Histoire de la Promenade Micaud
Bref compte rendu de la réunion du 18 décembre 2025

La salle de la Cassotte a fait le plein jeudi 18 décembre
Après avoir comparé la rue des Noyers (très peuplée) et l’avenue d’Helvétie (sans habitants ou presque) en novembre, il s’agissait de poursuivre l’histoire de ce secteur des Chaprais situé au bord du Doubs : Micaud, les Bains et l’avenue Droz
En première partie, la Promenade Micaud, un jardin à « l’anglaise » conçu par Alphonse Lacroix
A l’origine, 3 hommes : le maire Agathe Micaud 
qui envisagea dès 1830, malgré l’opposition de l’armée, un espace hors les Murs pour aérer les Bisontins, en confiant le projet à Alphonse Delacroix et le maire suivant, Léon Bretillot, qui décida de lui donner le nom de Micaud en signe de remerciement.
Alphonse Delacroix (1807-1878) 
Quand Delacroix dépose son projet, il existait déjà à Besançon deux promenades Granvelle et Chamars. Son projet est à la fois complémentaire et en rupture complète.
A l’époque déjà, on opposait pour simplifier le jardin à la française tracé au cordeau de lignes droites, avec des massifs bien taillés au jardin à l’anglaise avec ses lignes courbes et ses grands arbres.
Le projet de Delacroix relève résolument de cette seconde conception. Il s’inspire aussi de parcs allemands ou italiens, mais est très en avance sur des réalisations comme les Buttes Chaumont à Paris.
La lecture des explications de Delacroix révèlent un projet très élaboré avec des préoccupations très modernes.
Dès l’entrée, située du côté du pont de la République, on remarque une composition pour mettre en valeur l’environnement, c’est à dire le Doubs et la Citadelle en arrière plan.
La rivière est perçue comme un lac venant agrémenter la promenade. Un espace est dégagé entre deux grands arbres permettant un angle de vue de 22 ° réputé le meilleur pour le regard humain.
Dans cette première partie du Parc, Delacroix a conçu des espaces différenciés : un « rond point pour les petites filles », et un espace plus dégagé pour les garçons avec un « promenoir » aux nombreux bancs pour les parents.
Le parc est également différencié pour être apprécié selon les saisons et selon l’heure de la journée.
Delacroix a des préoccupations hygiénistes : le parc doit aider « au bien-être nécessaire aux habitants de Besançon ». Certains secteurs sont rehaussés pour profiter du « bon air ».
On remarque un bosquet de transition qui cache la vue sur la suite de la promenade. On remarque trois hêtres différents dont un hêtre à feuilles de fougères, très rare.
Un belvédère est aménagé pour apprécier le barrage sur le Doubs.
Une autre partie a été aménagée pour créer un « plafond de verdure » avec beaucoup de grands platanes
Le parc est également différencié pour être apprécié selon les saisons et selon l’heure de la journée.
Delacroix a des préoccupations hygiénistes : le parc doit aider « au bien-être nécessaire aux habitants de Besançon ». Certains secteurs sont rehaussés pour profiter du « bon air ».

On remarque un bosquet de transition qui cache la vue sur la suite de la promenade. On remarque trois hêtres différents dont un hêtre à feuilles de fougères, très rare.
Un belvédère est aménagé pour apprécier le barrage sur le Doubs.
Une autre partie a été aménagée pour créer un « plafond de verdure » avec beaucoup de grands platanes
Plus de 400 arbres plantés
De nombreuses espèces d’arbres ont été plantées (hêtre pourpre, févier d’Amérique, savonnier, pin laricio, pin pignon, pin du lord (pinus strobus), paulownia, marronnier rouge…), achetées chez des pépiniéristes des Chaprais comme Lavigne ou plus loin chez Baumann, de Bollwiller (68).
Pour donner une ide de l’ampleur de cette réalisation, on peut retenir que plus de 400 arbres ont été plantés dont 111 platanes commandés au pépiniériste Lavigne des Chaprais,

Delacroix dessine aussi un chalet pour le gardien qui était chargé de surveiller et d’entretenir la promenade.
Entre 1911 et 1936, les recensements nous mentionnent le même gardien Adolphe Bardin.
Le chalet en photo est le deuxième construit sans douté fin XIX début XXème siècle.

Chalet du gardien à ne pas confondre avec l’hôtel bar devenu Le Bristol Il proposait des repas froids à toute heure pour 1,50 F avec vin de pays
En 1895, la Ville a décidé d’ajouter un espace de musique et de spectacle, le kiosque. Il se trouvait sur la place de la Révolution
En 1860, Besançon, capitale de l’horlogerie française, accueille une exposition universelle. Pour l’occasion, Brice Michel métamorphose la place de la Révolution en jardin temporaire, traversé par un cours d’eau et une cascade.
Cette création rencontre un tel succès que la Ville la réutilise pour la promenade Granvelle.
En 1883, une partie de la cascade déménage à Micaud.
Les colonnes qui se trouvent dans le parc Micaud proviennent d’un hôtel particulier situé au n°2 de l’actuelle place Jean Cornet. À la Renaissance, cette demeure appartenait à la puissante famille Granvelle. Actuellement, il ne reste plus que deux colonnes
Deux sculptures sont présentent dans le Parc :
la première en hommage à Louis Pergaud : le sculpteur Antoine Bourdelle réalise une maquette qui sera agrandie et coulée dans le bronze dans les ateliers du fondeur d’art Alexis Rudier. Le monument est inauguré le 19 mai 1932. Le sculpteur a pris le parti de le montrer en poilu dans une tranchée. À ses pieds, la mort tient une banderole sur laquelle est écrit « Comtois rends-toi ». L’écrivain lui répond sur une autre banderole « Nenni ma foi ». Sous le régime de Vichy, la sculpture est retirée pour être fondue mais est sauvée par la fille du sculpteur. Elle est réinstallée en 1946
La seconde sculpture est un buste de Just Becquet
Ce monument a fait l’objet d’une souscription nationale après ses obsèques solennelles à la basilique de Saint-Ferjeux le 28 février 1907 (il est mort à Paris le 25 février).
Dès le départ, c’est Henri-Léon Greber (né à Beauvais en 1854, mort à Paris en 1941), présenté comme un élève de Just Becquet, qui est choisi. Le buste est inauguré en 1909 dans les parterres de la promenade Micaud. Il fut restauré en 2016
Des animations ont été proposées : location de bateaux, promenade en âne, en poneys etc …Il était même prévu de ramasser le crotin. Le jeune garçon photographié dans les années 50 Alain Demougeot était présent à la réunion
Compte rendu à suivre : les Bains, salle des fêtes, casino et hôtels
Prochaine réunion : la Gare de la Mouillère, l’avenue Droz, l’île aux Moineaux
Jeudi 15 janvier 2026 à 15 h 30 à la Cassotte

