Histoire de la rue Chopard suite
Après l’histoire de la Grange Coulon, voici l’histoire du bas de la rue : usine d’automobiles, Saint-Joseph et 2 rue Chopard
Compte rendu de la réunion d’histoire du jeudi 12 décembre (3e partie)

Actuellement, d’un côté le lycée Saint Joseph et de l’autre un très gros ensemble immobilier. Qu’y avait-il auparavant ?
Qu’y avait-il auparavant entre la rue des Docks et l’avenue Fontaine Argent ?
Si l’on observe ce plan, entre le chemin vicinal n° 10 (future rue des Docks) et le chemin vicinal n° 24 (Fontaine Argent) on distingue plusieurs parcelles mais pas de rue. Quelques petites constructions contrastant avec les grands bâtiments militaires du Grand magasin à fourrage
Sur ce plan de 1883 la rue du repos est tracée mais rien après le magasin à fourrage
Il faut attendre le XXe siècle pour assister à des constructions
Des usines automobiles sous l’impulsion de Louis Ravel et Théodore Schneider

Une auto Louis Ravel
Le 1er juin 1906, Louis Ravel, ingénieur et constructeur automobile auparavant établi à Neuilly-sur-Seine, et Emile Amstoutz, ingénieur motoriste à Besançon, s’associent pour former la société en nom collectif « Amstoutz-Ravel et Cie ». E. Amstoutz apporte à la société son fonds de commerce (27 quai de Strasbourg), d’une valeur évaluée à 50 000 francs, et Louis Ravel fait apport d’une somme de 100 000 francs.
Une parcelle de 20 ares, située avenue Fontaine-Argent, est louée en 1906 à Paul-Charles Minelle pour un loyer mensuel de 1200 francs, avec promesse de vente (bail de 10 ans). Une usine de 1200 m2 est construite en 1907 sur ce terrain, comprenant « une maison d’habitation et des bâtiments industriels d’une surface de 1171 m2, dont les murs sont construits en maçonnerie de moellons avec charpente de fer en forme de scheeds, et un hangar adossé au bâtiment ».
L’usine fabrique des véhicules équipés de moteurs de 8 ou 15 ch, à un puis quatre cylindres, vendues sous la marque Rav ou Amstoutz-Ravel.
En décembre 1907, Louis Ravel rachète les parts d’Amstoutz. Louis Ravel commercialise ses véhicules sous la marque Zénith, qui est aussi le nom donné à un nouveau carburateur (dépôt au greffe du tribunal de commerce le 12 mars 1909).
Le 16 juin 1910, Louis Ravel s’associe à Théodore Schneider pour fonder la société en commandite par actions « Automobiles Th. Schneider ». Entre 1896 et 1907, Théodore Schneider avait exploité avec Edouard Rochet la Société lyonnaise de Vélocipèdes et Automobiles Rochet-Schneider. Théodore Schneider apporte « son industrie, son nom commercial et 75 000 francs », et Louis Ravel apporte son établissement industriel et commercial, le matériel, et la marque Zénith. De plus, la société utilise trois brevets déposés en 1910 par Antoine Jaubert et Louis Ravel, concernant un embrayage à cône de friction, un joint de cardan à bain d’huile et un dispositif d’accouplement d’essieu arrière.

La société sort son premier modèle en 1910, qui sera présenté l’année suivante au Salon de l’Automobile.
En octobre 1910, la société dépose une demande pour agrandir l’usine. L’extension prévoit la construction d’un bâtiment donnant sur l’avenue, frappé de l’inscription « Atelier de construction pour automobiles Schneider et Cie », prolongé vers l’est d’ateliers couverts de sheds métalliques.

Ils sont construits en 1911-1912 sur les plans de l’architecte bisontin Maurice Forien. L’usine emploie alors 220 ouvriers et produit des châssis de 4 et 6 cylindres, de 10 à 35 ch, équipés d’une boîte à quatre vitesses.
La société Schneider passe en société anonyme en 1914, avec un capital de 4,5 millions de francs. A cette date, elle emploie 500 personnes sur ses deux sites et fabrique annuellement entre 250 et 300 voitures.
Pendant la Première Guerre, l’usine fabrique de l’armement (obus) et des camions, camionnettes et ambulances pour l’Armée. En juillet 1916, la société décide d’agrandir l’usine bisontine et de prolonger l’atelier « par une construction importante avec façade sur la rue des Docks ».
La société est mise en faillite en 1921, mais elle poursuit son activité après une liquidation judiciaire. Elle augmente son capital à diverses reprises et Robert Poirier, directeur de la concession lilloise Paris-Nord-Automobile, devient son actionnaire majoritaire. Louis Ravel quitte la société en 1922 pour fonder la société des Automobiles Ravel, qui s’établit rue de l’Eglise L’usine continue à proposer une gamme de voitures rapides allant de 10 ch (quatre cylindres) à 35 ch (six cylindres).
Connaissant des difficultés, la société des Automobiles Schneider loue en mai 1928 son usine à la Société anonyme d’Instruments de Motoculture (SADIM), laquelle se lance dans la fabrication d’engins agricoles motorisés (motoculteurs à chenilles). En 1930, l’effectif atteint 136 ouvriers. A la liquidation de la société Schneider en juillet 1931, les actifs sont repris par la SADIM qui poursuit la fabrication de tracteurs chenillés, dont certains pour la viticulture, jusqu’en 1937
La construction de Saint-Joseph une architecture remarquable
le site est acheté par la société civile Saint-Joseph, qui fait construire en 1938-1939 par l’architecte René Tournier un collège privé au nord de la parcelle. La partie nord des bâtiments industriels est démolie.
Le bâtiment du collège est un vaste édifice de forme allongée, animé de cinq avant-corps sur la façade antérieure, couverts de toits à croupes. La façade antérieure est construite en pierre de taille calcaire, alors que les encadrements de baies, rectangulaires, cintrées ou circulaires sont traitées en brique. Il semble que le bâtiment soit construit avec une ossature en béton armé, hourdé en moellon enduit sur la façade postérieure et les pignons. L’élévation comprend un étage de soubassement, un rez-de-chaussée, parfois surélevé, deux étages carrés et un étage en surcroît. Le toit à longs pans et les croupes sont couvertes en tuile plate.

La partie sud du bâtiment est couverte d’un toit en pavillon, couvrant l’avant corps qui abrite une statue monumentale de Saint Joseph de Henri Paul Rey sculpteur et céramiste (1904-1981) qui a exécuté aussi l’ange au sommet de l’édifice,(influence art déco], surplombant l’entrée principale du Collège Saint-Joseph. Deux des avant-corps sont ornés de pignons à redents (à gradins), d’oculi (œil de bœuf) et de croix latines.
C’est l’architecte bisontin René Tournier – né à Rennes en 1899, sa famille étant originaire du Jura. Il s’installe à Besançon en 1931 – qui conçoit les plans alors qu’il vient de terminer la Cité Universitaire. Ce bâtiment que l’on peut admirer aujourd’hui, est construit en pierre, mais toutes les ouvertures sont soulignées par des briques ;
En septembre 1939, le collège est tout neuf, mais il sera bien vite réquisitionné par les troupes allemandes, puis françaises à la Libération. Il faudra attendre le 1er octobre 1946 pour que la rentrée puisse s’effectuer avenue Fontaine-Argent.
L’établissement a connu de grands travaux dans les dernières années

démolition en août 2015 et construction d’un nouveau bâtiment côté rue Chopard

Après la construction de la passerelle reliant la rue Chopard au N° 6 du boulevard Diderot, une maison a été détruite
Les passants ne s’en souviennent peut être plus, mais les anciens élèves de Saint Jo s’en rappellent comme un espace de relative liberté.
L’architecture de ce bâtiment construit en même temps que le collège Saint Joseph rappelle comme lui l’influence architecturale du Nord. Ce bâtiment a servi de salles de cours pour le technique (bois, électricité), de foyer culturel et des chambres y ont été aménagées.
D’après le plan cadastral de l’avenue Fontaine Argent, le terrain voisin de l’usine Schneider appartenait appartenait aux Soeurs de la Charité et la parcelle suivante à la famille Saillard
Au numéro 32 de l’avenue Fontaine Argent le recensement de 1946 note la présence de la famille Robert. Paul est entrepreneur de travaux publics, Jenny est chef d’un service à la Préfecture, Jacques est architecte, Léon est peintre et Michel agent des Ponts et Chaussées. C’est l’entreprise Pateu et Robert qui est donc à l’origine de cette construction
En regardant une photo prise à la Libération devant Saint Joseph, on observe une maison avec un clocheton qui a disparu.

C’est donc sur cet espace qu’a été construit ce grand ensemble immobilier 
L’immeuble est construit en 1957. Il est considéré comme un des plus imposants et chics de la ville. Il comporte 90 appartements répartis sur 4 entrées. En 1965, l’indicateur Fournier répertorie une vingtaine d’habitants au n°2 rue Chopard. L’architecte Jacques Robert s’est réservé un appartement au dernier étage. Parmi les autres premiers habitants on remarque des noms célèbres P. Aubengue, enseignant, M Barlet ingénieur, J. Begin directeur commercial, M. Bouhet ingénieur, B Briquet, A Bruneau, J Charlier, Ch. Cheval, le docteur Guidet, R. Parguey, M. Perney, P. Picard, A. Ramond ingénieur, Jean Louis Rigal et A Viret droguiste
Les habitants de cet immeuble ont pu observer et subir de longs et spectaculaires travaux de voirie ces dernières années.
d’abord au boulevard Diderot 
Puis avenue Fontaine Argent pour le tram
et le chantier De Giorgi

En mars 2014

Les réunions d’histoire des Chaprais sont mensuelles,
la prochaine est fixée au jeudi 16 janvier 2025 à 15 h 30 à la Cassotte
Thème : zoom sur les rues
des Deux Princesses, Just Becquet et probablement Tristan Bernard

