Histoire et patrimoine de l’Helvétie
Résumé de la conférence du 20 novembre (2e partie)

Revoir le premier article consacré à la rue des Noyers
Du chemin vicinal 14 à l’avenue de l’Helvétie
C’est en 1881 que cette belle avenue fut officiellement dénommée ainsi.

Le contraste est saisissant entre la petite rue des Noyers très densément peuplée et la grande avenue d’Helvétie dépourvue d’habitants ou presque.
Cet ancien chemin « de Bregille à la Mouillère », longe les rives marécageuses du Doubs petit à petit transformées en promenade. En conséquence, il reste de nombreux terrains disponibles dans les années 1880. Comme ceux-ci sont proches du centre ville, ils intéressent la municipalité. Ainsi de nombreux bâtiments publics peuvent être construits ici : les bains salins, le syndicat d’initiative, la gare de la Mouillère ou l’école de l’Helvétie.
Pourquoi cette dénomination ?
L’immigration helvétique est très forte à l’époque à Besançon : en 1886, on dénombre 3504 Suisses sur 4544 étrangers
Qu’y avait-il avant l’Helvétie ?

Qui habite avenue d’Helvétie ?
en 1901
Félicien Trouillot patron marbrier
Francis Roux marchand de ferraille, son épouse et 3 enfants
Louis Bouvet machiniste à la Cie PLM
Pierre Didier, exploitant d’une barque lavandière, son épouse et leurs 3 enfants

Le recensement de 1896, mentionne Louis Aubriot, déclaré comme anarchiste saltimbanque, en 1895 lutteur forain et en 1911 forain.

Son fils Charles né en 1884 est mentionné comme acrobate en 1904
Un pont relie la boucle et le secteur de la Mouillère
D’abord un .pont suspendu « fil de fer » depuis 1833
Puis le pont Saint Pierre en pierre en 1883

A gauche (en aval) de ce pont face à la rue des Noyers se trouvait la fontaine Billecul
Le plan d’aménagement prévoyait l’installation d’un urinoir
C’est à cet endroit que fut construit plus tard un monument en hommage au Comte Hilaire de Chardonnet (monument récemment rénové)
Qui était Hilaire de Chardonnet ?
Hilaire de Chardonnet est un aristocrate né le 10 mai 1839 à Besançon,. Il obtint un bac de sciences à 16 ans et poursuivit ses études à la fac de sciences à Besançon puis à Paris. Admis à l’Ecole Polytechnique, démissionna des Ponts et Chaussée pour ne pas servir l’empire, en royaliste convaincu. Il conserva jusqu’au bout, un mode de vie aristocratique avec un appartement de 14 pièces et 6 chambres de domestique à Paris où il est décédé en 1924.
Il se lança dans des recherches en physique et en chimie. Il présenta sa découverte, la soie artificielle à l’Exposition Universelle de Paris en 1889. Mais les industriels de la soie naturelle combattirent cette dénomination,

La Société de la Soie de Chardonnet est créée en 1889 et l’usine est mise en marche aux Prés de Vaux le 1er juin 1892. Les débuts furent difficiles. Cependant, en 1930, avant la crise, la Société de la soierie est le plus gros employeur industriel de la ville avec 761 salariés devant Weil (600) et les papeteries (500).
En face le pont Saint Pierre, Syndicat d’initiative et office du tourisme
D’abord à l’angle de l’avenue Carnot, à partir de 1912, une partie de l’immeuble est occupé par le Syndicat d’Initiative (dénomination donnée en 1897)
.
Un projet de pavillon du tourisme n’aboutit pas
En 1915, le Conseil Municipal adopte un projet de Pavillon du Tourisme, à l’emplacement de l’actuel monument Hilaire de Chardonnet. Il ne sera pas réalisé.
Voici la description de l’extérieur :
la façade principale fait face exactement à l’entrée du casino des bains ; elle comporte un vaste porche couvert surmonté d’un cadran d’horloge. Celle de gauche parallèle à l’avenue du pont, comprend une niche circulaire à grande ouverture qui servira d’abri aux personnes attendant les voitures des tramways bisontins et un magasin de papeterie, librairie, journaux. Dans la façade de droite parallèle à l’avenue d’Helvétie, est percée une niche semblable à la précédente et qui abritera les voyageurs au passage des trains de la Compagnie du chemin de fer de Vesoul.

Les façades de gauche et de droite supportant des marquises destinées à prolonger les abris et à tenir lieu de balcons aux fenêtres de deux petits logements situés à l’étage supérieur destinés au personnel de l’établissement.
La façade arrière, demi-circulaire, est percée de grandes ouvertures pour l’éclairage des salles de rez de chaussée et du sous-sol.
En 1969 : le pavillon de l’office du tourisme est construit à l’entrée du Parc Micaud

Le pavillon a été construit sur les plans de l’architecte Michel Demenge
Il est caractérisé par une construction toute en verre à l’extérieur. 
Michel Demenge, fils de Raoul Demenge, miroitier, est un architecte né à Besançon le 29 juin 1930 et décédé le 6 décembre 2021. Il obtint son diplôme d’architecte en 1965. Durant sa formation, il aura travaillé dans le cabinet de Charles Le Maresquier à Paris, et croisé quelques grands noms de l’architecture du XXe siècle, Le Corbusier et Mies Van der Rohe, lors d’un séjour à Berlin.
Il se voit confier le projet de construction du pavillon de l’Office de tourisme de Besançon inauguré en 1969 qui a été labellisé Architecture Contemporaine Remarquable en 2004.
L’office de tourisme et des congrès du Grand Besançon a quitté le parc Micaud et a accueilli le public dans les locaux de l’Hôtel de Ville de Besançon place du Huit septembre. à partir du 4 mai 2019. Le bâtiment est devenu durant quelques années un restaurant gastronomique Le Parc.
Les écoles de l’Helvétie
L’école Helvétie a été construite en 1911. Elle comporte actuellement trois bâtiments : celui de l’école maternelle, situé à l’angle des rues Helvétie et Victor Delavelle, celui situé le long de l’avenue d’Helvétie, accueillant l’école élémentaire, et l’extension plus récente située à l’angle de l’avenue d’Helvétie et de l’avenue Denfert Rochereau.

A l’angle de la rue des Noyers et de l’avenue d’Helvétie, se trouve l’école maternelle.
Les recensements montrent que la directrice et le concierge y habitent.
Un article du Petit Comtois indique que le froid règne dans les classes en 1919.
On trouve ici, un extrait d’un menu de 1911 : soupe ou potage

le menu de la cantine (dans le bâtiment de Maternelle) est signé de Marguerite Weiss.
Aux archives, on trouve également des lettres de Emilie Gerber née Baud, présente en 1926 et 1931. Elle écrit à la mairie pour demander un téléphone et des urinoirs pour les garçons
L’école élémentaire

L’école de l’Helvétie fut réquisitionnée pour devenir hôpital temporaire

Comme plusieurs écoles dont celle de la rue d’Arènes, l’école d’Helvétie devient un Hôpital Complémentaire n° 5 Besançon durant la première guerre mondiale. Il comporte alors 200 lits et fonctionne du 9 octobre 1914 au 18 septembre 1916.
En 1931, une directrice célèbre Marthe Caffot ex-femme de Louis Pergaud
Le recensement de 1931 mentionne la présence de Marthe Caffot, directrice d’école, née en Marthe Caffot épouse Louis Pergaud le 25 septembre 1903 à Belmont et ils s’installent à Landresse en 1905. La mésentente règne dans le couple, qui n’aura qu’un enfant, Gisèle, née en avril 1904 et morte en novembre de la même année.
En octobre 1907, Pergaud annonce à sa femme, par lettre, son intention de mettre fin à leur mariage ; il fait même rapidement enlever une partie du mobilier.
Dès novembre, Marthe décrit sa triste situation dans une lettre poignante à son Inspecteur d’académie : « je suis seule à présent et destinée à rester seule ». Elle demande un changement de poste pour se rapprocher de ses parents, qui pourront lui « donner les soins et les consolations dont [elle a] besoin ». Elle accepte ainsi le poste de Malpas en janvier 1908 et reprend rapidement son nom de jeune fille.
Le 14 janvier 1910, la cour d’appel de Besançon confirme le jugement de divorce en sa faveur, donnant tous les torts à Louis Pergaud, qui doit lui verser une pension alimentaire.
Nommée à Morteau après Doubs et Levier, elle se porte candidate pour le poste de directrice de l’école Helvétie de Besançon, en affirmant qu’elle ne peut plus « continuer à vivre dans un pays de brouillard et de froid comme Morteau » néfaste à sa santé.
Les photos de classe mettent en évidence une augmentation des effectifs
Pour les filles de 28 en CP en 1928 à 34 en 1958
Pour les garçons de 28 en 1955 à 32 en 1964
Les statues :

La statue du Marquis Jouffroy d’Abbans est en fait une copie partielle d’un monument qui fut érigé à sa gloire au centre de la place Jouffroy, à l’issue d’une souscription publique nationale. L’inventeur de la navigation à vapeur y était représenté un compas à la main aux côtés de la maquette de son bateau. Cette effigie se dressait sur un haut piédestal dont trois faces s’ornaient de bas-reliefs de bronze retraçant les étapes de sa découverte de la navigation à vapeur. Ce piédestal reposait sur une fontaine composée de deux vasques. Le sculpteur franc-comtois Charles Gauthier était l’auteur de la statue et des bas-reliefs, l’architecte Saint-Ginest celui de la fontaine.
La statue de Proudhon

La statue en bronze de Pierre-Joseph Proudhon, a été réalisée par le sculpteur bisontin Georges Laethier élève de Just Becquet. Elle a fait l’objet d’un concours organisé en 1909 afin de célébrer le centenaire de la naissance de ce penseur célèbre né à Besançon (mort en 1865). Selon Lionel Estavoyer, cette sculpture est la copie exacte d’un dessin de Marcel Bouterrin qui avait lui aussi concouru. Proudhon assis feuillette un livre et médite.
Derrière lui, la Justice porte haut la flamme de la vérité et pose la main droite sur l’épaule du philosophe. Un forgeron musclé, l’air admiratif, s’appuie au piédestal pour offrir à Proudhon une branche de laurier.
Elle fut inaugurée par le Président de la République Armand Fallières, lors de sa visite officielle à Besançon les 13, 14 et 15 août 1910 ( il inaugura aussi, à cette occasion, la grande Poste de l’avenue Gambetta, de l’architecte Forien). Elle fut détruite durant l’occupation allemande en 1941
Voir la suite le jeudi 18 décembre
Prochaine conférence d’histoire des Chaprais
jeudi 18 décembre 2025 à 15 h 30 à la Cassotte
Zoom sur l’avenue Droz, Micaud, les Bains et la gare de la Mouillère

