M. Jean-Louis Millot est désormais inhumé au cimetière des Chaprais

Depuis le début de l’année 2020, M. Jean-Louis MILLOT, professeur des Universités à Besançon, repose dans le caveau familial, au cimetière des Chaprais. Décédé le 30 mars 2018, à l’hôpital de Besançon, à l’âge de 62 ans, il avait été tout d’abord inhumé dans le cimetière de Morre, le village qu’il habitait avec sa famille. Celle-ci quittant notre région, a voulu que Jean-Louis rejoigne sa prestigieuse famille regroupée dans ce caveau familial du cimetière des Chaprais.

Jean Louis Millot nécro Est

Une petite cérémonie a rassemblé, à cette occasion, les membres de sa famille et ses amis, en toute intimité. Mais ce fut l’occasion de rappeler, si besoin était, qui était cette famille Millot. Son nom, nos lecteurs le savent, est attaché à jamais à notre quartier, du fait, entre autres, de la donation du parc des Chaprais à la ville et ses habitants, par André Millot, l’oncle de Jean-Louis.

Lire les plaques apposées sur ce monument funéraire, indiquant les différents membres de cette famille dont la présence est attestée depuis le milieu du XVIII° siècle dans ce quartier des Chaprais alors hors la ville et peu développé, revient à parcourir une partie de cette histoire.

Millot cimetière des Chaprais

Le père de Jean-Louis, Jean Millot a dirigé durant de nombreuses années, le prestigieux magazine La France Horlogère à laquelle étaient abonnés les horlogers et bijoutiers de toute la France.

Jean-Louis est né le 23 juin 1956 à Besançon. Après des études secondaires au lycée Saint Jean, il opte pour des études scientifiques : il prépare une maîtrise de biologie animale puis poursuit par un DEA de biologie du comportement et une thèse de doctorat dans le domaine des neurosciences sous la direction du professeur Hubert Montagner. Objet de cette thèse : « La communication olfactive entre mères et bébés ».

En 1976, il épouse Christiane Ducrocq. De cette union sont nées deux filles qui leur ont donné trois petits-enfants.

En 1986, il est recruté comme Maître de Conférences à l’Université de Franche-Comté où il enseigne la psychophysiologie et les neurosciences comportementales et intégratives à destination des étudiants en biologie et psychologie. Parallèlement, il intègre le Laboratoire de Psychophysiologie au Laboratoire de Neurosciences.

Et de 2008 à 2014, il est directeur de l’équipe de recherche en Psychophysiologie ; puis directeur adjoint de 2014 à 2018.

Il est par ailleurs membre du Conseil National des Universités, du Comité Technique de l’Université de Franche-Comté (depuis 2009),et du Comité d’Ethique pour l’expérimentation animale (depuis 2012).

Il est le fondateur d’un master de recherche, mention Sciences de la Vie et de la Santé, spécialité « Neurosciences et comportements ».

Il est l’auteur et le co-auteur d’une soixantaine d’articles scientifiques. Ses activités de recherche ont concerné les émotions chez l’animal et chez l’homme, notamment à partir de l’étude de l’olfaction, en adoptant diverses méthodes, de la simple observation des comportements jusqu’à l’imagerie cérébrale.

Il a écrit un livre, alors à l’impression au moment de son décès : Le discret pouvoir des odeurs aux éditions de L’HarmattanIl y explique, entre autres, comment marche l’odorat chez l’homme ; comment les odeurs ambiantes peuvent modifier notre comportement ; l’importance des odeurs corporelles dans les interactions sociales et la sexualité. Enfin, il pose la question : les odeurs corporelles humaines ont-elles un sens pour d’autres espèces. Nul doute qu’il aurait été passionné par les recherches actuelles concernant la détection de la Covid 19 par des chiens !

Le pouvoir des odeurs J L Millot

Au delà de ses recherches, son collègue et ami M. Thierry Moulin devait souligner, après avoir retracé sa carrière professionnelle,  dans le discours prononcé lors de ses obsèques :

« … Tout cela ne dit rien de toi ou si peu. Mais il fallait savoir te lire entre les lignes de tes silences, de tes sourires, de ton œil pétillant et malicieux, dans ton chantonnement. De ta gentillesse, de ta chaleureuse amitié et de ton regard bienveillant pour tes collègues, pour tous certainement. De ta personnalité, de ton éducation, de tes formations à 360° qui ont contribué à te façonner et que tu transmettais si bien, que tu as transmises…

Encore un mot sur ton flegme tout britannique et de ton apaisante tranquillité, d’un juste qui voit bien, loin et clair et qui avait confiance dans la part d’humanité de chacun.

Comme tu as éclairé nos discussions, nos réflexions dans les turbulences que nous avons rencontrées, et, tout cela, pour faire ton métier, pardon ta profession d’universitaire, soucieux du respect, du professionnalisme, bref des valeurs qui ont fondé l’université.

Tu sourirais de tous ces mots. Mais cela me fait du bien de le dire,…de te le dire, pour te témoigner de notre communauté de pensée, immédiate et instantanée, sans calcul, sans discours creux, ni explication. Peut-être, parce que c’était toi,…Des valeurs partagées ! ».

Son livre « Le discret pouvoir des odeurs » a été illustré par son épouse, Mme Christiane Ducrocq. Vous pouvez aisément vous le procurer en librairie.

Sources : Mme Christiane Ducrocq, Marion Millot