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Gare de la Mouillère, avenue Droz, île aux Moineaux

Histoire et patrimoine : entre la place Payot et le pont de Bregille

Pour la troisième conférence dédiée au secteur de la rive du Doubs, la salle a fait le plein jeudi 15 janvier 2026

En novembre, il était question du contraste entre la rue des Noyers et l’avenue d’Helvétie. En décembre, la Promenade Micaud d’un côté, les Bains, le casino et les hôtels de l’autre.

Petit résumé de la conférence illustrée par la projection de plus d’une centaine de documents.

La gare de voyageurs de la Mouillère a été construite en pierre de taille sur les plans d’Alfred Ducat et inaugurée en 1884 après bien des difficultés financières

carte postale ancienne de l'ouverture de la gare de la Mouillère

Elle avait pour but de relier les villes de Besançon, Morteau, Le Locle et La Chaux-de-Fonds.
Un moyen d’attirer la clientèle helvétique vers la station thermale et touristique.

Gare de la Mouillère avec la Citadelle

Cette ligne était reliée à la gare Viotte et tout le réseau de la Cie PLM à ne pas confondre avec celui du Tacot : un chemin de fer sur des rails espacés d’un mètre dont une ligne remontait l’avenue d’Helvétie vers la porte Battant

Une autre ligne se dirigeait vers Amathay Vesigneux à partir d’une gare située à Rivotte (elle fut en service jusqu’en 1951)

Ce bâtiment n’était pas la seule infrastructure : il a fallu construire la voie ferrée avec ponts, tunnels et passages à niveaux depuis la gare Viotte et un pont métallique pour enjamber le Doubs, reposant sur deux piles. Il se prolonge entre la tour et la porte Rivotte afin de rejoindre la falaise en bas de la citadelle.


Il a été dynamité le 16 juin 1940 par l’armée française, réparé provisoirement, est à nouveau dynamité le 5 septembre 1944 par l’armée allemande

La gare a vu passer ensuite des autorails et des convois militaires vers Valdahon

La fréquentation touristique de la gare de la Mouillère ne résista pas longtemps. Le bâtiment surdimensionné fut démoli

Gare de la Mouillère en 58

le rond point de la Mouillère changea complètement d’aspect

Le plan indiquait la présence de l’hôtel restaurant Pernot près du passage à niveau et d’une cabine d’octroi

Sur cette photo, on voit aussi un entrepôt de vins Millot en face l’hôtel du Parc

A proximité de la gare de la Mouillère, comme souvent près des gares, on trouve un bar restaurant pouvant faire hôtel
La situation du restaurant Pernot est repérable par la présence de la passerelle à droite

Café restaurant Pernod

Hôtel -restaurant de la Mouillère appartenant à mademoiselle Laclef

Photo prise sous un autre angle, révélant une similitude avec l’actuel Casino Shop

En 1944, un mois après la Libération ce carrefour fut renommé Place Payot en l’honneur d’un journaliste suisse dont les chroniques radiodiffusées « encourageaient les bisontins durant la période sombre de l’occupation allemande »

La gare de marchandises et ses entrepôts occupaient un vaste espace

Avant de laisser la place aux constructions de l’île aux Moineaux, cet espace continua à être occupé par des voies ferrées et des entrepôts

C’était encore le cas en 1994

Entre temps, des incendies ont occasionné des destructions. D’abord l’explosion accidentelle d’un train d’essence fin 1944, puis en janvier 1966 l’incendie des entrepôts de l’entreprise de transport Virolle

Dans ces entrepôts se sont installées non seulement l’entreprise Virolle (dont les fondateurs sont originaires de Corrèze) rachetée par Calberson devenue Géodis mais aussi l’entreprise suisse de transport Danzas créée en 1815 à Saint Louis.

L’entreprise Danzas a connu un développement international exceptionnel avant d’être rachetée en 1998 par la Poste allemande Elle a été absorbée en 2003 par le groupe DHL

Des démolitions ont eu lieu en particulier celle de la maison des cheminots

gare Mouillère démolition

Et des travaux rue des Fontenottes parallèlement à la construction de nouveaux immeubles

Les nouvelles constructions place Payot et avenue Droz : Les Eaux vives

Une tour de 15 étages, construite en 1963 culmine à environ 47,8 mètres et constitue la quatrième construction la plus haute de la ville de Besançon. Elle est complétée par la résidence Les Eaux Vives, immeuble voisin qui forme une barre de 10 étages

Les plans sont l’oeuvre d’André Maisonnier architecte dijonnais qui a débuté avec Le Corbusier à Marseille en 1946. André Maisonnier a réalisé différentes villas très modernes en Haute Saône : villas Kielwasser en 1956 puis Malitchenko à Frotey-lès-Vesoul.

En 1963, une partie de l’immeuble est construite et la gare pas encore complètement démolie

L’île aux Moineaux

C’est la petite île au milieu du Doubs près de Micaud qui a donné le nom en 2004 à la voie qui dessert les immeubles construits à la place de la gare de marchandise de la Mouillère


Dans les années 2000, après la disparition de la gare de marchandises de la Mouillère le PLU a prévu tout un ensemble de constructions

Différents projets ont été imaginés.
Destinée essentiellement aux logements collectifs, 8 immeubles composent les cinq nouveaux îlots. Chaque bâtiment comporte six étages et un parking souterrain.

Les premiers immeubles et les derniers avec entre les deux un passage et une vue sur la rue des Fontenottes

Certaines résidences sont équipées de panneaux photovoltaïques disposés sur leur toit.
L’immeuble construit par le groupe Pichet obtient le premier prix national en matière de développement durable en 2008

Biocoop

Seul un immeuble (le plus au nord) est réservé aux activités tertiaires avec au pied un des rares commerce Biocoop. Actuellement on relève un grand nombre de services de santé.

En mai 2009, un passage souterrain a été aménagé sous l’avenue Droz entre la promenade Micaud et l’île aux Moineaux Il se prolonge jusqu’à la rue des Fontenottes

Micaud passage sous Droz en travaux

Les travaux les plus récents ont concerné en 2024 la modernisation de la ligne de chemin de fer dite des horlogers.

modernisation de la ligne des horlogers

Cela nécessita l’arrêt de la circulation des trains durant deux longues périodes.

gare Mouillère sans rails avril 2024

En avril 2024, il n’y avait plus de rails à la gare de la Mouillère.
Ailleurs, on utilisa un train usine particulièrement bruyant capable de soulever les rails et changer en même temps rail et ballast par en dessous

Après une première phase de modernisation de quelque 50 M€ il y a trois ans, la Région et l’État ont réinvesti 53,5 M€ dans une deuxième tranche de travaux, lesquels ont commencé le 4 mars et se sont poursuivis jusqu’au 31 octobre 2024
22 km de rails (sur 75) sont renouvelés sur cette deuxième phase de travaux pour un coût total de 53 millions d’euros, financés par la Région Bourgogne Franche-Comté, l’Etat et SNCF Réseau.
La Présidente de région, Marie Guite Dufay a inauguré la réouverture de la ligne le 14 novembre 2024. Il a été précisé que ce vaste chantier de 22 kilomètres, 28 entreprises y ont travaillé, 75 agents ont été mobilisés chaque jour (en moyenne), 13.600 heures d’insertion ont été réalisées et un train-usine de 450 mètres a permis de remplacer tous les composants de la voie ferrée en même temps pour un gain de temps et un respect des budgets
L’enjeu
Si 3.900 places sont proposées chaque jour sur la ligne des Horlogers, 2.100 sont utilisées par les usagers actuellement. En 2021, 1.236 actifs du Grand Besançon faisaient le trajet Besançon-Suisse. En 2024, ce chiffre a augmenté de 6% ”d’où le rôle important de cette ligne des Horlogers”, a souligné la maire. Mais actuellement 97% des travailleurs et travailleuses transfrontaliers effectuent leurs trajets quotidiens domicile-travail en voiture.


A suivre …

Un prochain article rendra compte de l’existence de la SNB devenue SNB et de la piscine située à proximité du pont de Bregille. Un autre sera consacré au pont de Bregille et aux différents ponts et passerelles édifiés dans ce secteur.

Merci aux différents contributeurs particulièrement à Christian Mourey et Thierry Pernet pour leurs photos.

Rappel les photos provenant de différentes archives ne sont pas libres de droit

Prochaine conférence d’histoire des Chaprais jeudi 5 février à 15 h 30
avec Mme Anne-Lise Thierry historienne de l’Art, auteur du livre
Une nécropole romantique Le cimetière des Chaprais à Besançon au XIXe siècle.

2e édition revue et augmentée

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