ActualitésHistoire & Patrimoine

Histoire de la rue des Fluttes Agasses

La campagne à la ville : pies, sapins, cheminots, menuisiers, couturières, sténodactylos …

Troisième article pour rendre compte de la conférence d’histoire des Chaprais du jeudi 23 avril 2026 après la rue Paul Bert et la rue Narcisse Lanchy voici la rue des Fluttes Agasses.
De nombreuses personnes étaient présentes à la Cassotte

conférence d'histoire des Chaprais Paul Bert, Lanchy et Fluttes Agasses

La recherche aux archives et sur le terrain concernant cette rue a été réalisée par Hélène Japy. Voici un aperçu de cette étude.

L’origine de cette dénomination

La pie bavarde (pica pica) est aussi connue sous le nom d’ageasse, ajasse ou agasse ...

Le nom viendrait du fait que de nombreuses pies nichaient dans les sapins. Les pies occupent le même territoire toute leur vie . Une fois qu’elles ont trouvé un endroit convenable, il y a beaucoup de chance qu’elles restent indéfiniment. Une pie peut vivre jusqu’à près de 20 ans. Elles pondent 6 à 8 œufs . Donc on peut imaginer que leur nombre devaient augmenter chaque année . Aujourd’hui il reste encore des pies mais beaucoup moins car beaucoup de sapins ont été abattus.

Flutter, c’est émettre une vibration. Le cri de la pie est un cri d’alarme saccadé, qualifié de « chatter » ou « claquement staccato », il sert de balise sonore pour signaler la présence immédiate d’un prédateur terrestre dans les jardins. Les éthologues décrivent un enchaînement de 3 à 5 claquements par seconde, pouvant grimper jusqu’à 7 par seconde quand la menace bouge ou s’apprête à attaquer. Le tout atteint environ 75 à 80 décibels, sur une large bande de 2 000 à 6 000 Hertz, audible dans un rayon de 50 à 100 mètres

Le verbe agacer tiendrait son origine du nom de la pie bavarde dont le chant « agace ».

Il ne faut pas confondre le chemin des « Fluttes Agasses » avec le lieu dit « Flute-Agasse » situé entre Saint Ferjeux et le chemin de la Chaille

Malgré des abattages, la présence de sapins s’observe encore par exemple au début de la rue

et au numéro 5

L’origine de ce chemin sur les plans anciens



Des terres cultivées et quelques espaces boisés au début du XIXe


Le chemin des Fluttes Agasses apparaît avec une majorité de surface en labour , quelques espaces de vignes vers le N° 14 actuel et une oseraie et quelques espaces en friche. A l’époque on trouvait souvent associée à un vignoble, une oseraie . Elle permettait d’avoir la matière première pour lier les sarments de vignes

En 1850

En 1883, le chemin des Fluttes Agasses apparait mais on ne distingue presque pas de constructions

En 1937, on dénombre une dizaine de maisons entre la rue Lanchy et la rue de la Famille

Les maisons les plus anciennes ont donc été construites dans les années 1930

La plupart de ces maisons ont changé de numéro


Vue de la maison à l’actuel .n°8 , mais n° 2 sur le recensement de 1931 =Famille Lacour . Alfred August, grand père de Mme Lacour, actuelle propriétaire et occupante de la maison, a acheté la maison et un vaste terrain qui descendait jusqu’à la rue Roussel en 1917 . Il était cuisinier au lycée …… Mme Lacour décrit ( à l’époque où elle allait voir ses grands parents) un chemin en terre battue, avec beaucoup de sapins et vergers. C’était la campagne avec chèvres , poules , elle se souvient de vaches au bout du chemin . La petit maison sera surélevé d’un étage


C’est la famille Humbert qui est à l’époque propriétaire de la maison. Ce sont les grands parents de Mme Reinier qui habite actuellement la maison. Ils ont acheté le terrain en 1920  c’était principalement des vergers :  Alphonse August le grand père travaillait aux PLM , en 1931 il est retraité . Sa petite fille hérite de la maison en 1955 et l’occupe avec sa famille jusqu’à aujourd’hui ; Son mari était plombier. Quand elle allait voir ses grands parents , elle se souvient que le chemin des fluttes agasses n’était qu’un chemin de terre. Ce n’est que vers 1960 qu’il a été semble-t-il goudronné ; la municipalité de Besançon a exproprié un petit bout de leur terrain pour l’aligner celui-ci aux autres avant le goudronnage de la rue.

Les parcelles allaient jusqu’à la rue du Foyer Familial (actuel Romain Roussel) comme au numéro 14 terrain de Pierre Chevignard, un artiste qui ouvre son jardin chaque année en mai juin pour une exposition « l’Espace d’un jardin »

Espace d'un jardin mai 24


Au .n° 11 actuel,

ce fut d’abord un dépôt de meubles de l’entreprise Vischel (société créée en 1954) qui avait un magasin au 6 avenue Carnot

meubles Vischel 6 avenue Carnot

On retrouve cette entreprise à Paris, mais il s’agit d’une holding

Cette structure contrôle 19 établissements dont seulement 8 sont encore en activité à Nancy ou à Metz par exemple une nouvelle société fondée en 1991 : L’entreprise AMEUBLEMENTS VISCHEL, dirigée par Basile Camerling (Président) est localisée au 1 rue de la petite boucherie à Metz dans le département de la Moselle. Cette société est une société anonyme par actions simplifiées sous l’enregistrement 754801140 00288, recensée dans la nomenclature Commerce de détail de meubles.

Puis ces vastes locaux ont été utilisés comme dépôt de presse.

L’autre partie du bâtiment a été occupée ces dernières années par une école privée.

avant l’intersection avec la rue de la Famille se trouvait la ferme Nardin

N° 17 Mme Nardin habitait une ferme avec poules , lapins. Mme Reinier se souvient petite aller chercher des œufs chez Mme Nardin. Selon le recensement de 1931 et celui de 1936 la famille Nardin est propriétaire de deux habitations dont le N° 16 qu’elle loue à la famille Bon (un employé au PLM).

En 1945 selon l’annuaire Fournier la famille Nardin serait encore là avec Mr Nardin P retraité de la SNCF et un autre monsieur Nardin horloger à l’Observatoire. En 1965 on ne trouve plus de traces de la famille.

Une rare photo ancienne montre des constructions modestes sur des terrains encore dégagés.

La rue se prolonge vers les Orchamps à gauche au rond point avec la rue de Verdun

On y trouve des immeubles et des maisons plus récentes
au n° 35 actuel


N° 35 la maison date de 1938. Elle est recouverte d’un crépi à la tyrolienne ocre avec pigment naturel. Les propriétaires actuels ont acheté la maison en 1988. En près de 40 ans, ils ont observé qu’il y a beaucoup moins de pies que quand ils sont arrivés. Les maisons avaient alors encore de vastes jardins arborés. Aujourd’hui les parcelles se sont réduites et l’habitat s’est densifié. Toute la partie basse du jardin a été détachée de la parcelle d’origine pour y construire une nouvelle maison . Dans cette partie impaire de la rue la plupart des terrains côté jardin sont en pente. Le contre bas de toutes les maisons qui sont alignées le long du trottoir ont une partie arrière du jardin qui a disparu au profit soit d’un immeuble soit d’une nouvelle maison. Souvent ce sont les enfants qui ont construit une maison sur le terrain des parents.

au n° 37

Quelles étaient les activités des habitants ? surtout des cheminots


En 1931, 21 travaillaient à la Cie PLM – une à la bonneterie Druhen – 1 Jacquemin – 1 horloger – 1 menuisier – 3 cultivateurs ( trices) – 1 architecte

En 1936, toujours beaucoup de cheminots 12 à PLM – quelques employés tertiaires UNAF – 2 employées dans le textile chez Félix – 1 agent de police – 1 maçon – 1 peintre – 1 terrassier

En 1946, encore 11 cheminots à la SNCF, 3 couturières, 4 employées de bureau ou sténodactylos, 3 menuisier ou ébéniste, une découpeuse et un luthier Georges Beilhartz recensé au numéro 1 en 1946

Le recensement de 1946 distingue deux parties à la rue des Fluttes Agasses : la première dénombre 84 habitants dans 16 maisons et la seconde partie qualifiée de population éparse 57 habitants dans 12 maisons.

En 1946, sur les 16 maisons, on retrouve plusieurs familles déjà présentes au début des années 30, la famille Galliot propriétaire de 4 maisons, 4 familles de cheminots : la famille Lacour dont le père Louis travaille à la SNCF, son épouse et 5 enfants, la famille Humbert et la famille Coulon : René Coulon travaille aussi à la SNCF.

Prochaine conférence d’histoire des Chaprais jeudi 21 mai à 15 h 30 à la Cassotte
Thème : les rues du Cercle, de la Rotonde et du Château rose (à confirmer)

Évènements à venir