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Histoire de la rue des Noyers très peuplée fin XIXe

Compte rendu de la conférence du 20 novembre (1e partie)

La conférence mensuelle de l’association Vivre aux Chaprais était consacrée à l’histoire comparée de deux rues proches, mais opposées : la rue des Noyers (devenue rue Krug) et l’avenue d’Helvétie
Conférence du 20 nov 25 Helvétie Noyers

plan Valluet 1848

Sur le plan Valluet Jeune de 1848 une rue des Guinguettes entre les jardins et les parcs.
On distingue à droite de la rue qui mène au pont suspendu, les vestiges d’un parc qui fut magnifique. Il allait de la rue de la Mouillère jusqu’au chemin bordant la rivière où là, il repartait jusqu’ à hauteur de l’actuelle rue Krug. C’était le parc de la villa de l’architecte Colombot.
A proximité de la brasserie de la Mouillère,  un jardin présente les mêmes caractéristiques. C’était celui d’une très belle demeure d’après l’abbé Baverel, celle du brasseur de la Mouillère.
Ces deux propriétés ont été détruites sur ordre de Marulaz, lors du blocus de 1814

La rue des Chaprais avant 1840
Au début du XIXe siècle, vers 1835, l’actuelle avenue Carnot n’était pas encore tracée en face le pont « fil de fer », mais les futures avenue de l’Helvétie et rue Krug sont tracées

Plan Landresse 1862
Sur le plan de 1862, la gare Viotte apparaît, la future avenue Carnot est tracée mais sans constructions, alors qu’elles sont très nombreuses rue des Noyers

Rue des Noyers vers 1875



Population de la rue des Noyers
A la fin du XIXe la rue des Noyers est très densément peuplée. Sa population atteint 350 habitants. Elle décline ensuite au début du XXe siècle

plan rue des Noyers début
Au début de la rue, on note côté pair, les propriétés Grosperrin puis Alexis Emourgeon. Côté impair, pas d’habitant avant le n° 9 : un jardin appartenant à la veuve Magnin, puis la propriété de Florentin André.

Au n° 9, en 1891, 5 ménages : 6 journaliers, 2 blanchisseuses, une tailleuse de robe, 2 tonneliers, 1 horloger, une rentière, un ancien huissier

La roue de secours, 13 rue Krug
Pas de n° 11 mais au n° 13, habitent 7 ménages :en 1886 28 habitants dont Alphonse Maignère, loueur de chevaux, sa femme et leurs 3 filles + 5 « domestiques », Jean Cabriol maréchal ferrant, femme et enfant + 2 ouvriers dont un Suisse Albert Leuba, un receveur des contributions, sa femme et leur fille, et d’autres professions : charpentier, serrurier, comptable, domestiques lingère, couturière, blanchisseuse, journalière.
Au recensement suivant, 16 habitants seulement et on ne retrouve aucun nom identique. Les professions ont changé : 2 cheminots à la Cie PLM, plusieurs horlogères chez Huguenin, Groslambert ou Geismar; des ouvriers chez Beckerich et un camionneur, un imprimeur et des femmes Journalière, repasseuse, blanchisseuse, femme de ménage
.

Au n° 15 en 1886, 26 habitants répartis en 8 ménages : avec une variété de professions : Veuve Rozet débitante, Joseph Bastien cocher, Emile Orsat brigadier de police et un menuisier suisse, 3 horlogers ou horlogère, et mécanicien, comptable, journalier, domestique, deux laitières, une blanchisseuse et une ménagère.

En 1926 s’implante la Ruche, entreprise horlogère .

La Ruche boîtes de montres
Une société a été créée en 1906 par François Grivet actuelle place du Jura. En 1926, renait une nouvelle entreprise de boîtes en métal grâce cette fois à 4 associés, MM. François Grivet, Oscar Rossel, Virgile Marc et Henri Marc, elle reprend le nom de La Ruche

au n° 17 on décomptait 16 ménages et 42 habitants en 1886

La famille Droz comprend 10 personnes père menuisier, femme couturière, fils pâtissier, journalier, imprimeur, fille journalière, Louis Humbert-Droz et Edouard Schuter cordonniers
Louis Muller maçon, Pierre Stahl charpentier allemand= alsacien, Elise Hausknecht couturière allemande, Marie veuve Richet cabaretière et domestique, Julien Brun cocher, Auguste Robert horloger, Armand Jobin horloger suisse, Georges Millot typographe, François Petit coiffeur et Joseph Grosjean propriétaire

Qui habitait au n° 19 ?
19 ménages et 69 habitants en 1886 dont les professions sont liées à l’horlogerie ou au bâtiment

4 menuisiers charpentier dont un allemand, 1 tonnelier,1 serrurier, 1 maçon, 3 dans l’horlogerie dont JB Grevet monteur de boîtes, Paul Hatot voyageur, 1 employé d’octroi, 1 employé PLM
Vve Grandguillaume marchande, 2 typographes, 4 couturières 2 autres ouvrier / manoeuvre et 2 rentiers

En haut de la rue des Noyers à l’angle de l’avenue Carnot, on remarque deux commerces et la propriété de « Mabile curé des Chaprais » sur lequel nous manquons d’informations

haut de la rue des Noyers curé des Chaprais Mabile

Côté pair la propriété d’Henri Lasibille, Ernest étant entrepreneur de plâtrerie peinture en 1901
en face du jardin de l’horticulteur Calame sur le terrain duquel sera construite l’église du Sacré Coeur
Avenue Carnot horticulteur Calame
Côté pair on observe une plus grande stabilité

Alexis Emergeon  est présent plus de 50 ans, Pierre Party + 40 ans, Narcisse Péquignot puis Jules : + 70 ans, Martin : + 50 ans, Cretin : + 40 ans, Guyon : + 40 ans, Famille Lasibille (Alphonse, Ernest) : + 35 ans, Bourquin : + 30 ans, Bourgeois : + 25 ans, Pataillot Charles : + 25 ans

On remarque au n° 6 : la famille Paceliet (restaurateur) avec domestique, au n° 10 : la famille Tripart (propriétaire), au 12 : la famille de Narcisse Péquignot (tonnelier) et Hipolyte Deloeil (épicier),

Au n° 14 on dénombre 5 familles dont celle d’Alexis Emourgeon, né en 1833, loueur de voitures et en 1901, la famille François Party (forain de mercerie)
Au n° 16 s’implante une entreprise horlogère A. Loiseau et Cie

Horlogerie Loiseau rue des Noyers

Louis Arthur Loiseau est né en1863 dans l’Indre, marié en 1887 à Besançon avec Jeanne Gruet, ils eurent 3 enfants. Mesurant 1,46 m, il est dispensé de service militaire. Il habita à Battant (rue école et Madeleine). Fabricant et commerçant, il obtint des prix et une grande notoriété, fournisseur de la marine. Mais il fut condamné pour contrefaçons dans un catalogue. L’entreprise vendue en1911 a été reprise par Ogier. Il est décédé en 1925.

Aux numéros 16 et 18, en 1891, Hippolyte Deloeil, épicier et Joseph Vuillemenot, marchand de charbon.
Au n° 20 trois famille dont un chaudronnier et une épicière

Au n° 22 : on dénombre 24 ménages et 63 occupants dont 5 domestiques, 5 tonneliers, 10 horlogers, beaucoup d’ouvriers et couturières ; il y a 8 étrangers : 3 italiens et 5 autrichiens.

Plus récemment dans les années 1980, il y a encore un bar le Krug qui fait restaurant
22 rue Krug

Au n° 26 : il faut attendre 1936 pour avoir 18 occupants se répartissant en 6 familles (1 instituteur honoraire, 1 comptable, 1 horloger, 1 employée, 1 prof. de lycée et 1 plâtrier peintre).

A la Libération, la rue des Noyers a été pavoisée
rue Dunoyer Krug à la Libération

En 1952, la rue des Noyers changea de nom elle devint la rue Krug

Qui était Charles Krug ?

Paul Charles Krug est né en 1872 à Strasbourg d’un père fabricant de choucroute.
Il fit des études de droit à Nancy avec pour sujet de thèse Le féminisme et le droit civil français présentée en 1899. Il s’installa comme notaire à Besançon jusqu’en 1931.

Charles Krug

De tendance radicale socialiste, il a été élu conseiller municipal,  puis maire en 1919. Fait remarquable, il dirigea une municipalité comprenant aussi bien des adjoints radicaux comme Siffert (qui lui succéda), un socialiste : le docteur Baigue, et des hommes de droite comme Ducret et le docteur Heitz.
Charles Krug est mort à Paris en 1947.

Si le milieu de la rue n’a pas connu beaucoup de changements, ses deux extrémités ont connu des bouleversements.
Au bas de la rue avait été construite une importante villa, celle du docteur Sexe

Photo de la villa Sexe, en 2001, avant sa démolition

Cette villa fût construite entre 1911 et 1912. Elle était constituée d’un s/sol, d’un RDC surélevé de 1 m. environ pour pallier les inondations (1910) et de 2 étages.
Le docteur y intégra beauté (parquets de chêne, cheminées en marbre surmontées de miroirs, mosaïques de style art moderne…) .

Très beau carrelage, style art déco, dans une salle de bain
et confort moderne (chauffage central, cabinet de toilettes dans toutes les chambres, salle de bains…)
Le RDC était réservé au cabinet médical et les étages à l’habitation.
Vendue en 2001à un promoteur immobilier, la villa fut démolie
Photo de la villa Sexe en grande partie démolie dès début octobre 2001
et remplacée par un immeuble

Le petit bâtiment de la villa Delavelle construit à l'angle des rues Krug et Delavelle en lieu et place de la villa Sexe

A la place des magasins Grosperrin fut construit le siège de la Banque Populaire.

En haut de la rue, à l’angle de l’avenue Carnot, après la construction du Sacré Coeur,

haut de la rue Krug et l'église du Sacré Coeur

Au 21 avenue Carnot, s’installe vers 1931 la société Sarda dans un bâtiment construit par Paul Painchaux. Un deuxième étage est rajouté en 1947. Le patron est domicilié au n° 30 rue Krug
L’entreprise a été fondée par Hyacinthe Sarda en 1893 et établie à l’origine quai Veil-Picard

montres Sarda DIFOR
Sarda s’associe à la DIFOR (vente par correspondance) au début des années 60. En 1978, on trouve le fabricant d’horlogerie Cypris, puis une agence de la BNP. et depuis peu  l’agence immobilière Mourey.


dans un prochain article sera résumé la suite de la conférence portant sur l’avenue de l’Helvétie
helvétie, dElavelle, Noyers, statue de Proudhon


La prochaine réunion d’histoire des Chaprais portera sur le secteur voisin : l’avenue Droz, le parc Micaud, les Bains et la gare de la Mouillère


La prochaine conférence aura lieu jeudi 18 décembre à 15 h 30
au Foyer de la Cassotte, 18 rue de la Cassotte




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