Anny Augé, itinéraire d’une bénévole

Portrait de Madame Anny Augé, présidente de plusieurs associations : itinéraire d’une bénévole

Interview réalisée le 14 décembre 2015 Portrait publié le 16 décembre 2015

Anny Augé

Etes-vous Franc-Comtoise d’origine ?
Oui, je suis née dans le pays de Montbéliard à Tavey près de Héricourt. Après 5 ans passés à Strasbourg, je suis arrivée à Besançon en 1969 pour m’y marier. J’ai ensuite habité à Larnod avant de revenir à Besançon dans le quartier des Chaprais. Depuis plusieurs années, j’habite rue des Jardins.
Quel a été votre parcours professionnel ?
Dans mon parcours, j’ai privilégié deux axes, éducation (surtout des femmes) et santé. Après mes études d’infirmière à Strasbourg, j’ai travaillé dans un service de réanimation médicale à l’hôpital Civil de Strasbourg. Puis j’ai enseigné à l’école d’infirmières de Montbéliard. Ensuite, je me suis investie dans le bénévolat au Planning Familial à Besançon de 1969 à 1972, dans un local Place de la Liberté. Ce service a été supprimé et remplacé par le CICS au centre Pierre Bayle. J’ai donné des cours au public, à la Croix Rouge place Granvelle, dans le local maintenant occupé par radio Bleue. De 1986 à 1992, j’ai été infirmière en éducation à la santé, au CODES Doubs (comité départemental d’éducation à la santé).
Place de la Liberté fleurie avril 2015

Parallèlement, vous avez exercé des fonctions municipales ?
Oui, j’ai été d’abord adjointe au maire depuis 1983, puis maire du village de Larnod de 89 à 95. J’avais été sollicitée par des habitants qui cherchaient de nouvelles figures pour le Conseil Municipal. Etant responsable de l’équipe civique de l’UFCS (Union Féminine Civique et Sociale) qui encourageait et formait des femmes à s’engager en politique par la porte de la Municipalité, j’ai ainsi tout naturellement utilisé ce que j’avais appris… maire du village de Larnod de 89 à 95.

Anny Augé maire de Larnod

Vous avez même joué un rôle important dans la création du Grand Besançon ?
Afin de bénéficier d’un PACT (Programme d’Aménagement concerté du Territoire) nous devions avoir des projets communautaires. Nous avons donc d’abord travaillé au sein d’une association de 72 communes, le Conseil des Communes du grand Besançon, puis le District a été créé et a été remplacé par l’actuelle CAGB (Communauté d’Agglomération du Grand Besançon. L’histoire de cette intercommunalité a été le sujet d’un mémoire de Diplôme Universitaire que j’ai soutenu en 1995.

Pourquoi avez-vous abandonné cette activité politique ?
En 1994, mon époux a été diagnostiqué malade de Parkinson. De plus, j’étais très fatiguée par mon investissement dans la création du District du Grand Besançon. Je me suis donc accordé un temps de vacances qui m’a permis de fréquenter pendant deux ans l’Ecole des Beaux Arts en élève libre.
En quoi consiste cette maladie et d’où vient-elle ?
C’est une maladie neuro-dégénérative dont l’origine est sans doute multifactorielle. Cependant des études ont montré que les pollutions aux pesticides et métaux lourds peuvent y jouer un rôle important. Il y aurait 2 fois plus de malades de Parkinson chez les agriculteurs que dans le reste de la population. L’âge moyen du diagnostic est de 55 ans. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est donc pas une maladie de retraités seulement. Ces malades présentent un déficit en certaines substances, notamment la dopamine. Des médicaments tentent de compenser les effets de ce manque, mais ils ont des effets indésirables. Certains malades peuvent bénéficier d’une opération appelée neurostimulation, comme mon mari en 2002.
C’est à partir de là que vous avez créé l’association « Franche Comté Parkinson » ?
Oui, j’ai d’abord regardé ce qui existait déjà. Au niveau national, il existait France Parkinson créée par un neurologue pour récolter des fonds pour la recherche. Ma préoccupation, ici, était d’améliorer la vie des malades et des aidants. Cela supposait un véritable partenariat entre soignants et soignés pour une prise en soin « globale ».

Vous avez proposé une « éducation thérapeutique du patient » ?
Je me suis formée à cette méthode basée sur l’écoute de la personne fragilisée et de son aidant et sur un programme de prise en soin et de suivi personnalisés, finalisée par un Diplôme Universitaire d’éducation thérapeutique. Dans mon mémoire, je souligne l’incohérence du mot « patient » qui sous entend une personne « pas sciens » donc ignare, et qui subit tout sans réagir et s’en remet complètement aux médecins. Or, les exigences des malades chroniques (15 millions en France) ont changé, ils sont « impatients » d’être considérés comme des personnes vivantes et citoyennes jusqu’à leur fin. Malheureusement, le malade de Parkinson est le « patient » idéal : il ne peut plus parler, ni écrire, ni bouger librement. Il ne communique plus normalement, il ne « dérange » pas comme le malade d’Alzheimer et on peut facilement « l’oublier ».

Que fait votre association Franche Comté Parkinson ?
Nos 250 adhérents sont répartis sur 6 antennes en Franche Comté à Besançon, Pontarlier, Dole, dans l’aire urbaine, à Vesoul et à Baume les Dames. A Besançon, nous avions commencé en 2003 nos réunions à la Cassotte pour des groupes de parole avec psychologue. Depuis 2005, nous cohabitons avec Franche Comté Alzheimer, sous le Foyer des Cèdres rue Kepler à Montrapon. Nous y tenons une permanence le jeudi matin de 10 h à 11 h 30.  Site web : Franche Comté Parkinson On peut contacter l’association au 03 81 41 08 55

Nous proposons des activités régulières : groupes de parole avec psychologue (séances pour malades, d’autres pour aidants et d’autres malades et aidants réunis). Nous proposons aussi depuis 2005 des ateliers motricité /équilibre animés par des éducateurs médico-sportifs. Tout ceci est financé par la Santé Publique car ce sont des compléments aux traitements. Nous avons aussi des activités de convivialité, au moins deux repas par an. Enfin, nous organisons une conférence à l’automne.

conférence FC Parkinson
La dernière fois, nous avions invité le Professeur Joyeux, le vendredi 9 octobre, malheureusement, le jour des obsèques de mon époux.

Vous participez aussi à la journée mondiale de Parkinson ?
Sa date,  le 11 avril est celle de la naissance (en 1755) de James Parkinson le médecin anglais qui a été le premier à publier en 1817 une description claire et détaillée de la « paralysie agitante » qui porte maintenant son nom. Cette journée nous permet de donner des informations à nos adhérents et au public sur des thèmes différents chaque année et grâce à différents intervenants.

NB Ce fut le médecin français Jean-Martin Charcot qui proposa plus de 60 ans après, le terme Maladie de Parkinson pour désigner cette affection.

Parallèlement, vous êtes Présidente du CISS ?

Oui, en 2013, je suis devenue Présidente du Collectif Inter-associatif sur la Santé qui réunit environ 80 associations qui s’occupent de personnes malades, handicapées, âgées et aussi des associations familiales et de consommateurs. La loi Kouchner de mars 2002 a donné des droits aux usagers du système de santé que nous sommes tous un jour ou l’autre. Ils sont représentés dans les établissements (hospitalisation, maisons de retraite…) et instances (Agence Régionale de Santé…) dans différentes commissions et groupes de travail. Ces bénévoles reçoivent une formation obligatoire et gratuite afin de connaître les droits et savoir les défendre.

Forum usagers de la santé

Le CISS siège place Saint Jacques Téléphone : 03.81.51.84.31 Voir le site web du CISS 

Quel est votre lien avec le quartier des Chaprais ?

Jeune mariée, j’ai habité au 21 rue Nicolas Bruand jusqu’en 1974. Nous sommes ensuite partis à Larnod pendant 35 ans, dans une maison dont la vue permettait d’apercevoir le Mont Poupet. Tout en cherchant un appartement à acheter, nous avons occupé une agréable location Résidence St Vincent. L’appartement que nous avons acquis en 2011 est en dernier étage, au Marly, avec une vue somptueuse de tous côtés et sur la Citadelle en particulier et de très belles terrasses.

Anny Augé, vue sur Montfaucon

D’autre part, les permanences du Planning Familial que j’ai assurées se tenaient dans la petite maison actuellement occupée par les Anciens Combattants, place de Liberté, donc aux Chaprais.

Place de la Liberté fleurie avril 2015

Quel est votre avis sur le quartier des Chaprais ?
C’est un quartier agréable pas trop éloigné de la boucle, bien desservi : on peut y aller en tram, à vélo ou à pied.

Bout de la rue Tristan Bernard

Il y a des commerces de proximité que je fréquente : par exemple, la petite supérette, le marchand de journaux,

SPAR et Marly rue Tristan Bernard

la fleuriste (de la Fontaine aux fleurs), la pharmacie de l’avenue Fontaine Argent etc. J’ai découvert le marchand de vélos de la rue Tristan Bernard qui m’a bien réparé mon engin. J’apprécie le mobilier contemporain de chez Climent rue de la Mouillère.

La Fontaine aux fleurs

Je trouve intéressants les concepts du « café des Pratiques » et celui de la « psychiatrie citoyenne » développé  par les Invités au Festin.

Que pourrait-on faire pour améliorer le quartier ?

Les trottoirs sont très dangereux par leur surface abîmée et par les crottes de chiens.

Avez-vous d’autres loisirs, d’autres passions ?

Peinture de Anny Augé
Je peins : mon passage à l’Ecole des Beaux Arts m’a fait « virer » à l’abstraction.

Peinture de Anny Augé

Je lis beaucoup et aime le cinéma. J’ai pratiqué nombre de techniques de mieux être : chant, yoga, Feldenkrais, eutonie, Qi Gong… Actuellement, je fréquente le Moving avenue Denfert-Rochereau.

Cimetière des Chaprais vu du Marly

Avec mon mari, industriel retraité, j’aimais parcourir le cimetière historique des Chaprais….

Voir la page sur la rue des Jardins, sur la rue Tristan Bernard