Le CDN rejoue Bérénice en janvier 2020

Théâtre au CDN : Bérénice un texte de Jean Racine mis en scène par Célie Pauthe

Avec
Marie Fortuit Arsace,
Eugène Marcuse Titus,
Mahshad Mokhberi Phénice,
Laurent Papot, Antiochus
Mélodie Richard Bérénice
Hakim Romatif Paulin

et toute l’équipe du CDN

Bérénice au CDN du 7 au 11 janvier 2020

Durée 2 h 20

Bérénice, au centre de l’œuvre de son auteur, en 1670, est une pièce singulière dans la production de Jean Racine : c’est une tragédie où il n’y a pas de sang. Elle paraît peut-être d’autant plus douloureuse. Se séparer est pire ici que mourir. C’est le sort des trois personnages de la pièce : Bérénice, reine qui aime l’empereur Titus et qui devait l’épouser, Antiochus, qui voue un amour sans espoir à Bérénice. Il s’agit seulement de prononcer un mot, si dur, si tendre : adieu

Bérénice Titus au DN

« Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce qu’on croyait, lui avait promis de l’épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire ». À partir de ce bref épisode de l’histoire romaine, et se donnant comme défi de « faire quelque chose de rien », Racine compose une oeuvre-manifeste, tragédie de la séparation et de l’amour radical. La simplicité y fait la force de l’action scénique, et l’épure des vers devient une respiration intime, un souffle vital transmuant la douleur en beauté.

Césarée de Duras

Bérénice au CDN

Célie Pauthe a redécouvert Bérénice à travers un court-métrage réalisé par Marguerite Duras en 1979, Césarée. Dans ce film-poème, qui sera présent dans le spectacle, l’auteure-cinéaste imagine l’après séparation, le retour de Bérénice à Césarée, sa ville natale de Judée, dont elle était reine et qu’elle quitta pour suivre Titus, le colonisateur, destructeur du temple de Jérusalem, fils de l’empereur Vespasien, envoyé là pour mater la révolte de Judée. Marguerite Duras, en rêvant sur Césarée, se souvient avant tout de la reine des juifs qui, par amour, quitte son peuple, sa religion, son pays, pour suivre le colonisateur.

Bérénice au CDN

Comme Médée, Bérénice trahit par amour, et comme elle, elle sera abandonnée. Et donc, quand elle comprend qu’elle est quittée à son tour, tout cède sous ses pieds, elle n’a plus de parents, plus de terre, plus de religion, plus de passé et plus d’avenir. Bérénice a tout perdu.

Bérénice de Jean Racine

Bérénice de Jean Racine

Pour Racine, l’enfant de Port-Royal, élevé au lait de la radicalité janséniste, comme pour Duras, l’amour est un pari qui engage corps et âme, et qui ne peut se vivre qu’en s’abandonnant intégralement à l’autre, au risque de s’y perdre, de s’y dissoudre, de s’y détruire. L’amour est tout sauf une terre de négociation et de compromis. Mais en est-il un autre qui mérite d’être vécu ?

Dans la pièce, la question amoureuse n’est pas seulement une question de couple, puisque Racine fait d’Antiochus un personnage essentiel. C’est en effet à Antiochus que Racine confie la plus grande partition, c’est à lui qu’il donne le premier et le dernier mot de la pièce, et c’est un geste dramaturgique d’autant plus fort que le personnage a été de toute pièce incrusté, greffé, par l’auteur.

Jean Racine

Racine invente donc cette triangulation amoureuse, et se plaît jusqu’au bout à la rendre absolument inextricable.

Célie Pauthe 

Célie Pauthe CDN
Célie Pauthe fut d’abord assistante à la mise en scène (Ludovic Lagarde, Jacques Nichet, Guillaume Delaveau, Alain Ollivier, Stéphane Braunschweig), elle intègre en 2001, l’Unité nomade de formation à la mise en scène au CNSAD. En 1999, elle travaille avec Pierre Baux et Violaine Schwartz, à la création de Comment une figue de paroles et pourquoi, de Francis Ponge. En 2003, elle met en scène Quartett de Heiner Müller au Théâtre national de Toulouse (Prix de la Révélation théâtrale du Syndicat de la critique) ; puis, en 2005, au TNS, L’Ignorant et le Fou de Thomas Bernhard. Elle crée La Fin du commencement de Sean O’Casey au Studio de la Comédie-Française en 2007, et, l’année suivante, S’agite et se pavane d’Ingmar Bergman au Nouveau Théâtre de Montreuil. En 2011, elle met en scène Train de nuit pour Bolina de Nilo Cruz pour la biennale de création « Odyssées en Yvelines ». De 2010 à 2013, elle est artiste associée à La Colline-théâtre national. Elle y crée Long voyage du jour à la nuit d’Eugene O’Neill ; avec Claude Duparfait, elle collabore à la mise en scène de Des arbres à abattre d’après le roman de Thomas Bernhard; puis Yukonstyle de Sarah Berthiaume, jeune auteure québécoise (création mondiale) et en 2014, Aglavaine et Sélysette de Maurice Maeterlinck. Depuis septembre 2013, elle dirige le CDN Besançon Franche-Comté où elle crée en janvier 2015 La Bête dans la jungle suivie de La Maladie de la mort, d’après Henry James et Marguerite Duras ; et en 2016, elle collabore avec Claude Duparfait, à la mise en scène de La Fonction Ravel. Par ailleurs, elle travaille avec la plateforme Siwa sur un projet autour de L’Orestie d’Eschyle, mené par une équipe franco-iraquienne. Elle a créé en 2016 au CDN de Besançon Franche-Comté Un amour impossible , d’après le roman de Christine Angot adapté par l’auteur, avec Bulle Ogier et Maria de Mederos
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Bérénice est une création du CDN déjà jouée en janvier 2018
Au CDN du mardi 7 janvier  au samedi 11 janvier 2020

à 20 h les mardi 7, mercredi 8 et vendredi 10 janvier

à 19 h le jeudi 9 janvier et à 18 h le samedi 11 janvier

CDN août 19

CDN Besançon Franche-Comté
Avenue Edouard Droz Esplanade Jean-Luc Lagarce 25000 Besançon

 

 

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Voici les tarifs  :  12€ la place (au lieu de 20€) | 5€ pour les moins de 30 ans | avec le mot de passe : « Pour les voisins »

accueil@cdn-besancon.fr

03 81 88 55 11

Horaires d’ouverture de la billetterie : sauf du 21 décembre au 1° janvier (on peut réserver en ligne)

> Lundi de 14 h à 18 h,

> Du Mardi au Vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h à 18 h

> Les Samedis de représentation à partir de 16 h