Deux personnalités pour deux ruelles des Chaprais
Compte rendu de la conférence d’histoire du 8 octobre : 2e partie
Le premier compte rendu de la conférence sur l’histoire de 4 rues des Chaprais portait sur les rues du Balcon et Garibaldi.
Ce deuxième article présente l’histoire de la rue Général Rolland et du passage RFambaud

Entre la rue de Belfort et la rue Viotte : la ruelle du Chasnot
Attribuée au général Rolland en 1911, pour honorer, « l’ex-gouverneur de la place de Besançon », la ville de Besançon reconnaissante, attribue son nom à une ruelle des Chaprais située entre la rue du Chasnot et la rue de la Viotte
Qui était Marius Rolland ? un marin pour défendre Besançon
Marius-Henri Rolland, né à Marseille en 1821, a effectué sa carrière militaire dans la marine. Capitaine de Frégate, il est arrivé en Franche Comté en 1870. La 1er décembre, il est nommé général de division de l’armée auxiliaire à titre temporaire chargé du commandement de la 7e division militaire et de la place de Besançon. C’est dans un contexte très difficile qu’il doit faire face à sa mission, malgré ses colères, il est apprécié par exemple par Isabelle Febvay. Face à la défense de la ville, l’armée prussienne n’osa pas attaquer Besançon.
L’armistice est signé le 15 février. Le 10 mars, Rolland cède son commandement. Il est nommé à l’État-major de la Marine et retrouve son grade de capitaine de Vaisseau. Le 22 mars, il quitte Besançon et prononce un discours au balcon de l’hôtel du Nord terminant par « Je suis marseillais de naissance, mais de cœur je suis bisontin. » Il est ovationné par plus de 10.000 Bisontins qui l’accompagnent jusqu’à la gare, musique en tête.
Il est fait citoyen d’honneur de Besançon. Une montre chronomètre lui est offerte. Il est nommé commandeur de la Légion d’honneur et quitte l’armée en 1879. Il est mort à Marseille en 1908.

Compte rendu de la séance du conseil municipal du 21 mars 1872
» M Albert Jacquard adjoint préside en l’absence du maire empêché.
M le général Rolland vient d’être déchargé de ses fonctions de commandant de la 7e division militaire et de la place de Besançon. En se séparant de lui, le conseil municipal croit devoir conserver mémoire des signalés services rendus par le chef militaire qui, dans le cas longtemps probable d’un siège aurait été l’âme de notre défense et n’a rien négligé de ce qui pouvait rendre cette défense aussi honorable pour la cité qu’efficace pour le salut de la patrie.
Venu dans notre ville en qualité de commandant de la subdivision militaire de Haute Saône, circonscription envahie par l’ennemi, M le Général Rolland déploya la plus intelligente énergie pour transformer au plus vite en soldats les mobilisés que nous envoyait ce département.
Appelé par le vœu de notre population, puis par le gouvernement de défense nationale à prendre le commandement de la division militaire, M le Général Rolland embrassa sur le champ tous les éléments d’une aussi vaste tâche. Doué d’une activité sans égale, M le général Rolland sût donner une impulsion rapide à la construction des forts détachés qui environnent notre ville et ont enlevé à l’ennemi la tentation d’essayer sur elle une surprise ou un bombardement. Enfin, lors de la retraite de l’armée de l’Est, M le Général Rolland eût le mérite de comprendre l’urgente nécessité de l’évacuation immédiate d’une aussi grande masse d’hommes et les mesures radicales qu’il prit à cette occasion ont épargné peut-être à notre ville le sort de Metz ou de Sedan.
En conséquence, le conseil municipal délibère à l’unanimité qu’il sera offert à M le général Rolland au nom de la population toute entière un témoignage de haute estime et de reconnaissant souvenir et s’unissant dans une pensée commune à la garde nationale de la cité, il décide à l’unanimité qu’une médaille commémorative sera offerte au Général » …
Le rôle du général Rolland durant la guerre a été décrit par Isabelle Febvay dans un livre intitulé La défense de Besançon

Isabelle Febvay était l’épouse du Secrétaire Général de la Préfecture de Besançon lors de la Guerre de 1870. Agée de 30 ans, elle organise un service d’ambulancières dans des conditions terribles. Elle tient un journal de guerre du 4 septembre 1870 à fin mars 1871.

Son nom a été donné à une allée du cimetière du Champ Bruley
Qui habitait rue Général Rolland ?
Il faut attendre le recensement de 1911 pour que soit pris en considération cette dénomination.
A cette date, on recense seulement 32 habitants répartis entre 11 ménages dans 4 maisons

En 1921, qui habite cette rue ?
60 habitants répartis entre 20 ménages dans seulement 4 maisons.
Au numéro 1 résidaient 5 ménages dont un couple sans profession les plus âgés de la rue (78 et 73 ans), un employé de la Compagnie PLM, un ouvrier, deux journalières (mère et fille) et Henry Hausaman représentant patron avec son épouse et deux domestiques.

Actuellement, la maison est occupée notamment pas le cabinet médical du docteur Debut
Entre le 23 rue de Belfort et le 1 rue Rolland, se trouvait l’usine de bobinage Perriolat

Au numéro 1 est présent Albert Pellaton né en 1875 à Travers en Suisse. Il est patron horloger .
La société Pellaton a été fondée en Suisse en 1900 et s’est établie à Besançon en 1927. Elle est spécialisée dans la fabrication de cadrans pour l’horlogerie. Après 1945, elle est connue sous le nom d’Argentor et s’installe rue du Château-Rose. En 1962 est fondée la Socame regroupant les trois sociétés bisontines Argentor, Cadrhor et Cadralux et Unic Cadrans, à Baume-les-Dames. L’effectif atteint 80 personnes en 1975, mais la société disparaît vers 1980.

En 1926, le propriétaire du numéro 1 est Rodolphe Henri Hausamann (ou Hausammann) garagiste, né dans une famille d’horloger suisse.
Son petit-fils Georges Henri Aglae est décédé le 24 avril 1945 à Djedeida, il était sergent mécanicien et est mort en service aérien commandé
Sa petite-fille , Andrée Hausamann est connue sous le nom de Maria Lopez. Ancienne élève du conservatoire de Paris, où est remporta , chose rare, les trois premiers prix de chant (chant, Opéra, Opéra comique), elle rencontra et se fiança avec Francis Lopez (d’où son nom de scène) et enregistra plusieurs chansons

Le Mistigri est un restaurant spécialisé dans la cuisine traditionnelle du Haut Doubs.

Les roestis de Monique Philippon (durant 12 ans) puis de Fernande De Almeida étaient réputés. Le Mistigri est actuellement tenu par Aude Hugel
En 1946, sont recensés Alphonse Retournaz né en 1905, garagiste et son fils Pierre, apprenti mécanicien + son épouse et sa fille SP.
L’entrepôt Mourlon est devenu un commerce de cassettes vidéo puis un sex-shop avant d’abriter des ateliers d’artistes

En 1946 au numéro 3 la maison Slater sont recensées 20 personnes

Henri Frenesy assurance, épouse et 2 filles. Aline Götsch Boillon SP, sa fille employée d’imprimerie, une autre horlogère. Olivier Legros employé de banque + épouse, mère et belle mère SP. Marie Peseux-Chapuis retraitée (1878) et Marcel, fils expert comptable.Célestin Jacquot, 1880, employé de commerce et femme SP
Marthe Gaffot 1879 retraitée. Louise Didio 1885, retraitée. Marthe Mauclair SP et son neveu Theutold Suisse (1902) mécanicien horloger
Qui a habité aux numéros 5 et 7
En 1921, au numéro 5 logeaient 3 ménages soit 9 personnes dont un employé aux Economiques bisontins, un garnisseur et son épouse couturière patronne.
Manifestement, une construction moderne en arc de cercle a remplacé l’ancienne bâtisse.
Au numéro 7 logeaient aussi 3 ménages soit 11 personnes dont un autre percepteur, un employé à la Compagnie PLM, une employée aux montres Japy, rue de la Rotonde et une sténo-dactylo.
En 1946 : deux maisons Lutz
(En 1990 René Lutz habite au n°5 , François Lutz habite au n°7)
Au n° 5 un ménage de 9 personnes Marguerite Mairey et 2 fils René apprenti SNCF, Robert apprenti horloger + 6 enfants

Au n° 7 , 6 ménages Marcel Clerc plombier = 2 filles et belle mère, Jeanne Mourey SP, Guillaume Croce italien horloger, Fernand Feychenne, épouse et 4 filles Cuisenier Denise coiffeuse, Stéphane Poignand agent PTT
André Viennot employé SNCF
Histoire du passage Rambaud

Qui était Alfred Nicolas Rambaud ?

Fils d’un relieur papetier natif de Gray, il est né à Besançon le 2 juillet 1842

Il fit de brillantes études d’abord au lycée de Besançon puis au lycée Louis Le- Grand à Paris puis à l’école Normale Supérieure; agrégé d’histoire en octobre 1864, il devint professeur d’histoire dans différents lycées.
Professeur d’histoire à l’Université de Caen et de Nancy
Il s’intéresse à l’Allemagne et effectue une mission en Russie de 73 à 75 pour préparer un rapprochement franco-russe.
Il publie de nombreux autres livres

En 1879, il devient le chef de cabinet de Jules Ferry, ministre de l’instruction publique
Il entame une carrière politique locale : conseiller général du canton de Roulans en 1883, de celui de Levier en 1902 puis vice président. Il fut élu sénateur en 1895. Nommé Ministre de l’Instruction publique par Jules Méline en 1896.
Il est venu en visite dans sa ville en 1896

Son combat contre les ravages de l’alcoolisme et en particulier de l’absinthe lui a fait perdre son siège dans le Haut-Doubs

En 1864, il épousa la fille d’un avoué de Nancy et eut 4 enfants. Sa fille épousa le fils du célèbre géographe Vidal de Lablache. Il est mort, à Paris, le 10 novembre 1905.
Alfred Rambaud était franc maçon, il aurait appartenu à 3 loges de Besançon
Il était aussi journaliste et même rédacteur en chef du « Progrès de l’Est » et écrivain
Qui est recensé passage Rambaud ?
Très peu d’habitants
En 1936, on compte 2 maisons, 2 couples 4 habitants
Léon Droz Berthoulet né en 1884 encaisseur Eclair Comtois et son épouse Céline née Cote en 1890, ménagère. maison Haussamann
Albert Koch né en 1897, employé PLM et son épouse Marie sans profession maison Binetruy
En 1946, 2 maisons 8 habitants : Laurent Maire 1903, directeur du contentieux, épouse, fille et pensionnaire SP, George Lux 1902 employé SNCF, épouse et 2 filles dont une étudiante
Le début de la rue correspond au bel immeuble du n° 5 rue des Chaprais

Côté pair, on remarque la présence de l’école de musique et un cabinet de kinés

L’autre extrémité de la rue correspond au n° 18 rue de Belfort
Un vieux bâtiment comportant plusieurs commerces (dont le café du Chasnot) a été démoli

pour laisser la place à un immeuble Le Majestic construit en 2012

Le café-restaurant dénommé paradoxalement la Fée verte existe toujours de l’autre côté du passage
Un passage qui a été longtemps obstrué par des travaux

La prochaine conférence d’histoire des Chaprais
aura lieu jeudi 26 novembre à 15 h 30
au Centre Pierre Mendès France
thème : les places publiques aux Chaprais

