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Le monument d’Hilaire de Chardonnet est restauré

L’inventeur de la soie artificielle est mieux mis en valeur à côté du pont de la République


Le monument restauré à la mémoire d’Hilaire de Chardonnet a été inauguré samedi 5 juillet par Anne Vignot maire de Besançon en présence d’une vingtaine de personnes dont Aline Chassagne adjointe à la culture et Laurent Croizier député

Anne Vignot inaugure Chardonnet

Hilaire de Chardonnet monument restauré
Voici son aspect original

Fontaine Chardonnet

et son aspect en 2005

monument Chardonnet fleuri septembre 2015
Les travaux de restauration ont duré plusieurs mois avec une protection voir l’article du 5 février 2025

monument empaqueté 4/2/25

Le buste situé au sommet du monument a été sculpté par sa fille Anne
Les sculptures en bas-relief ont été réalisées par Georges Laëthier
Près du pont de la République, le monument Hilaire de Chardonnet
Près du pont de la République, le monument à la gloire d'Hilaire de Chardonnet



Qui était Hilaire de Chardonnet ?

Hilaire de Chardonnet en 1886

Un aristocrate

Né le 10 mai 1839 à Besançon, fils de Marie Gustave de Chardonnet professeur et de Marie Louise Christine Pautenet de Véreux. Il ne fréquenta pas l’école, recevant sa première instruction dans la famille. Il obtint un bac de sciences à 16 ans et poursuivit ses études à la fac de sciences à Besançon puis à Paris. Admis à l’Ecole Polytechnique, démissionna des Ponts et Chaussée pour ne pas servir l’empire, en royaliste convaincu. Il se maria avec Camille, fille du Comte Léopold de Ruolz à Lyon. Il était un fidèle du Comte de Chambord. A sa mort, il s’éloigna un peu de la politique, tout en conservant jusqu’au bout un mode de vie aristocratique avec un appartement de 14 pièces et 6 chambres de domestique à Paris où il est décédé en 1924.

Un chercheur

Il se lança dans des recherches en physique et en chimie. Après bien des efforts, et l’idée de mâcher une bulle de collodion et de l’étirer comme un ver à soie, il réussit à coaguler des fils de collodion en 1884. Il présenta sa découverte, la soie artificielle à l’Exposition Universelle de Paris en 1889. Mais les industriels de la soie naturelle combattirent cette dénomination, on parlera de chardone puis de rayonne.
La Société de la Soie de Chardonnet est créée en 1889 et l’usine est mise en marche aux Prés de Vaux le 1er juin 1892. Les débuts furent difficiles. Il a fallu résoudre le danger de l’inflammabilité. Finalement ce sera de la « cellulose pure » . Un savant pas très doué pour les affaires.
On le moquait pour sa manie à faire des cocottes en papier.


Les usines des Prés de Vaux : soierie et papeterie vers 1883

En 1930, avant la crise, la Société de la soierie est le plus gros employeur industriel de la ville avec 761 salariés devant Weil (600) et les papeteries (500).

Gilles Champion apporte les précisions suivantes :
Le monument est une conception de Maurice Boutterin architecte grand prix de Rome et est réalisé par les sculpteurs Lisa de Châteaubrun et Georges Laëthier avec de la pierre de Dole. Le buste au centre en haut n’a pas été sculpté par Anne la fille de l’inventeur, il s’agit d’un agrandissement du buste que l’on peut voir au musée des Beaux-Arts de Besançon. Sur le bas relief on aperçoit l’usine des Prés-de-Vaux. Les mosaïques du miroir d’eau sont l’oeuvre de Joseph Genzi. Le monument a été inauguré en grande pompe le 28 mai 1936 en présence des deux frères Lumière, amis de l’inventeur et sous la présidence de Jules Jeanneney, président du Sénat. Le vicomte Truchis de Varenne président de l’Académie des Sciences et Belles-lettres de Besançon à qui l’on doit l’initiative de la commémoration a rappelé la biographie du comte de Chardonnet avec à ses côtés Gabriel Bertrand, professeur à la Sorbonne. Comme je l’ai rappelé ce matin à l’invitation de Madame la Maire, Hilaire de Chardonnet consacra toute son immense fortune ainsi que celle de son épouse à la réalisation de ses travaux et il est mort ruiné. La ville de Lyon a élevé un monument sur la colline de la Croix-Rousse, Besançon a baptisé une avenue à son nom et le centre de formation des apprentis porte son nom ainsi qu’une rue et un lycée professionnel à Rennes.


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