Denis Bourgeois, directeur de l’ASEP

Denis Bourgeois directeur de l’ASEP 22 rue Résal

Denis Bourgeois directeur de l'ASEP

interview n° 55 réalisée le 25 juin 2013 mise en ligne le 27 juin 2013 republiée en 2014 sur le nouveau site www.chaprais.fr

entrée de l'ASEP rue Résal

Vous êtes directeur de l’ASEP, depuis quand ?
Depuis que l’ASEP s’est installée 22 rue Résal dans l’ancien local de la MGEN.
Quel lien avez-vous personnellement avec le quartier ?
J’ai d’abord commencé à travailler 10 ans comme animateur au FJT Les Oiseaux, depuis 1983. J’ai habité rue des Jardins. Depuis quelque temps, j’habite en dehors de Besançon à Roche-lez-Beaupré.

Foyer Les Oiseaux en 2008
Depuis quand a été créée l’ASEP ?
C’est en 1965 qu’a été créé le FJT Les Oiseaux. C’était l’époque de l’exode rural. Les jeunes quittaient les campagnes pour venir travailler en ville. Les grandes usines comme Rhodiaceta, Weil, Kelton et Lip embauchaient massivement. Il fallait loger les jeunes : des patrons ont pris cette initiative. Dans ce cadre, les animateurs, les dirigeants ont créé une Association Sportive et d’Education Populaire pour que les jeunes du foyer gèrent leurs loisirs : bibliothèque, dojo, voyages etc … Petit à petit, ces activités et ce lieu ont été ouverts aux gens du quartier, ce qui a permis aux 150 jeunes (exclusivement des garçons à l’époque) qui logeaient au foyer de se sentir moins isolés. En 1983, deux animateurs ont été recrutés (dont moi) pour développer l’ASEP. Les locaux étaient devenus trop petits. En 1993 on a profité du souhait de la MGEN de vendre son local pour le racheter : 1000 m² et 30 places de parking, c’était une belle occasion. En 1996, l’ASEP est devenue indépendante du FJT Les Oiseaux, avec ses propres salariés.
Que reste-t-il de l’objectif d’ « éducation populaire » ?
C’est une bonne question. Quand l’ASEP a pris son autonomie, la partie culturelle est restée aux Oiseaux pour des raisons de locaux : les projections de films, les concerts, bals sont restés au Foyer.
L’ASEP propose une palette d’activités qu’on essaie de maintenir à un coût abordable. De plus, on aide les jeunes qui ont des projets, on est à l’écoute de jeunes qui demandent un local de répétition, d’enregistrement (sans vouloir concurrencer une structure comme Le Bastion) etc .

ASEP accueil et expo

Le secrétariat est ouvert de 9 h à 21 h en semaine et de 9 h à 18 h le samedi. Cette disponibilité est importante car au delà de l’écoute plus particulière apportée aux jeunes on veut aussi être un lieu de rencontre entre les générations.
Depuis quelques années l’ASEP héberge le Centre Social, mais il ne faudrait pas oublier les 50 activités proposées, comment se répartissent-elles ?

Club de Gym de l'ASEP
Il y a d’abord une vingtaine d’activités physiques de la gym d’entretien,

danse à l'ASEP

de la danse, du yoga etc …

ASEP salle de yoga

Plus récemment, on a développé les activités musicales : des percussions, puis de la batterie, puis du piano, du slam. La pratique de certaines activités coûtent cher, il faut un local isolé et cela ne concerne qu’un petit nombre de personnes à la fois.

ASEP studio

Il y a aussi d’autres activités comme le théâtre avec la compagnie Théâtre Envie, des cours de langue et de cuisine. L’an prochain, on reconduit la plupart des activités avec quelques nouveautés pour les enfants : les arts du cirque, le yoga et la zumba et pour les adultes la sophrologie.
Qui sont les adhérents de l’ASEP ?
Il y en a trois mille dont un millier  originaire du quartier Chaprais-Cras (1/3), 46 % viennent d’autres quartiers de Besançon et 21 % hors de Besançon. L’ASEP de Besançon est très connue, elle attire des gens venus d’assez loin, souvent des anciens habitants du quartier. Pour plus des 3/ 4 ce sont des femmes : la gym d’entretien qui est la plus fréquentée touche presque uniquement des femmes. 18 % sont des personnes âgées, 41 % des adultes de 26 à 60 ans, seulement 5 % de 18 à 25 ans mais 26 % d’ados et 9 % d’enfants de moins de 6 ans.

Denis Bourgeois directeur de l'ASEP
Tout cela doit demander beaucoup de personnel ?
Oui, il y a un équivalent de 15 emplois à temps plein. Mais la plupart des animateurs sont à temps partiel. Je gère 40 à 50 salaires chaque mois sans parler des jeunes titulaires d’un BAFA durant les vacances scolaires. Il y a quelques bénévoles d’abord les membres du CA et pour animer l’aide à la scolarité ou l’alphabétisation (dans le cadre du Centre Social).
Claude Macotta de l'ASEP

Claude Maccotta, l’un des membres de l’équipe des responsables de l’ASEP

La gestion d’une aussi grosse structure ne doit pas être facile ?
Oui, ce n’est pas simple d’équilibrer les comptes. La saison dernière on a terminé avec 22 € 96 de résultat positif. Chaque activité adulte doit s’autofinancer. Nos financeurs sont dans l’ordre de leur importance: la ville de Besançon, la CAF du Doubs, le conseil Général du Doubs, l’Etat et la CAGB. Le CA présidé par Catherine Filaquier et le trésorier Michel Villier suit cela de près. Les adhérents peuvent être affiliés à une fédération sportive en particulier la fédération Sports pour tous EPMM qui a d’ailleurs commencé localement ici à l’ASEP avec Jacqueline Fabre en particulier. Des animatrices comme Angela Panico et Christiane Villier sont diplômées de cette fédération sportive.

L’ASEP héberge ou est en relation avec d’autres associations ?
Oui, il y a le club de karaté (IKS) présidé par André Mathey et animé par Pierre Brunet.

IKS Pierre Brunet
Il y a le Club de l’Amitié présidé par Madame Jacqueline Vannier : les nombreux adhérents se retrouvent chaque jeudi après midi dans la salle du restaurant du FJT.
Il y a José Shungu qui est une compagnie artistique à lui tout seul (Attila) : il anime des ateliers de Slam etc

Quel est votre avis sur le quartier des Chaprais ?
Il est clair qu’entre les Cras et les Chaprais, il y a des différences. Les Chaprais, la rue de Belfort c’est un quartier commerçant. Ailleurs, il y a bien quelques commerces, mais c’est dispersé. Il ne faut pas oublier qu’en nombre d’habitants, le quartier Cras-Chaprais est le deuxième quartier de Besançon après Planoise.

maison de retraite en 2013 rue Paul Bert

Mais, c’est un quartier vieillissant avec beaucoup de personnes seules et de personnes âgées. C’est vrai que les nouvelles constructions et le prix des logements ne favorisent pas les familles nombreuses. C’est inquiétant d’avoir moins d’enfants. Nous à l’ASEP, on ne le ressent pas encore tellement grâce au recrutement extérieur
Selon vous, que manque-t-il aux Chaprais ? Y aurait-il des améliorations à faire ?
Franchement, je ne vois guère ce qui manque aux Chaprais, il y a des écoles, des commerces, des services etc.. C’est vrai que les salles font parfois défaut. Nous devons décentraliser certaines activités en dehors du quartier. Personnellement, habitant Roche-lez-Beauprés, je ne fréquente pas beaucoup les commerces des Chaprais. A l’ASEP, on va à la pharmacie du coin et au petit commerce Vival qui est tout à côté. On sous-traite beaucoup de choses. Nous sommes en relation régulière avec les deux foyers de jeunes travailleurs Les Oiseaux et de la Cassotte.

ASEP manger
Pour l’animation du quartier, ce n’est pas facile de réunir tout le monde. Quand on a demandé, il y a quelques temps à la présidente de l’association des commerçants de s’associer avec nous, elle a refusé car les commerçants réalisaient déjà de l’animation avec le Troc et une course cycliste. Les choses vont peut-être évoluer. Cette année, il n’y a pas eu de fête du quartier. On en refera une l’an prochain.
Abordons un sujet qui fâche : les tags qui enlaidissent les murs des Chaprais ?

ASEP mur de tags
L’interdiction d’écrire sur les murs est-elle le meilleur moyen d’éviter ces dégradations ? Ne vaudrait-il pas mieux proposer un mur libre. C’est ce que nous faisons à l’ASEP. On peut penser que toute l’expression sur ce mur libre est autant de moins sur les autres murs du quartier.

ASEP mur de tags

Maintenant, nous ne sommes pas les seuls à permettre aux jeunes de s’exprimer ainsi. Ce sera aussi possible à Vital été.