Portrait d’un traducteur professionnel aux Chaprais

Interview d’Eric Alsruhe, un traducteur professionnel

rue de Belfort en mars 20

Vous avez un bureau au 2 rue de Belfort pour quelle activité ?
Oui, j’exerce la profession de traducteur. Je traduis du français vers l’anglais, ma langue maternelle.
En réalité, il y a deux volets dans mon activité : la traduction proprement dite et la relecture de textes déjà en anglais mais que je relis pour mieux les adapter au public visé.
Pour qui travaillez-vous ?
C’est varié, mais le plus souvent je travaille pour des institutions publiques françaises, des organisations internationales et des ONG.
Quels sont les thèmes ?
Ils sont assez variés aussi, mais je suis spécialisé dans le domaine très vaste du développement international. Cela peut concerner l’économie, l’agriculture, l’environnement, la santé publique, les droits de l’homme… J’ai aussi des clients dans le monde de la culture. Il m’est même arrivé une fois de traduire un roman de science fiction.
Quelle est l’importance de chaque commande ? Quel temps de travail nécessaire ?
Cela dépend, il y a des travaux urgents à rendre le lendemain. Inversement, il y a des traductions très volumineuses qui peuvent prendre plusieurs mois. Le plus fréquemment, cela me prend quelques jours.
Quelles sont les difficultés du métier ?
Comme tout travail non salarié, la difficulté est d’avoir un flux régulier de travail à effectuer. Dans la pratique, je suis parfois débordé par les traductions à réaliser et parfois je manque de commandes.

Eric Alsruhe traducteur
Comment travaillez-vous ? Avec quels moyens ?
Je passe l’essentiel de mon temps devant mon ordinateur. Comme je dois travailler avec des logiciels spécialisés, l’informatique m’est indispensable. Il m’arrive toutefois de faire une relecture sur papier, avec un bon vieux stylo rouge pour les dernières corrections.
Les logiciels de traduction automatique qu’on trouve sur Internet ne remettent-ils pas en cause le métier ?
Pour l’instant les logiciels de traduction automatique gratuits ne sont pas très performants. La traduction est approximative et pas adaptée à chaque public. Leur qualité va évoluer, mais un travail de révision sera toujours nécessaire.
Faites-vous aussi de la traduction orale ? Simultanée ?
Non, c’est un autre métier. Le métier d’interprète. Il m’est arrivé parfois de le faire, mais très rarement.
Y a-t-il un lien avec le travail d’enseignant ?
Non, il n’y en a pas.
Combien y a-t-il de traducteurs en France ?
Je ne connais pas les statistiques officielles. Je fais partie d’un syndicat : la Société française des traducteurs, qui compte environ 1500 adhérents. Mais j’ai lu que sous une forme ou une autre, il y aurait près de 16 000 personnes qui font de la traduction en France. Actuellement, il existe des écoles pour apprendre le métier, mais pas à Besançon. Il faut aller à Dijon, à Paris, à Rennes… Ma collègue de bureau a fait ses études de traduction à l’Université de Genève.

Combien ça coûte de faire faire une traduction ?
Le plus souvent, les traducteurs facturent par mot à traduire. Mais le prix peut aller du simple au double selon le traducteur, la difficulté du document, le public cible, etc. Je propose de plus en plus un prix forfaitaire adapté à la complexité du texte à traduire. En effet, il arrive que je passe une demi-heure pour trouver la traduction juste pour un seul mot – alors, dans ce cas, un tarif au mot n’a pas de sens !

Le confinement ça change quoi pour ce travail ?
Les traducteurs ont l’avantage de pouvoir faire leur métier en télétravail. Ainsi, j’ai transféré mon matériel informatique à domicile, à la fois pour respecter le confinement et pour aider mes enfants à gérer le travail d’école qu’ils doivent aussi faire à distance.

rue de Belfort sept 14

La rue de Belfort avant le confinement en septembre 2014

Quels sont vos liens avec le quartier des Chaprais ?
Je suis arrivé dans le quartier des Chaprais en 2014. Je passe la plupart de mon temps entre le bureau rue de Belfort et mon logement dans le quartier. Je trouve ce quartier très sympa, bien situé et agréable à vivre. J’y fais la plupart de mes courses aussi. Je me déplace à pied – c’est dommage d’ailleurs que les trottoirs du quartier ne soient pas toujours en bon état. J’ai aussi une activité de loisir qui se situe aux Chaprais : le Tai Chi avec l’Association Yin Yang. Pour moi qui passe mes journées assis devant mon ordinateur, c’est une pratique corporelle indispensable à ma santé.

Reprise du Tai Ji à l'Aiglon

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