André Bonvalot

André Bonvalot, président de l’association Solidarité Pérou

André Bonvalot Solidarité Pérou

interview n° 24 réalisée le 4 novembre 2009 republiée en 2014

Depuis quand êtes-vous dans le quartier ?
J’habite le quartier des Cras depuis plus de 25 ans. J’ai d’abord habité en appartement au Passiflore, rue Henri Baigue à partir de 1981 et depuis 1994, rue Duchaillut dans une maison située à côté de l’école.

Rues Duchaillut et Paul Bert du haut
Vous portez un nom célèbre à Besançon, êtes-vous originaire de la région ?
Oui, je suis originaire de Montbéliard, je suis venu à Besançon en 1967 pour faire des études de droit, la ville m’a plu et j’y ai rencontré mon épouse.
Quelle a été votre activité professionnelle ?
J’ai fait une carrière dans la fonction publique, au Trésor Public précisément. Depuis quelques semaines, je suis en retraite.

Quel a été votre parcours professionnel ?
J’ai occupé 8 postes principalement à Besançon, en commençant à Montbéliard et en faisant un passage à Vesoul. J’ai été 18 ans chef de service à la Trésorerie Générale et 9 ans à la Trésorerie de l’établissement pour personnes âgées de Bellevaux.
Vous êtes responsable de l’association Solidarité Pérou, en quoi consiste son action ?
Nous avons constitué une sorte de jumelage avec des habitants d’un bidonville situé dans la banlieue de Lima, la capitale du Pérou.

Pérou bidonville

Nous les aidons à mettre sur pied des actions éducatives. Nous avons aidé à construire la bibliothèque « Victor Hugo » et le Centre Culturel des Arts. Nous aidons aussi l’action d’un médecin qui a créé un dispensaire dans le bidonville pour offrir des soins gratuitement et lutter en particulier contre la tuberculose. !
Comment êtes vous venu personnellement à consacrer votre énergie à cette action de solidarité ?
J’ai toujours été intéressé par le Tiers-Monde, d’abord dans le milieu chrétien dans lequel j’ai été élevé. Ma grand mère était une cousine d’Alice Domon, une religieuse franc-comtoise disparue en Argentine du temps de la dictature. A l’époque, on parlait beaucoup de ce qui se passait en Amérique latine, au Chili ou ailleurs. Je ne supporte pas les dictatures, je suis très attaché à la liberté et à la démocratie. Et puis, il y a eu une rencontre en 1982 avec un voisin péruvien et une religieuse (Denise) venue à la paroisse du quartier présenter son action au bidonville et demander de l’aide.
Comment s’organise cette solidarité et l’action de l’association ?
Ce fut d’abord dans le cadre de LACIM qui était animée par Gaston Gauthier (ancien responsable du FJT Les Oiseaux). Puis nous avons souhaité constituer une association locale indépendante consacrée exclusivement à l’Amérique Latine et au Pérou en particulier. L’association Solidarité Pérou a été créée en 1998. Nous sommes une cinquantaine d’adhérents dont certains se sont engagés dès le début à verser régulièrement des dons pour financer les projets de nos amis péruviens. Nous avons le souci du renouvellement des membres : des personnes d’une trentaine d’années nous ont rejoint et nous avons des membres en dehors de la région. Mais nous ne souhaitons pas nous transformer en organisateur de « tourisme solidaire » qui connaît un certain engouement auprès des plus jeunes.
Les cotisations et les dons suffisent-ils ?
Non, nous participons aussi à des manifestations au cours desquelles nous vendons des produits de l’artisanat péruvien. C’est le cas tous les ans au Marché solidaire installé square Saint Amour. Cette année, ce sera du 4 au 16 décembre. Nous avons reçu aussi quelques subventions et aides de la ville de Besançon et de la Guilde européenne du raid.
Avez-vous d’autres activités ?
Oui, nous participons à RECIDEV. Nous avons un site Web : solidariteperou.fr et publions une petite feuille de chou intitulée « La Hoja de coca » ; Nous participons au Festival latino Corazon du 7 au 12 décembre. Nous sommes allés 3 fois au Pérou rencontrer nos amis et nous rendre compte de la réalité de la vie au bidonville de Ano Nuevo. Nous y sommes retournés en juillet dernier pour voir les réalisations effectuées avec notre aide. Personnellement, j’anime aussi une émission de radio sur RCF le troisième jeudi de chaque mois à 18 h 15 . Le thème en est l’Amérique latine en général.

André Bonvalot aux Andes

André Bonvalot, en pull péruvien dans les Andes, en juillet 2009

En quelques mots, quelle est la situation au Pérou ?
Le Pérou est un pays magnifique dominé par les Andes qui culminent à plus de 6600 mètres tandis que la moitié du pays est composé de la forêt amazonienne tropicale. Le pays, grand comme 2 fois et demi la France a près de 30 millions d’habitants dont un tiers vit à Lima ou dans la banlieue de la capitale. On constate toujours une sorte d’Apartheid à l’encontre des habitants d’origine indienne qui représente pourtant 60 % de la population. Ce qui est frappant aussi, c’est la corruption à tous les niveaux. L’ex Président Fujimori vient d’être condamné à 25 ans de prison, mais avec son successeur, Alan Garcia, revenu à la présidence avec l’aide de l’extrême droite, cela ne va guère mieux.
Pour revenir à Besançon, quel est votre avis personnel sur le quartier ?
C’est un quartier agréable qui n’est pas trop éloigné du centre ville. Il lui manque une unité. On est un peu tiraillé, écartelé. Du côté des Cras, il y a bien sûr l’ASEP et encore quelques rares commerces. Du côté de la rue de Belfort, le commerce est dynamique, pas seulement des banques et des opticiens ; mais pas de véritable Maison de quartier. Entre les deux, la voie ferrée constitue une sorte de barrière. Deux préoccupations communes, la circulation et les constructions d’immeubles. Ce que j’appréciais, rue Henri Baigue, jusqu’en 1982, c’était de voir les moutons et les vergers sous nos fenêtres. Depuis, les constructions se sont multipliées. On n’a pas l’impression d’un projet d’ensemble pour le quartier, il n’y a pas assez de transparence. Quand on est informé, en général, c’est trop tard pour faire entendre notre point de vue.

circulation-rueduchaillut.jpg

Ce qui me préoccupe personnellement, c’est la circulation dans la rue Duchaillut qui est très dangereuse alors qu’on y a placé une sortie d’école.

Rue Duchaillut passage piéton sorite de l'école

Il n’est pas normal que cette rue ne soit pas en sens unique.

Voir les pages consacrées à la rue du Chasnot,  à la rue Paul Bert