Histoire de Just Becquet et de sa rue aux Chaprais
Une petite rue en hommage à un sculpteur : suite du compte rendu de la conférence du 16 janvier 2025

Une quarantaine de personnes ont participé à la conférence du 16 janvier sur l’histoire des Chaprais avec un zoom sur deux rues : la rue des Deux Princesses retracée dans un article précédent et aujourd’hui sur la rue Just Becquet
Où la situer ?
Parallèle à la rue de la Liberté, entre la rue de la Cassotte et la rue des Deux Princesses

Cette rue n’apparaît pas jusqu’à la fin du XIXe 
Ce n’est qu’en 1911 que ce nom lui fut attribué par le conseil municipal
Qui était Just Becquet ?
Il est né à Besançon le 12 juillet 1829. Son père était orfèvre rue des Granges. Il suivit l’Ecole Municipale des Beaux Arts puis fut à Paris, élève de Rude (à qui il a consacré un buste). Après la fermeture de l’atelier de Rude, Just Becquet décide de poursuivre seul.

Just Becquet dans son atelier
Il travaille alors dans un bureau d’agent de change car malgré une notoriété acquise au Salon de Paris de 1857, il ne peut vivre de son art. Il est aussi un excellent violoncelliste et jouera dans plusieurs concerts parisiens et dans l’orchestre du Théâtre Français.
En 1869, il obtient une médaille au Salon et lors de celui de 1870, une médaille de première classe. En 1878, il obtient une médaille de seconde classe lors de l’exposition universelle et il est Chevalier de la Légion d’ honneur. Il sera reçu, à la même époque à l’Académie des sciences et des Belles Lettres de Besançon.
Il meurt à Paris en 1907, mais il est enterré à Besançon au cimetière de Saint-Ferjeux. Dès 1909, un buste dû au sculpteur Greber est inauguré au parc Micaud.
Laëthier élève de Just Becquet a réalisé ce buste 
Just Becquet est connu aux Chaprais par sa statue de Flore érigée place Flore
Et celle disposée au sommet de la salle des fêtes du casino (Nouveau Théâtre)

Qui sont les habitants de la rue en 1921 ?
2 ou 3 maisons, 32 ménages et 96 dont 3 étrangers (une famille suisse)
Quelques familles nombreuses comme celle de Ernest Jeanvoine, manœuvre avec 7 enfants
Au n° 5 sont recensés 5 ménages dont le directeur de la Flusin, station électrique de Fournaud et son fils ingénieur à la Cie électrique de Franche Comté. Deux employés PLM, des ouvriers chez Groslambert ou Jacquemin, une dactylo chez Thieulin et une employée au bureau militaire.
Les 27 autres ménages sont recensés au numéro 7
On remarque encore 7 employés à la Cie PLM, 12 ouvriers métallurgistes (dont un chômeur), 2 travaillent à la confiserie Jacquemin, un chez Gangloff, un charpentier chez Pateu, une femme typographe chez Jacques et Demontrond. Tous des salariés sauf un forain et un bijoutier Suisse : Charles Herzig.
Qui habite rue Just Becquet en 1965 ?
Selon l’indicateur Fournier : côté pair : Au n° 4 (personne au n°2) :
Boisson, Max Ursot, Grosjean, Mme A Février
R Fallet transporteur de films de cinéma,
H Ranveau huissier, R Blanchard comptable, E. Zeisser employé,
JB Fouillet employé, E Kyriacos étudiant
Au n° 6 trois employés : G Barthelet, L Micaud H Perraul
Côté impair 
Au n° 1 (angle Cassotte) : A Millefert, représentant
Au n° 3 J Verrazi bonnetière
Au n° 5 Mme J Barthelet, G Barthelet employé et C. Moranne
Druhen était propriétaire de tout le pâté de maison entre le 8 rue de la Liberté et le 3 rue Just Becquet
La bonneterie Druhen, une manufacture presque centenaire qui employa jusqu’à une centaine de salariés, essentiellement des femmes.
Et l’horlogerie Blind
Puis cette grande parcelle a été construite non sans mal une résidence avec parking . Il était prévu un « super-building » Voir l’Est Républicain de 1964
Au numéro 7 en 1965, l’indicateur Fournier énumère
Antar lubrifiant comptoir de distribution et vente
R Roy Deco Antar
Dunlop stock de gros R Péquignot
G Barthomier employé de commerce
R Bietry coiffeur
R Jeanvoine agent de police
A Montjardet, A Laborier, Fillet, Lachiche, Mme Claudey
et au n° 9
Mme Dutruy propriétaire, Vignaux confection, E Rizard horloger, J Saunier artisan, Demonet SNCF, E Robert employé, C Hammerer ouvrier, H Martin retraité
6 veuves sp Truche, Cornu, Roux, Jacquemard, Meyer, Cotton
Et 5 autres noms Donge, Dony, Cassard, Brenier, J Lambert
Au n° 7 on trouva ensuite l’agence de l’entreprise Clemessy
Petite histoire de l’entreprise Clemessy
1900 – Eugène Clemessy transforme, durant ses loisirs, un vieux moulin près de Brunstatt en centrale électrique qui alimentera plusieurs communes. Pressentant l’avenir de cette source d’énergie, il fonde huit ans plus tard les établissements Clemessy.
1908 – Les débuts sont modestes : un magasin de vente de petit matériel électrique et trois monteurs électriciens intervenant chez les particuliers.
1926 – La petite entreprise se tourne vers le marché industriel en créant un atelier de réparation de moteurs électriques et se diversifie, en 1937, en intégrant l’installation de téléphones. Cinq ans plus tard démarre la fabrication de tableaux de distribution.
1940 – André Clemessy (1907-1996), fils d’Eugène et entré dans l’entreprise en 1930, devient directeur général de l’entreprise puis PDG de la SA jusqu’à ce qu’il transmette ce poste à Jean-Paul Marbacher en 1978 qui restera PDG jusqu’en 1992.
1957 – L’entreprise familiale devient une société anonyme.
1965 L’exportation débute (Cameroun, Tchad, Guinée, Gabon, Pakistan, URSS). C’est aussi le départ d’un long partenariat avec le CNES, en Guyane, où Clemessy s’implante dès 1969 et participe aux installations de Kourou.
1999 – La famille Clemessy a vendu ses parts au consortium EDF-Cogema-Siemens.
2000 – Game, spécialiste de l’ingénierie de maintenance, rejoint le Groupe Clemessy.
2001 – Dalkia, filiale du Groupe VEOLIA et acteur majeur de la gestion d’énergie, devient l’actionnaire principal de Clemessy.
2008 – Eiffage rachète Clemessy ainsi que Crystal à Dalkia. (6000 salariés)
2016 – Clemessy SA se compose de nombreuses filiales L’ensemble des implantations Clemessy et de ses filiales représente une centaine d’agences dans le monde
Un projet immobilier est déposé par le groupe Seguin , il sera mis en oeuvre en 2014 malgré la contestation de riverains

En décembre 2015, la démolition laisse voir l’architecture particulière des bâtiments en arrière cour. 
La construction en novembre 2016
Le dernier immeuble côté impair est à l’angle de la rue des Deux Princesses
avec des balcons remarquables
Prochaine réunion d’histoire des Chaprais
jeudi 13 février à 15 h 30 à la Cassotte
Zoom sur les rues Tristan Bernard, Pateu et Baille

