Décès du philosophe Claude Louis Combet
Une silhouette qui disparait des Chaprais
Cette silhouette discrète et familière manquera cruellement au quartier des Chaprais et dans les rues de Besançon où il aimait à marcher au bras de sa compagne. Mais, plus encore, c’est la perte de l’un de nos grands écrivains contemporains qui endeuille le monde des lettres et de la poésie.
Claude Louis-Combet dont l’œuvre considérable est admirée, et bien au-delà de nos frontières, était servie par une prose inimitable, souple et onirique. Mais il était aussi poète, critique d’art, essayiste, directeur de collections, et excellait dans le dialogue avec les arts plastiques.
Malgré sa profonde discrétion, son ignorance des mondanités et de leur réseaux, son recueillement d’ermite, son inaptitude aux honneurs, il a été trahi par son talent et le Grand Prix national de la SGDL (Société des Gens de Lettres) pour l’ensemble de l’Œuvre lui a été attribué en 2022.
Né à Lyon en 1932, Claude Louis-Combet traverse son enfance marqué par la mort précoce de son père et par une éducation religieuse qui nourrira durablement son imaginaire. Après un passage dans les petits séminaires, puis trois années au sein des Pères du Saint-Esprit, il rompt avec la vie religieuse en 1953 avant d’entreprendre des études de philosophie à Lyon, sous l’influence du phénoménologue Henri Maldiney.
De 1958 à 1992, il enseigne à Besançon, d’abord comme professeur de philosophie, puis comme directeur d’un centre de formation d’instituteurs spécialisés. Parallèlement, il publie ses premiers articles dans les revues du mouvement Freinet et développe, dès les années 1970, une œuvre littéraire qui se déploie entre romans, récits, mythes revisités et essais.
Il se définit aussi comme l’auteur de « mythobiographies », ces récits qui croisent figures historiques, mythiques ou mystiques et plongée dans les zones profondes du désir, du corps, de l’imaginaire et du sacré. Il revisite aussi bien la mythologie païenne – comme dans Le Roman de Mélusine ou Le Bœuf Nabu – que l’imaginaire chrétien, avec Marinus et Marina, Mère des croyants ou Beatabeata. Dans ses essais, tels L’Enfance du verbe, Du sens de l’absence, Écrire de langue morte ou Le Péché d’écriture, il explore cette langue enfouie qui règne, écrit-il, « entre le nid des entrailles et l’écume de la Voie lactée ».
La meilleure manière, à présent, de rende hommage au disparu et à son talent est sans doute d’inviter les bisontins à le lire et le relire, et d’évoquer son écriture, son style, avec ses propres mots ce serait :
Comme une phrase sans interstices, tout entière enveloppée d’elle-même
et close, hermétiquement, aux incidences du jour,
Sans autre intention que d’assurer son équilibre et sa paix, son poids et sa mesure,
son rythme et son temps,
Sachant que, liés les uns aux autres par les puissances d’amour du souffle et de la salive,
les mots ont une chance de tenir contre toute tentation de rupture […]*
Funérailles de Claude Louis Combet
Sylvie, sa fille, Mireille, sa compagne, Rose, Claire et Tristan, ses petits enfants
ont la tristesse de vous faire part du décès de Monsieur Claude Louis Combet
survenu lundi 24 novembre dans sa 94e année
Claude repose au Funérarium 13 rue de Vesoul à Besançon
La cérémonie aura lieu mardi 2 décembre à 16 h 30
au crématorium d’Avanne 20 bis rue des Cerisiers
Informations transmises par Judith Alvarado-Migeot et François Migeot

