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Histoire des rues proches de la gare, 3 e partie du compte rendu

Bombardement de juillet 43, personnalités et rue Grosjean

La conférence mensuelle d’histoire des Chaprais du 20 mars a fait le plein à la Cassotte
Réunion d'histoire du 20 mars 25
Après avoir résumé en première partie, l’histoire de l’avenue de la gare, devenue avenue Foch : des hôtels et des villas, puis l’histoire de la rue de l’industrie : quelles industries ? Voici un aperçu des autres points abordés : le bombardement de juillet 1943, les personnalités et la rue Grosjean
Résultat de la recherche menée par François Baverel.

Le bombardement de juillet 1943

gare bombardée 1943

Le bombardement du 15 juillet 1943 n’a pas touché que la gare Viotte, mais une grande partie des rues voisines

Destructions avenue Foch

rue de l'Industrie bombardée, immeuble atteint
Rue de l’Industrie
La reconstruction a pris du temps en particulier à l’angle de la rue Grosjean : le trou de la bombe est longtemps resté un terrain de jeu pour les enfants du quartier avant la construction de l’hôtel Foch

Foch et les personnalités du quartier

Le nom de Foch a été donné à l’avenue de la gare en 1929. Qui était-il ?

Foch

Il n’a pas d’attache particulière avec Besançon. Né à Tarbes en 1851, Ferdinand Foch sert dans l’artillerie après avoir été admis à l’École Polytechnique. Professeur d’histoire militaire et de tactique générale, il forme plusieurs promotions d’officiers à l’École de guerre avant d’en prendre la direction de 1908 à 19111.
Officier d’artillerie, il commande pour la première fois des troupes au combat durant la Première Guerre mondiale. Entre 1914 et 1916, il est à la tête du 20e corps d’armée, puis d’une armée et enfin d’un groupe d’armées. Il participe à des batailles défensives, dont la première bataille d’Ypres fin 1914, et des batailles offensives, la bataille de Morhange en août 1914, la 2e et la 3e bataille de l’Artois en 1915 puis la bataille de la Somme en 1916.
Relevé de son commandement, il revient au premier plan en mai 1917 lorsqu’il est nommé chef d’état-major général, conseiller technique du gouvernement.
Au cours des derniers mois qui précédent la victoire, en mars 1918, il est nommé commandant en chef des forces alliées sur le front de l’Ouest. Bénéficiant de la supériorité numérique alliée, il déclenche l’offensive finale qui aboutit à la capitulation de l’armée allemande.
Il a été élevé à la dignité de maréchal de France en août 1918,
Il a été un adepte de l’offensive à outrance en s’inspirant de Clausewitz et de Napoléon.

Charles Siffert, un cafetier, maire de Besançon

Siffert cafetier, maire de Besançon

Charles Augustin Siffert est né le 8 février 1876 à Besançon où son père était propriétaire d’un café Le Caveau.
Il suit les cours de l’école primaire supérieure puis travaille avec son père au café familial. Il crée ensuite un commerce de boissons, le Limonadier comtois, puis devient président de la Confédération nationale des débitants de boissons et restaurateurs de France.
En 1911, il a succédé à Louis Cattet comme propriétaire de l’hôtel du Chat noir avenue Foch
Il entre au conseil municipal de Besançon en 1906 comme radical et est élu maire de Besançon en 1925, réélu en 1929 et 1933.
Il se présenta 2 fois sans succès aux sénatoriales, battu par Georges Pernot
Son dernier mandat fut marqué par une vive polémique à propos de la démolition des remparts et de la porte d’Arènes en 1933
A sa mort, en 1939, il fut inhumé aux Chaprais. C’est son premier adjoint Henri Bugnet qui lui succéda.
Alexandre Grosjean autre maire de Besançon

Alexandre Grosjean

Né à Nancy en 1851, fils d’un directeur de Messageries, il fit des études de droit et devint avocat à Besançon. Il fut propriétaire de la villa du n° 13 avenue Foch
Franc maçon et radical, il fut élu Conseiller général de Besançon et conseiller municipal en 1889 puis maire en 1906 lors de la démission de Henri Baigue
Sénateur en 1907, il fut battu en 1921. Il est mort à Besançon en 1922. Son nom fut donné en 1933 à la nouvelle rue reliant l’avenue Foch à la rue de l’Industrie.

Le sculpteur Georges Laëthier

Médaillon photo représentant G. Laëthier
Georges Laëthier (1875-1955) est un sculpteur bisontin formé à l’école des Beaux-Arts de Besançon, connu pour ses œuvres honorant des figures célèbres de la Franche-Comté : Louis Pasteur, Victor Hugo, Gustave Courbet, Pierre Joseph Proudhon, Louis Élisée Cusenier, Hilaire de Chardonnet.

Près du pont de la République, le monument à la gloire d'Hilaire de Chardonnet
Un des bas-relief à la gloire du Comte de Chardonnet actuellement en rénovation
et pour ses monuments commémoratifs réalisés après la Première Guerre mondiale.
poilu Laëthier
L’un des deux poilus du monument aux morts au Glacis
Georges Laëthier est l’avant dernier d’une famille bourgeoise de sept enfants, dont le père avoué meurt en 1900.
C’est tout d’abord auprès de son frère Edmond (1859-1881) peintre, élève d’Antonin Fanart (1831-1903) et d’Émile Isenbart (1846-1921) qu’il s’initie tant au dessin qu’à la peinture. Georges Laëthier remporte d’ailleurs à dix sept ans le premier prix de dessin au lycée Victor Hugo où il est élève, mais sa passion est déjà la sculpture…
Encouragé par sa mère, très proche de lui, Laëthier, poursuit ses études à l’école des Beaux Arts de Besançon. Son professeur est le statuaire Just Becquet (1828-1907) qu’il qualifie de «mon vénéré maître». et en a sculpté un buste
Sculpture buste de Just Becquet réalisée par son élève G. Laëthier
Le sculpteur avait son atelier au 8 rue Grosjean, à la place de la maison de l’architecte Boucton.
Dans la cour du 7 rue Grosjean, reste une sculpture de pierre « Source » de 1904 inspirée de « la Danaïde » 1885  de Rodin.

L’architecte André Boucton

André Boucton est né à Alger en 1891, son père est architecte. Il étudie à l’école des Beaux Arts d’Alger puis de Paris. Il est mobilisé en août 1914 et est décoré de la croix de guerre.
Il obtient son diplôme d’architecte en 1923 à Alger. Il commence sa vie professionnelle en travaillant sur des chantiers de reconstruction d’après guerre dans la Marne et la Somme ;
En 1926, il s’installe à Besançon. Il est inspiré par le style Art Déco. Parmi ses nombreuses réalisations on peut citer Le Building, rue Proudhon, l’Hôtel du Nord de Vesoul ;
Sa propre résidence, rue Grosjean, il surélève l’ancien atelier du sculpteur Georges Laëthier ;

maison Boucton rue Grosjean
Le moulage au dessus de la porte d’entrée du n°8 de la rue Grosjean représente sa famille


Il participe à l’édification de l’Ecole d’Horlogerie de Besançon et de l’Ecole Nationale d’Optique de Morez, l’usine Dodane ; les Bains-Douches de Montbéliard, le sanatorium de Villers-le-Lac, l’ancienne usine Weil rue de Vesoul…
Il décède en 1977. Son fils Gérard a suivi les traces de son père, devenant aussi architecte. il réalise l’école des Beaux Arts de Besançon, Micropolis, la piscine Malarmé, le gymnase du lycée agricole de Dannemarie-sur-Crête,…

Les autres habitants de la rue Grosjean



Avant 1936, les rares habitants étaient recensés dans la rue de l’Industrie.
En 1936, la rue apparait au recensement avec 31 habitants (dont 4 suisses) répartis dans 4 propriétés non numérotées celles de Heim, Roy, Crélerot et Boucton. Parmi les professions on relève Un administrateur de société, un architecte, 4 représentants, 1 chef de service à la Trésorerie, 4 employés à la brasserie de Sochaux et 2 domestiques logées.

Selon l’indicateur Fournier, en 1952 : 10 foyers dont l’architecte Boucton, 1 gardien de la paix, 2 dans le secteur tertiaire, et 3 techniciens dont Daclin (mécanicien auto);
En 1965 : 38 foyers dont 11 personnes dans le tertiaire, 1 épicier (Jeanney), 7 techniciens dont Daclin et toujours la présence des familles Boucton et Crélerot (présentes déjà en 1936).

Le garage Daclin était ouvert au n° 11 de la rue Grosjean

11 rue Grosjean garage Daclin
Pub sur l’Indicateur Fournier de 1952

Daclin station service rue Grosjean en 65
et sur celui de 1965 Daclin est recensé au 9 avenue Foch, au pied de l’immeuble dont l’entrée est au n° 2 rue Grosjean
Le garage a laissé la place à un immeuble et la station service à l’angle de l’avenue Foch
travaux rue Grosjean
a changé de propriétaire garage Durand, puis station service Max

La population de la rue a quadruplé grâce à la construction de grands immeubles

La construction du plus récent a été réalisée sur un terrain arboré
rue Grosjean encombrée
Les travaux ont bloqué la rue durant plusieurs mois. Il n’est pas encore habité.


La prochaine réunion d’histoire des Chaprais aura lieu
jeudi 17 avril à 15 h 30 à la Cassotte sur le thème :
Hygiène et salubrité publique :
les transformations des Chaprais fin XIXe début XXe
Conférencière : Delphine Lantuas






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