Cinéma : La convocation, caméra d’or à Cannes
La convocation : une affaire de harcèlement
La caméra d’Or de Cannes s’en prend au harcèlement dans un établissement scolaire. Un sujet complexe
C’est un film réalisé par Haffdam Ullman Tandel, le petit fils de Bergman, un premier film qui a obtenu la Caméra d’or à Cannes en 2024. Le cinéaste met en scène dans un huis-clos des parents d’élèves convoqués dans un établissement scolaire afin de régler une situation de crise : le petit Jon 6 ans a été découvert pantalon baissé dans les toilettes du lycée. Il aurait été agressé par Arnaud.

L’important pour la direction de l’école est de ne pas trop en parler, de ne pas faire de vague selon une procédure mise en place rapidement. Une jeune enseignante réunit les parents. La mère du présumé coupable qui est actrice va s’installer dans le récit en jouant un rôle qui dépasse celui qui lui est attribué. A un moment, elle éclate de rire pendant très longtemps mettant extrêmement mal à l’aise les protagonistes.

Car le film s’installe dans l’intime et la souffrance de chacun, les non-dits, douleurs cachées. Le rire grinçant s’efface devant des larmes. L’apparente vérité côtoie le mensonge. L’établissement scolaire est une scène de théâtre avec des plans de couloirs en profondeur. Personne ne peut s’échapper de ses propres traumatismes. Je vous laisse découvrir le déroulé de ce film terrible et à bien des égards bergmaniens avec des gros plans sur les visages où le réalisateur capte l’obscurité. Le film ne fait pas apparaître les enfants mis en cause et dérive parfois avec des instants oniriques de danse dans les couloirs qui font trop oublier qu’il s’agit une affaire grave de harcèlement. Justement là où il aurait fallu resserrer le récit. Michèle TATU

