Histoire de la rue Just Becquet
Compte rendu de la conférence d’histoire des Chaprais du 5 mars, 3e article
La conférence du 5 mars 2026 proposée par l’association Vivre aux Chaprais a fait salle comble

Elle portait sur la rue de la Liberté, la place de la Liberté et le rue Just Becquet. Ce troisième article concerne la rue Just Becquet. Les recherches sur cette rue ont été réalisées par Hélène Japy.
L’origine de la rue

Sur ce plan datant de 1862 on remarue la rue de la Cassotte, la rue des DEux Princesses et la rue des Chaprais mais ni la rue de la Liberté, ni la rue Just Becquet.
En 1896, ces rues sont tracées mais, pas le nom Just Becquet. Il faut attendre 1911
pour qu’il soit attribué.

Qui est Just Becquet ?
Il est né à Besançon le 12 juillet 1829. Son père était orfèvre rue des Granges. Il suivit l’Ecole Municipale des Beaux Arts puis fut à Paris, élève de Rude (à qui il a consacré un buste). Après la fermeture de l’atelier de Rude, Just Becquet décide de poursuivre seul.
Il travaille alors dans un bureau d’agent de change car malgré une notoriété acquise au Salon de Paris de 1857, il ne peut vivre de son art. Il est aussi un excellent violoncelliste et jouera dans plusieurs concerts parisiens et dans l’orchestre du Théâtre Français.

En 1869, il obtient une médaille au Salon et lors de celui de 1870, une médaille de première classe. En 1878, il obtient une médaille de seconde classe lors de l’exposition universelle et il est Chevalier de la Légion d’ honneur. Il sera reçu, à la même époque à l’Académie des sciences et des Belles Lettres de Besançon.
Il est connu dans le quartier des Chaprais pour ses deux statues de déesses.

Flore place Flore

Et la statue de la déesse de la danse, érigée au dessus de la salle des fêtes du casino, actuellement NTB
Il meurt en 1907 à Paris, mais il est enterré à Besançon au cimetière de Saint-Ferjeux.
Dès 1909, un buste dû au sculpteur Greber est inauguré au parc Micaud.

Georges Laëthier a réalisé un autre buste

Une exposition intitulée Le geste sûr lui a été consacrée au Musée des Beaux Arts de Besançon


Les sources d’informations statistiques sur cette rue sont limitées : rien avant 1921
Qui habitait la rue en 1921 ?
2 ou 3 maisons, 32 ménages et 96 habitants dont 3 étrangers (une famille suisse)
Quelques familles nombreuses comme celle de Ernest Jeanvoine, manœuvre avec 7 enfants
Au n° 5 sont recensés 5 ménages dont le directeur de la Flusin, station électrique de Fournaud et son fils ingénieur à la Cie électrique de Franche Comté. Deux employés PLM, des ouvriers chez Groslambert ou Jacquemin, une dactylo chez Thieulin et une employée au bureau militaire.
Les 27 autres ménages sont recensés au numéro 7

On remarque encore 7 employés à la Cie PLM, 12 ouvriers métallurgistes (dont un chômeur), 2 travaillent à la confiserie Jacquemin, un chez Gangloff, un charpentier chez Pateu, une femme typographe chez Jacques et Demontrond.
Tous des salariés sauf un forain et un bijoutier Suisse : Charles Herzig.
Quel changement entre 1921 et 1926 ?

Pas de numéro 1, dépendance du n° 21 rue de la Cassotte
Trois immeubles constituent l’essentiel de l’habitat, partagé entre 3 propriétaires :
N° 5 : Druhen 5 logements tous les locataires ont changé entre 1921 et 1926
N° 7 : Fitcher 12 logements 8 locataires sont restés donc une certaines stabilité
N° 9 : Durtuy 13 logements 4 locataires sont restés
Tous les occupants étaient donc locataires.
Entre 1921 et 1926 beaucoup de changement. Peu de familles restent sur place. Seulement 8 familles occupent encore leur appartement sur 32
Beaucoup de mobilité, quelques familles stables :
Dornier couple et 3 enfants père à PLM
Gresset couple =à PLM, caissière au buffet de la gare
Papon mère (et fils) culotière chez Burth
Saulnier plâtrier chez Lasibille puis Plançon couple et belle fille sténo
Jeanvoine couple avec 6 enfants, père scieur, margeuse, magasinier, ouvrière
5 ans plus tard, en 1931
Pour l’immeuble appartenant à Druhen : toujours 5 appartements occupés mais sur le recensement la numérotation indique 3 et 5 ? Tous les locataires ont changé
Pour l’immeuble de Fischer : 5 familles sont restées
Au 9, l’immeuble Dutruy seulement 2 familles sont restées sur 17 locataires
Une observation un peu étonnante : le recensement indique la religion d’une famille : juive. Pourtant on n’est qu’en 1931. Aucune autre mention n’apparaît pour d’autres familles

Une particularité architecturale : l’escalier en bois dans la cour

Globalement on peut observer une mobilité importante des familles sur cette période de 10 années. La structure sociale est variée, les employés bureau progressent, l’industrie et le petit artisanat sont toujours important.
En 1936, la rue s’est peuplée avec 110 habitants grâce à la construction d’un immeuble appartenant à Péquignot aux n° 4-6 rassemblant 13 ménages soit 32 personnes.

Parmi les habitants de cet immeuble, on relève la présence d’un industriel Henri Jeanneret et de Roger Fallet directeur de la salle de spectacle du casino.
Dans les anciennes maisons ,on remarque une concentration de mécaniciens travaillant chez différents employeurs comme la Cie des Compteurs, Camelin et Druhen.
Au n°7 se trouvait une agence de l’entreprise Clemessy

L’histoire des Etablissements Clemessy en quelques dates
1900 – Eugène Clemessy transforme, durant ses loisirs, un vieux moulin près de Brunstatt en centrale électrique qui alimentera plusieurs communes. Pressentant l’avenir de cette source d’énergie, il fonde huit ans plus tard les établissements Clemessy.
1908 – Les débuts sont modestes : un magasin de vente de petit matériel électrique et trois monteurs électriciens intervenant chez les particuliers.
1926 – La petite entreprise se tourne vers le marché industriel en créant un atelier de réparation de moteurs électriques et se diversifie, en 1937, en intégrant l’installation de téléphones. Cinq ans plus tard démarre la fabrication de tableaux de distribution.
1940 – André Clemessy (1907-1996), fils d’Eugène et entré dans l’entreprise en 1930, devient directeur général de l’entreprise puis PDG de la SA jusqu’à ce qu’il transmette ce poste à Jean-Paul Marbacher en 1978 qui restera PDG jusqu’en 1992.
1957 – L’entreprise familiale devient une société anonyme.
1965 L’exportation débute (Cameroun, Tchad, Guinée, Gabon, Pakistan, URSS). C’est aussi le départ d’un long partenariat avec le CNES, en Guyane, où Clemessy s’implante dès 1969 et participe aux installations de Kourou.
1999 – La famille Clemessy a vendu ses parts au consortium EDF-Cogema-Siemens.
2000 – Game, spécialiste de l’ingénierie de maintenance, rejoint le Groupe Clemessy.
2001 – Dalkia, filiale du Groupe VEOLIA et acteur majeur de la gestion d’énergie, devient l’actionnaire principal de Clemessy.
2008 – Eiffage rachète Clemessy ainsi que Crystal à Dalkia. (6000 salariés)
2016 – Clemessy SA se compose de nombreuses filiales L’ensemble des implantations Clemessy et de ses filiales représente une centaine d’agences dans le monde
Un projet immobilier est déposé par le groupe Seguin, il sera mis en oeuvre en 2014 malgré la contestation de riverains.


Prochaine réunion d’histoire des Chaprais jeudi 23 avril à 15 h 30 à la Cassotte
Au programme l’histoire de rues Paul Bert, Lanchy et Fluttes Agasses (secteur des Cras)

