Vous ne les avez pas encore vus ? 2 films à voir sans hésiter !
« En fanfare » d’Emmanuel Courcol et « Vingt Dieux » de Louise Courvoisier
Histoire de terroirs, le cinéma nous offre en cette fin d’année deux films dont le rapprochement peut paraître aléatoire. Pourtant…
D’abord « En fanfare » d’Emmanuel Courcol : nous sommes dans le Nord, le Nord des bistrots, de la solidarité ouvrière, des fanfares. Une terre où règne une certaine gaieté en dépit des difficultés. Une terre où les fils de mineurs se battent pour leur emploi.
Une terre où tout devient possible, même le rapprochement de deux frères qui ne se connaissent pas. L’un atteint de leucémie, grand chef d’orchestre de renommée internationale et l’autre tromboniste dans la fanfare d’une petite ville du Nord. Rien ne semble les rapprocher hormis une passion commune de la musique… C’est fragile. Ils sont différents, mais la leucémie de l’un a besoin d’une greffe de l’autre. De là va naître une fraternité possible avec des éclats, des coups de cymbales, des différences de classe avouées. Naître à Meudon ou dans une ville de mineurs, ce n’est pas la même chose… Pourtant tout est possible semble nous dire le réalisateur de ce film magnifique.

Ensuite « Vingt-Dieux » de Louise Courvoisier : nous sommes dans le Haut-Jura, jour de comice agricole. On boit de la bière. On s’amuse. On vit comme çà dans les villages agricoles. Dans les campagnes, des jeunes arrêtent leurs études pour travailler à la ferme. C’est le cas de Totone qui vient de perdre son père. Il a de moins en moins de moyens pour vivre et se tourne vers un rêve, fabriquer une meule de comté pour décrocher la médaille d’or du concours agricole. On s’organise autour de lui. C’est du cinéma de bande, de meute. Totone apprend la vie. L’amour aussi. Des personnages forts, brutes avec un accent coupé au couteau. La réalisatrice Louise Courvoisier voulait parler des laissés pour compte, ceux qu’on ne voit pas à l’écran. De leurs rêves. De leur réalité aussi.
C’est un cinéma de terroir, de pays, dans le sens où il est fait état des hommes, de leurs luttes, leurs souffrances, leurs différences…
Pendant la période de Noël allez voir ces deux films qui auscultent deux territoires où les rêves de chacun trouvent leur place en dépit des aléas de la vie.
En cette fin d’année, amis chapraisiens, je souhaite que vos rêves se réalisent sur ce morceau de terre, notre quartier.
Michèle Tatu

