Je me souviens de l’école Saint-Vincent

La jeune Chantal, en 1958, année de son hébergement à l'Ecole Saint-Vincent

Chantal Vivot-Chevillard en 1958

A notre demande, Chantal CHEVILLARD, secrétaire et trésorière de notre association, a accepté de nous livrer ses souvenirs de jeune fille au pair, embauchée à l’école Saint-Vincent. Compte-tenu de leur intérêt, nous les publierons en 3 fois. tout d’abord, dans ce billet, l’explication de ce statut de jeune fille au pair, un peu particulier. Puis lors du prochain billet du week-end, les souvenirs de ces années passées en ce lieu; enfin, le week-end suivant nous rapporterons ses souvenirs des « Bonnes Sœurs » et de leurs missions.

« C’était fin Juin 1957, j’allais avoir 14 ans et je venais d’obtenir mon certificat d’études au Valdahon où nous habitions, ma mère, moi et mon frère.

Ma mère, veuve depuis 10 ans, seule avec ses deux enfants, une situation plutôt précaire, tantôt garde barrière, gardienne d’enfants de l’assistance publique, femme de lessive à la pouponnière du village, se demandait ce qu’elle allait faire de moi. Il était impensable que je continue des études à Besançon. Le collège du Valdahon n’était toujours pas construit.

Sur les bons conseils de l’assistante sociale du coin, il fut décidé que j’irais comme « fille au pair » à l’école Saint-Vincent, tenue par les sœurs de la Charité, Jeanne Antide Thouret, avenue Fontaine Argent à Besançon. C’était une école privée d’infirmières et d’assistantes sociales.

Cette école a été démolie ces dernières années, avenue Fontaine-Argent

l’Ecole Saint-Vincent autrefois

Il y avait des élèves qui venaient de Besançon et d’autres qui restaient à l’internat.

En échange du toit et de la nourriture, je devais effectuer des heures de ménage et autres tâches, toute la matinée, et le soir de 18 h 30 à 20 h 30.

Tous les après-midi, j’irais prendre des cours de Sténodactylo à l’école CHARTIER, école privée rue Pasteur (immeuble à l’échauguette).

Je devais prendre mon service à la rentrée de septembre 1957, mais comme « les bonnes sœurs » avaient besoin de « petites mains » pour le grand nettoyage de l’établissement, c’est le 16 Juillet 1957 que j’ai commencé ma vie active.

Je n’ai pas un souvenir précis de mon arrivée, sinon qu’après avoir franchi les grilles côté Avenue Fontaine Argent, nous avons suivi, ma mère et moi une allée bordée de grands arbres (ce devait être des marronniers).

Le bâtiment, qui me parut immense était là, imposant, au milieu d’un grand parc. Devant il y avait des arbres fruitiers (poiriers, pommiers). Derrière c’était le jardin potager.

Sœur Céline, la mère supérieure nous a accueillies et mon installation fut très rapide. J’étais logée avec les autres filles, qui travaillaient, elles, à plein temps et n’avaient donc pas le même statut que moi, dans un dortoir aménagé dans les greniers. (Sauf que de juillet à septembre, j’ai travaillé aussi à plein temps, mais sans être payée). »

L'Ecole Saint-Vincent assurait le gîte et le couvert en échange d'un travail à mi-temps

Les fiches de paie de Chantal

A suivre donc, le week-end prochain….

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle de l’école Saint-Vincent en cours de démolition

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Les bâtiments de Saint Vincent ont été détruits pour faire place à des immeubles en cours de construction

Cour de l’Ecole Saint Vincent au moment de sa démolition