 30 minutes gratuites de stationnement. Il faut donner envie à aller dans le quartier, il faut maintenir et développer les animations. On souhaite rétablir la course cycliste nocturne des Chaprais avec les commerçants.

5. Etant donné que la politique actuelle visant à réduire les dépenses publiques se traduit par une restriction du budget des collectivités, quel choix allez-vous faire ? Quelles dépenses doivent-elles être réduites ? Sacrifiées ?

Le budget 2025 de Besançon ; 28 % d’investissement
Liste Véziès
Nous sommes opposés à cette politique restrictive. La ville de Besançon a la chance d’être dans une situation financière saine. Il n’y a donc pas lieu de réduire les dépenses. Il ne faut pas avoir peur de s’endetter un peu plus pour réaliser les investissements nécessaires. Contrairement à d’autres nous avons chiffré nos dépenses.
Anne Vignot
En effet, l’État se désengage de plus en plus des services publics et se décharge sur les collectivités locales. L’exemple du guichet unique (France service) est révélateur : celui de Planoise est financé à 80 % par la ville. Dans cette campagne électorale, on rencontre beaucoup de gens qui voudraient que la ville prenne en charge telle ou telle nouvelle dépense. Nous avons décidé de ne pas tomber dans la démagogie qui consisterait à répondre oui à toutes les demandes. Nous voulons continuer une gestion saine sans dépenses somptuaires, mais en augmentant les investissements comme jamais et en réduisant la dette. Il faudra aussi revaloriser les salaires du personnel municipal.
Ludovic Fagaut
On ne pense pas réduire ou sacrifier, mais faire autrement, éviter les gabegies : ne pas installer par exemple des statues à 150 000 euros, cesser de subventionner la Pive cette monnaie folklorique qui ne sert à rien. Mais il y a des marges de manœuvre. Besançon est une ville très peu endettée par rapport à d’autres.

La répartition des dépenses de fonctionnement en 2025 à Besançon
Au premier tour, le 15 mars, les électeurs ont le choix entre 6 listes
Séverine Véziès, Ludovic Fagaut, Eric Delabrousse, Jacques Ricciardetti, Nicole Friess et Anne Vignot

A l’issue du scrutin des 15 mars et 22 mars, la physionomie du quartier des Chaprais et les règles de vie peuvent changer. Faites votre choix !

