Histoire de la rue Chopard, de la grange Coulon : un tracé en 3 étapes
Suite du compte rendu de la réunion d’histoire des Chaprais du 12 décembre 2024

Après l’histoire de la rue du repos, c’est l’histoire encore plus récente de la rue Chopard qui a été retracée.
Petit aperçu du diaporama qui comportait 130 documents
Qu’y avait-il avant la rue Chopard ?

Jusqu’en 1862 le plan Landresse n’indique aucune rue entre le chemin des Chaprais, la rue des Deux Princesses et la route impériale, future rue de Belfort. Le cimetière existe déjà et le ruisseau Fontaine argent est bien visible.
La Grange Coulon

Vingt ans plus tard, la rue du repos est tracée, mais toujours pas de rue Chopard et cette indication « Grange Coulon »
Les constructions au nord de ce grand terrain apparaissaient déjà sur le plan en relief de 1722
Et en particulier cette belle maison qui a résisté étonnamment aux destructions imposées par le général Marulaz
Sur l’acte de vente de 1839, on a des informations précises :
La maison se compose d’une cave voûtée. Au rez de chaussée, 2 pièces sur la cour et 2 chambres sur le jardin. A l’étage, 4 chambres.
Une grange avec écurie joint l’habitation. Au-dessus de cette grange, une petite chambre, un grenier à foin et un débarras. Adossé à la grange, un vaste hangar surmonté d’un grenier. Puis appuyés contre le mur de clôture, deux petits bâtiments contigus. L’un sert d’écurie, l’autre de chambre à four avec à l’étage, une chambre surmontée d’un colombier. Un jardin potager contigu à la maison est planté d’arbres fruitiers en plein rapport. Des treilles garnissent une partie des murs de la maison et de la clôture du jardin sur la rue. Cette partie de propriété est entourée de murs de clôture. Elle est limitée à l’Est et au Sud par le ruisseau Fontaine Argent. Un verger est affecté à ce premier ensemble.
Cette maison a eu un occupant illustre John Acton 
Fils d’immigrés britanniques (père médecin) né à Besançon en 1736. Il s’engagea dans la marine, se fit remarquer par son courage dans une expédition conjointe espagnole et toscane contre Alger sauvant 4000 personnes. La reine Caroline de Naples le fit nommer Ministre de la Marine, puis des Finances et finalement en 1785, premier ministre du royaume de Naples. Il apparaît alors comme l’ennemi de la Révolution française et italienne. Par dispense papale, il se maria avec la jeune fille de son frère. Il est mort en exil en Sicile en 1811
Les Soeurs de la Charité sont devenues les principales propriétaires de ce secteur. En 1911, les sœurs sont recensées au 24 de la rue des deux princesses. On dénombre une mère supérieure, 17 religieuses, 4 prêtres et 1 domestique.
Les sœurs sont jeunes (environ une vingtaine d’années), en 1921 la mère supérieure a 31 ans . On voit apparaître des pensionnaires.
En 1931, on dénombre 9 sœurs infirmières et 9 employées extérieures dont 8 secrétaires chez Ullmann (bureaux rue Henri Baigue). En 1936, l’ensemble apparaît dans le recensement comme un hôpital
En effet en 1929, les Sœurs de Saint-Vincent ont ouvert une école d’infirmières, une maternité puis une école d’assistances sociales et de monitrices d’enseignement ménager.
En 1954, elles organisent dans le bâtiment Nord, une clinique pour enfants et de 1961 à 1969 une clinique chirurgicale. EN 1959 la clinique Saint Vincent fut rachetée et dirigée par le docteur Pierre Alexandre jusqu’à son décès en 1968.
Le Foyer de la jeune fille de la Cassotte a été fondé par les sœurs de la Charité en 1956 au 18 rue de la Cassotte
La dernière sœur est partie en 2011 Le Foyer est devenu laïc en 1989 et mixte depuis 1999
Pour établir la voirie de longues tractations ont eu lieu entre les propriétaires et la mairie
Quelques exemples
En 1879, Stéphane Blondeau, un des propriétaires à la Grange Coulon propose à la Ville la cession gratuite d’une bande de terrain de 8 mètres de largeur pour relier la rue Fontaine Argent à la rue des Deux Princesses (future rue Chopard dans sa partie basse) et une autre bande de 6 mètres pour la partie haute à relier avec la rue de Belfort. Il propose même d’avancer l’argent des travaux remboursable sur 20 ans.
En 1929 Emile Burtcher vend à la ville une partie de son terrain : le ruisseau Fontaine Argent. Paul Détot propose à la ville une parcelle au prix de 100 F le m²
Alexis Chopard joua un rôle important et son nom fut donné à cette rue en 1930 Qui était-il ?
Il est né le 1° octobre 1859 à Poligny. Son père, conducteur des Ponts et chaussée était affecté aux chemins de fer
Comme son père, Alexis Chopard fit accière dans les chemins de fer. Il fut nommé à Morteau puis à Dole et ensuite à Besançon.
Elu conseiller municipal en 1925, il fut adjoint au maire Siffert. Il fut chargé du plan d’aménagement de la ville
Il s’intéressa à la construction des Habitations à Bon Marché de Saint Ferjeux
Il résida au 18 rue de la Cassotte. Il est mort à Besançon en 1929.
Au premier recensement qui a succédé, on ne relevait que 6 habitants dans une seule maison. Probablement la plus ancienne de la rue : à l’intersection avec la rue des Deux Princesses, l’actuel n° 16, la maison Renaudot
Au recensement de 1936, la rue Chopard compte 47 habitants répartis entre 7 maisons. En 1946, la population n’a pas augmenté au contraire : 44 habitants dans 6 maisons. Elle sont situées dans la partie centrale au numéros pairs.
La première grande maison à l’angle de l’avenue Fontaine Argent est connue pour avoir été réhaussée afin d’y installer en 1960, l’entreprise Maty (créée rue Jeanneney) avant son extension boulevard Kennedy en 1968
Dans la deuxième maison, au numéro 4 qui a appartenu à la famille Raignier puis Wirth,
on recensait 7 ménages en 1946 Y habita notamment l’industriel Emile Devin jusque dans les années 1960
Au numéro 10, c’est la maison et l’atelier Verdet. 
En 1936, comme en 1946, Jean Verdet né en 1885 à Seurre entrepreneur de serrurerie, son épouse Jeanne Debain, leurs fils Maurice et Robert serruriers, Georges comptable et leur fille Colette qui deviendra prof de piano. L’entreprise se développa dans la construction métallique.
En 1965, l’indicateur Fournier liste 11 serruriers à Besançon dont 7 aux Chaprais :
René Boley rue des Oiseaux, Gaston Coutot rue du Balcon, Marcel Marie rue de la Famille, A Martin 12 rue de Belfort, Huggenschmitt rue de Belfort, E. Obliger 97 rue de Belfort et Robert Verdet 10 rue Chopard
Au n° 12, sont recensés en 1936 Isidore Amiel né en 1852, Henri Guyot- Jeannin et une bonne Mathilde Montavon
Léon et Marie Tournier instituteurs retraités. En 1946 : Aline Amiel née en 1857 SP et Héloïse Bourquin domestique, Marguerite Guyot-Jeannin SP et Henri Marie Tournier Ducrot SP
Au n° 14, réside en 1936 Louis Calame citoyen suisse fabricant de verres de montre et Maurice Mignard employé chez Burdin Bossert. Il est encore présent en 1946. Puis la veuve Maisière en 52 et 65.
Enfin, au 16 rue Chopard donc la maison Renaudot
En 1936, Emile Renaudot né en 1880, SP son fils Louis serrurier chez Hugenschmitt , un autre fils représentant
En 1946 Emile Renaudot est recensé sans profession et Marthe Renaudot Marie « Industriel » (sic) et son fils Jean apprenti
En 1952 et 65 Toujours Renaudot industriel et Mlle Girard SP
En face ces maisons, on assista en 2012 à la démolition de Saint Vincent
pour laisser la place à la construction De Giorgi
A suivre : au bas de la rue Chopard Saint Joseph et en haut les transports Monts Jura avant la Zup du Cheval Blanc
Rappel les photos sont tous droits réservés
On n’a pas trouvé de photo d’Alexis Chopard Qui en aurait une ?

Les réunions d’histoire des Chaprais sont mensuelles,
la prochaine est fixée au jeudi 16 janvier 2025 à 15 h 30 à la Cassotte
Thème : zoom sur les rues
des Deux Princesses, Just Becquet et probablement Tristan Bernard

