Du théâtre au CDN : Le cours classique d’Yves Ravey

Du 9 au 12 avril, le CDN présente un texte d’Yves Ravey adapté et mis en scène par Sandrine Lanno

avec Philippe Duclos, Grégoire Oestermann

piscine

mardi, mercredi et vendredi à 20 h jeudi à 19 h

Au collège Trinité, des élèves du Cours classique ont fait boire la tasse à M. Pipota, professeur d’anglais venu accompagner le cours de natation. Simple chahut ou tentative d’assassinat ? S’adressant tantôt aux élèves, tantôt à la principale, tantôt à une commission d’enquête, le Censeur des études et le Professeur principal exposent leur point de vue sur l’incident, avec des logiques opposées.
L’écriture dense et subtile d’Yves Ravey, écrivain bisontin dont l’oeuvre est publie aux éditions de Minuit, sculpte avec humour et cruauté, l’atmosphère asphyxiante
d’une institution close sur elle-même, où cohabitent bonté et bêtise, tolérance et caporalisme, indulgence et tyrannie, et où se noue en filigrane la montée d’une
pensée totalitaire.
Dans la position d’élèves ou de juges, les spectateurs sont partie prenante d’un procès où les rôles sont mouvants. Qui est la victime ? Qui est l’accusé ? Qui est
le bourreau ? Le cours de l’investigation, dont l’absurdité n’empêche pas le suspense, questionne la médiocrité de la nature humaine et le talent de ceux qui cherchent
à la contraindre. Dans une joute brillante, Le Cours classique sonde les comportements humains dans leur rapport à l’autorité et au pouvoir.

 

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit du monde de l’école, plus précisément du collège, en l’occurrence le Collège Trinité Il s’agit d’institution Il s’agit d’espace clos Il s’agit de points de vue opposés sur les événements Il s’agit de vérité, de mensonge Il s’agit de territoire et de pouvoir Il s’agit de manipulation Il s’agit d’un putsch Il s’agit de rapports de classes sociales Il s’agit d’asphyxie Il s’agit de cruauté et d’humour Il s’agit d’absurdité et d’enlisement Il s’agit d’un face à face Il s’agit de tolérance et de caporalisme Il s’agit de bonté et de bêtise Il s’agit d’adresse directe du texte aux spectateurs Il s’agit de la place du spectateur, de son rapport à ce qui se dit et se passe sur le plateau, de le concerner Il s’agit d’une langue vivante et complexe Il s’agit d’une création pour trois acteurs et des spectateurs

Pourquoi avoir voulu adapter Le Cours classique pour la scène ?

Pour trois raisons essentielles : la langue d’Yves Ravey, le sujet abordé et la manière de le traiter. La langue tout d’abord. Sa particularité c’est qu’elle nous prend par la main et, mot après mot, phrase après phrase, elle nous entraîne dans les méandres de la pensée de l’auteur, sans savoir vraiment où cela nous mène, mais aussi sans pouvoir résister à l’envie de continuer à écouter les histoires qu’elle nous raconte. Et finalement, ce texte dense aux allures volontairement grises et lentes, dont on ne perd jamais le fil, finit par capter toute notre attention, inexorablement, jusqu’à la transformer tantôt en colère sourde tantôt en rire sonore. Le sujet ensuite. Stéphane et Michaël, deux collégiens du cours classique du Collège Trinité, suivis de tous les élèves de leur classe, ont fait boire la tasse à leur professeur d’anglais, Monsieur Pipota, accompagnateur au cours de natation. Après cet incident, le censeur des études instruit une enquête pour élucider le comportement des élèves et l’attitude du professeur : simple chahut ou tentative d’assassinat ?

Mise en scène : Le cours classique

C’est donc une enquête qui va se dérouler sous nos yeux, avec un vrai suspense. Tout au long de cette pièce quasiment policière, deux personnages, Conrad Bligh (professeur principal ainsi que professeur d’acquisition des savoirs de la classe du cours classique) et Jean-François Saint-Exupéry (censeur des études) font face aux élèves, à la Principale du collège, à des membres d’une commission et leurs points de vue sur le déroulement de l’incident ainsi que sur les responsabilités de chacun des protagonistes dans cet événement s’affrontent. Censeur et professeur ne cautionnent pas le comportement des élèves meneurs, mais leur logique pour expliquer et sanctionner la faute grave s’oppose. Le censeur veut punir sévèrement par une exclusion définitive alors que le professeur veut sanctionner tout en laissant une dernière chance. Heureusement, Yves Ravey ne reste pas dans une vision manichéenne, simpliste et tranchée de cette histoire, avec les méchants élèves d’un côté et les bons professeurs de l’autre. Sa manière subtile de traiter ce sujet, en mettant surtout en scène les comportements humains dans leur rapport à l’autorité et au pouvoir, en questionnant la médiocrité de la nature humaine et le talent de ceux qui cherchent à la contraindre, m’a séduite.

Sandrine Lanno – metteur en scène

Sandrine Lanno

Titulaire d’un troisième cycle universitaire en économie internationale et du développement, Sandrine Lanno se forme parallèlement à ses études au théâtre à l’École Florent et à l’Unité Nomade de Formation à la mise en scène au CNSAD où elle travaille auprès de Piotr Fomenko au Théâtre Atelier de Moscou, Klaus-Michael Grüber au Festival International d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence et Alain Françon et Joël Jouanneau au CNSAD. En 1997, elle crée L’Indicible Compagnie et met en scène 7 pièces en un acte et 1 foirade, dramaticules de Samuel Beckett. Depuis cette date, elle a créé un grand nombre de spectacles en particulier avec des détenus. Aimant explorer théâtre et musique, elle collabore souvent à des mises en scène d’opéra.

Du 9 au 12 avril 2019 au CDN  mardi 9, 20 h / mercredi 10, 20 h + lecture / jeudi 11, 19 h + rencontre / vendredi 12, 20 h

durée : 1 h 45

Pour tout public à partir de 14 ans

CDN avenue Droz avril 18

Billetterie 03 81 88 55 11 accueil@cdn-besancon.fr

Du lundi au vendredi de 9 h à 13 h et 14 à 1 8 h (excepté les lundi 14 h-18 h) En ligne : billetterie.cdn-besancon.fr

Tarifs >Tarif plein, 20€ (9 à 13€ abonnés) > Plus de 60 ans, groupe, familles nombreuses, CE, abonnés d’autres structures culturelles , 15€ (11 à 8€ abonnés) > Moins de 30 ans, étudiants, demandeurs d’emploi, minimats sociaux, 9€ (3€ détenteurs du pass jeune, 7€ abonnés)