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Des films de femmes à l’affiche


Les réalisatrices prennent à bras le corps la question de la féminité.



De nombreux films de femmes à l’affiche actuellement : les réalisatrices sondent des univers féminins, des destins particuliers et la question du vieillissement. Jetons un œil.

D’abord, je regrette que le film « Mémoires d’un corps brûlant » d’Antonella Sudassassi Furniz ne soit pas resté à l’affiche très longtemps. Quel film ! Il s’agit au départ de la mise en place d’un tournage qui met en scène une femme d’environ 70 ans. C’est une actrice. Il ne s’agit pas d’un documentaire, mais d’une fiction. Cette femme s’affaire dans le cadre de sa maison, souvent en chemise de nuit, et en voix off on entend pendant toute la durée du film le récit d’une vie de souffrances incarnée par des retours en arrière avec des actrices plus jeunes. De l’adolescente à laquelle on ne parle pas de menstruations, à l’adulte mariée qui subit les violences patriarcales et vit avec un homme avec lequel elle n’a jamais connu l’orgasme jusqu’à la fin où le film s’ouvre sur la possibilité et la beauté d’un amour tardif avec un homme âgé dans la douceur et la tendresse, le film sonde la vie d’une femme. L’amour n’a pas d’âge semble nous dire la réalisatrice. Même dans une vie jonchée de défaites, il est possible pour cette femme de se réapproprier son corps et son désir dans la tendresse et la douceur. Ce film porte la voix de femmes portoricaines aux destins difficiles : véritable gynécée il ouvre sur des années de silence et non dits.

Diamant brut

Tournons-nous maintenant vers le film « Diamant brut » d’Agathe Riedinger Elle remet en scène la déferlante de la téléréalité nous rappelant l’époque de Loft story. Lyane une adolescente vit à Fréjus avec sa mère en proie à des difficultés sociales. Elle fait partie de la génération des ongles longs pailletés, des lèvres augmentées des seins gonflés. Un monde où règnent influenceuses et réseaux sociaux. Elle envoie une vidéo aux organisateurs d’un casting et sa candidature est retenue pour l’émission de télé-réalité en vogue. Mais la réponse définitive tarde et c’est ce temps suspendu que capte la caméra d’Agathe Riedinger. Elle montre l’errance de Lyane hypersexualisée, son rêve de réussite superficiel entre en lutte contre sa vie réelle.
The Substance

La question de la beauté féminine hante le 7 ème art avec la culture du glamour omniprésente dans le cinéma américain. En conséquence, les actrices luttent constamment contre le temps et les rides à coup de botox ou autres subterfuges.

Et aujourd’hui le film « The Substance » s’empare de ce thème par le biais du cinéma de genre. Et même si le côté horrifique du film de Coralie Fargeat peut vous faire peur, il nous parle du déclin d’une actrice à la cinquantaine. Elisabeth Sparkle actrice se voit contrainte d’abandonner son émission d’aérobic. La voilà rejetée et seule cherchant désespérément comment ne plus vieillir. On lui propose une substance. Elle s’injecte un liquide et accouche par le dos d’une autre elle-même très jeune aux fesses rebondies et lisses. Cette autre femme Lizzie est une partie d’elle-même, un double. Hélas elles ne peuvent vivre qu’en garde alternée. Vous me suivez ? L’une dort pendant que l’autre vit : la plus jeune Lizzie reprend l’émission d’aérobic d’Elisabeth alors que celle-ci mène une vie de femme de 50 ans. C’est la condition pour pouvoir encore incarner une femme jeune. Mais comme chacun sait les règles sont faites pour être enfreintes, la jeune femme qui n’est autre qu’elle-même profite de sa jeunesse, drague et oublie qu’elle doit vivre en garde alternée et se mettre en sommeil pendant une semaine. Elle mord sur le temps attribué et cela fait vieillir plus vite, l’autre elle-même qui se transforme de façon alarmante. Bref le vieillissement retord accélère et les deux femmes qui en réalité ne sont qu’une deviennent les pires ennemies. Le film finit par fabriquer une femme monstrueuse gonflée de Vortex ; elle perd ses dents et découvre à la fin qu’on ne peut être que soi-même : « Je suis moi » dit-elle. Pourquoi je vous raconte çà ? Eh bien, juste pour vous faire peur ; fuyez le botox et laisser courir les rides sur votre visage, cela vous évitera de vous transformer en « freaks ».

Vingt Dieux

Et puis je vous annonce un autre film de femme dont la sortie est prévue le 11 décembre. Le film a été réalisée par Louise Courvoisier. Très applaudi à Cannes « Vingt Dieux » a été tourné dans le Haut-Jura. Nous en reparlerons.

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