Histoire des rues Tristan Bernard et Pateu (2e partie)
Un chemin de jardins transformé en rue résidentielle avec lotissement et grands ensembles
Suite du compte rendu de la réunion d’histoire des Chaprais du 13 février 2025 qui avait réuni une cinquantaine de participants dont des habitants des rues Tristan Bernard et Pateu. Après avoir présenté dans un premier article, les différentes dénominations de cette rue et le personnage de Tristan Bernard, le premier article présentait l’histoire du côté pair de la rue.

Quels changements a-t-on observé côté impair ? ils sont énormes

Sur ce plan de la future place des déportés on observe le ruisseau Fontaine Argent encore partiellement découvert et à l’angle de la rue des Jardins un terrain appartenant à Marie Boisson sur lequel sera construit le Marly : un atelier, un logement et un petit hangar.
Des photos prises en 1943, durant la guerre illustrent bien ce carrefour : un défilé de soldats allemands pour l’enterrement des victimes du bombardement de juillet 1943

C’est sur ce terrain qu’a été construit par la SMCI ce grand immeuble : le Marly
Plan masse du Marly

Au pied de cet immeuble les commerces ont changé plusieurs fois avec le SUMA

Les anciens habitants du début de la rue
Des numéros qui changent
Au n° 1, Jules Laurent est propriétaire depuis le recensement de 1921, le terrain Sommereisen était déjà à ce dernier, mais devait être numéroté sur la rue de Jardins. Puis, comme il avait une entrée sur la rue Tristan Bernard (suivant les plans), la mairie a décidé de mettre le n° 1 à son terrain; de ce fait Laurent est devenu 3 et 5, mais est resté toujours sur le même terrain.
En 1926, Laurent est toujours propriétaire des n° 3 et 5. Les enfants, André et Yvette (épouse Baverel) construisent 2 maisons aux environs de 1970. Un fils d’André continuera l’activité de jardinier (serres au fond du terrain).
Au n° 5 on relève la présence du patronage de la paroisse Saint Martin. Qui s’en souvient ?
Au n° 7 un projet de lotissement de 13 parcelles a été déposé en 1926 ou 27
Sur chaque parcelle d’environ 400 m² devait être construite une villa similaire
La photo aérienne de 1927 révèle le tracé de la voirie et le début des constructions
Qui était l’entrepreneur Pateu ?
François Pateu est né en 1835 en Ile et Vilaine. Besançon était une étape de son tour de compagnon. Il s’y établit par la suite comme maître couvreur et fonda en 1856 une entreprise qui prit ensuite le nom de Pateu et Robert. Il décéda à Besançon en 1905 .
C’est le fils, Léon Simon, né le 8 février 1862 qui développera l’entreprise familiale. Un de ses amis d’enfance et d’école, Jules Douge, témoignera plus tard, que, dès 12 ans, il déclarait :« Je veux être entrepreneur ». Il a suivi des cours de dessin et d’architecture à l’école municipale des Beaux Arts de Besançon.
Entrepreneur de travaux publics, juge au tribunal de commerce de Besançon, capitaine-adjudant du bataillon des sapeurs-pompiers de Besançon, président du conseil d’administration de l’établissement thermal la Mouillère, président du syndicat d’initiative de Besançon et de Franche-Comté, officier de l’instruction publique, chevaler du mérite agricole (au titre de son action au sein de la société d’agriculture et d’administrateur du Crédit agricole). Il fut également conseiller municipal de la ville.
L’entreprise Pateu Robert était une entreprise Chapraisienne
En 1868 l’entreprise de couverture en ardoises est installée 45 rue d’Arènes. Puis dès 1899, elle est domiciliées au 9 de l’avenue Carnot.
En 1926, l’entreprise devient Pateu Robert et, en 1935, elle est transformée en une SARL dont les gérants sont le fils Georges François (1889-1957) et Paul Robert : capital 600 000 F sous forme de 600 parts de 1 000 F (anciens, bien sûr..).
Paul Robert ( né en 1874) est un neveu de François Jean-Marie Pateu. Dès 1901, il est recensé dans l’habitation de son oncle. Il sera conducteur de travaux chez son oncle avant de s’associer avec son cousin. Marié en 1902, il habitera, avec femme et enfants au 9 avenue Carnot.
En 1951, le siège social est transféré 19 rue de la Mouillère.
L’année 1954 représente un tournant puisque Georges François Pateu et Paul Robert prennent leur retraite. sont nommés aux postes de gérants Pierre Robert, Maurice Robert, Michel Robert.
L’entreprise existe toujours sous forme de SASU depuis 1990, Son siège est rue Albert Thomas, avec un CA de 11 millions d’€ en 2023 et un bénéfice. Mais le nombre de salariés n’est pas connu et son président a changé 9 fois depuis 2013 : les plus récents furent Alain Dumel, Philippe Laforgue et Antoine Francis. Elle a intégré le groupe Vinci depuis 1994.
Les réalisations de l’entreprise Pateu et Robert furent nombreuses
Parmi les travaux qu’elle exécuta, on relève le Casino, l’établissement des bains de la Mouillère, un grand nombre de villas de la rue de Vittel, la restauration du château de Buillon, la reconstruction de l’usine Pernod, le camp d’instruction du Valdahon etc …
Qui habitait rue Pateu ?
Anciennement n° 7 rue Tristan Bernard, en 1931 6 propriétaires dont Pierre Jean Robert
En 1936, restent deux salariés de Pateu-Robert : Charles Fournet et Camille Junod. Les autres :
Jacques Rey ingénieur directeur de la Loue, Louis Gelin chef au Docks de FC, Jules Bluon chef comptable, Alphonse Houtman représentant, Léonide Chabod maître bottier, Jacques Grosperrin né en 1910, négociant et son employé René Lux, Hippolyte Lacour voyageur de commerce.
Pateu est encore propriétaire de toutes les maisons sauf celle de Morat où réside Marie Becquenot capitaine d’artillerie. 
En 1965, l’indicateur Fournier relève 11 noms : G Raguin, Barbotte, Junod, R Greset, Mathey, Thomas, Blum, Laresche, Rousse, Paul Comman et Robert. Les occupants ont changé sauf Junod et Robert.
Qui habitait aux numéros 11-15 ?
Au n° 11, Albert Péquignot en 1921 et 26, Fleuret puis Henri Bertin Mourot en 1931 et 36
Magnitude Vins a pris la place de la boulangerie qui s’est rapprochée du Marly
Pas d’habitant au n° 13 dans les années 1920 et 30
Le n° 15 est la propriété d’Edmond Lamblin en 1926 et 36
Un grand ensemble a été construit en reprenant le nom du lieu dit Les pépinières
Des commerces Chocolat Belin, salon de coiffure, vélos des Chaprais …. ont disparu en difficulté avec le passage réservé au tram
Au n° 19, en 1926, L Ponçot cocher, J Tabourot employé et G Cornu employé
Au delà de la voie ferrée, un centre médico social dans un bâtiment nommé le Cockpit . Il dépend du département
Il a pris la place de l’horlogerie Fontainargent

Prochain article : la rue des écoles devenue rue Edouard Baille, troisième volet du compte rendu de la réunion d’histoire du jeudi 13 février 2025

