François Dehondt naturaliste

François Dehondt en mars 2015

Interview de François Dehondt réalisée le 21 mars 2015 publiée le 22 mars

Depuis quand êtes-vous dans le quartier des Chaprais ?
Depuis 2004, cela fait onze ans.
Etes-vous originaire de Besançon ?

Non, pas du tout : je suis né à Dunkerque, j’ai vécu longtemps dans l’Yonne, dans la région parisienne, puis à Amiens, avant de venir à Besançon pour des raisons professionnelles.
Vous êtes beaucoup investi dans l’association Le panier de l’Aneth. De quoi s’agit-il ?
C’est une association pour le maintien d’une agriculture de proximité (AMAP). J’en suis le secrétaire depuis 4 ans, le président étant Raphaël Mesonero (il habite Palente). Cette association est devenue importante ; elle réunit environ 150 foyers et 11 producteurs locaux. Cela prend du temps, parce qu’il y a pas mal de questions logistiques à traiter. Tous les mardi et vendredi de 18 heures à 19 heures 30, au FJT Les Oiseaux, les adhérents peuvent venir prendre leur panier de fruits, légumes et autres produits agricoles.
AMAP Panier de l'Anethamap-contrat

Le principe repose sur un contrat annuel (renouvelable) : les consommateurs s’engagent à acheter un panier fourni par les producteurs qui peuvent ainsi maintenir leur activité et à les aider (livraison, chantiers « coups de main »…) dans une ambiance conviviale.
Comment est née cette association ?
Au départ, des rencontres ont été organisées à l’initiative de la CAGB, de la Chambre d’agriculture et du CFPPA de Châteaufaine autour d’un projet (SAUGE) pour promouvoir l’agriculture de proximité. Lien vers le projet sur le site de Besançon
D’abord des réunions de professionnels, puis des réunions de consommateurs puis des deux catégories. Plusieurs initiatives en ont résulté, comme le marché de Velotte et l’AMAP du Panier de l’Aneth.
Depuis sa création, l’association a-t-elle beaucoup évolué ?
Les principes sont restés les mêmes, mais on s’est développé grâce à l’arrivée d’un deuxième maraîcher qui s’est installé avec le premier à Montagney en Haute-Saône. Depuis peu, il y a aussi une éleveuse de Bucey les Gy qui propose du veau, du bœuf et du lapin et un apiculteur d’Amagney dans le Doubs tout près de Besançon. Cela nous a permis d’accueillir davantage de consommateurs. Auparavant, les livraisons se faisaient à la brasserie du Pintadier 9 rue Baigue. Maintenant, elles se font aux Oiseaux, 48 rue des Cras.

Foyer Les Oiseaux rue des Cras
Qui est concerné par cette association ?
C’est ouvert à tout le monde. Mais il est certain que pour être concerné, il faut aimer cuisiner et ne pas se contenter de manger des plats tous préparés ! Les adhérents habitent ou travaillent à Besançon ; ils ont pour la plupart entre 30 et 70 ans. Si un adhérent a des difficultés financières, il nous arrive de prendre en charge une partie du prix du panier par solidarité. Nous envisageons par ailleurs d’élargir nos rangs avec l’aide des services sociaux du Département.
On peut contacter l’association en écrivant à lepanierdelaneth@gmail.com
Vous faites aussi partie des administrateurs du Café des pratiques, pourquoi ?
Je connaissais les propriétaires du local, j’ai donné un coup de main pour les travaux. Le projet m’a séduit. J’ai participé comme bénévole au service en salle et j’ai animé une conférence avec balade sur le terrain. Je participe à certaines animations en tant que simple membre. J’étais ce samedi matin au Café des pratiques pour une « petite dégustation musicale » animée par Jérôme Thiébaux. Le thème me plaisait particulièrement : La passion selon Saint Matthieu de Jean Sébastien Bach et une réinterprétation d’un de ses choraux par Mendelssohn.
Je suis au CA pour la deuxième année. A ce titre d’administrateur, je suis satisfait de l’évolution de l’association, qui trouve son équilibre et qui devrait bénéficier de financements de la CAF, ce qui est logique dans la mesure où Le Café des Pratiques assure une vraie mission d’intérêt général pour les habitants du quartier.

 

et lien vers le portrait d’Elisabeth Gerl fondatrice du Café des pratiques

 

Atlas des sauterelles, grillons et criquets

Vous êtes passionné par les insectes et avez publié un atlas ?
Oui, je fais partie d’une association dénommée l’Office pour l’information éco-entomologique. Et au sein de cette association, je me suis spécialisé dans l’étude des « Orthoptères », c’est-à-dire des grillons, sauterelles et criquets. J’ai en effet animé la publication en 2013 d’un atlas avec Frédéric Mora et d’autres auteurs.
Atlas des sauterelles, grillons et criquets de Franche-Comté : Illustrations commentées du peuple chantant de l’herbe

 

 

On trouve certains de ces insectes même en ville dans notre quartier, surtout au milieu de l’été, dans les arbustes et particulièrement dans les rosiers.

Leptophyeponctuée photographiée par François Dehondt

Leptophye ponctuée photographiée par François Dehondt

Grande sauterelle verte photographiée par Laurent Schwebel

Grande sauterelle verte photographiée par Laurent Schwebel

 

Cette passion pour la nature et la biodiversité n’est pas simplement un passe temps d’amateur. Quelle a été votre formation professionnelle ?

 

En effet, j’ai fait des études universitaires de biologie à Paris VI où j’ai découvert deux choses importantes : je n’avais pas le goût d’une recherche trop spécialisée et une formation assez généraliste était proposée à l’Université voisine de Paris VII. Je l’ai suivie en étudiant aussi bien la géologie que l’aménagement du territoire. Mais je n’avais pas envie de travailler dans les services des eaux et des déchets, le domaine de l’environnement qui me concernait c’était la nature. J’ai suivi un DESS de génie écologique spécialisé dans la phytosociologie, c’est-à-dire l’étude du développement des communautés de plantes lié à la nature du sol, à leur usage, etc. Nous n’étions que 8 étudiants (pour tenir dans un minibus et aller sur le terrain). Nous avons tous obtenu un emploi intéressant à l’issue de ces études. Personnellement, j’ai commencé au Parc naturel régional de la haute vallée de la Chevreuse, puis j’ai trouvé un emploi en Picardie comme chargé d’études, puis chargé de mission pour s’occuper de marais dans la Somme.
Et maintenant vous êtes directeur du Conservatoire botanique de Franche Comté, en quoi cela consiste ?
Je n’avais pas envie de rester en Picardie, où nous n’arrivions pas à nous sentir « chez nous » et où je commençais de tourner en rond. J’ai donc saisi une opportunité. On recherchait quelqu’un pour créer une nouvelle structure de forme associative, mais dont les adhérents ne sont que des collectivités région, départements, parc régional … Il fallait tout créer, c’était un défi intéressant. Heureusement, les objectifs du projet avaient été bien cadrés par une poignée de convaincus très clairvoyants, avec qui je travaille toujours.
Le Conservatoire botanique a 4 missions : connaître, protéger, expertiser et sensibiliser. Il est installé à la Maison de l’environnement (lien vers le site ) 7 rue Voisin (près de la place Leclerc) avec une équipe de 16 salariés. Il est agréé par le ministère depuis 2007 et a élargi ses compétences en intégrant une équipe spécialisée dans l’étude des Invertébrés.
Lien vers le site du conservatoire
Vous habitez aux Chaprais, qu’est-ce qui vous plaît dans ce quartier ?
Beaucoup de choses : proximité avec le centre-ville, densité du commerce, proximité avec la gare et surtout des voisins accueillants. On a fait beaucoup plus de connaissances à Besançon en quelques mois que durant des années à Amiens. Bien sûr tout n’est pas parfait, la densification de l’habitat nous a affecté.Je défends l’idée de limiter l’étalement urbain. J’ai toujours habité en ville par commodité. Je n’ai pas envie de passer mon temps dans les transports. Nous n’allons dans une grande surface périphérique que très exceptionnellement (une fois par trimestre environ). Pour le reste, nous trouvons sur place aux Chaprais, au supermarché Casino, chez l’épicière bio du bas de la rue de la Rotonde ou parfois chez Victor ou Martin et Muller pour nous faire plaisir.
Se préoccuper du compostage,  c’est assez logique quand on mange des fruits et légumes ?francois-dehondt-compostage
Avec des voisins, nous nous occupons du compostage au pied de l’immeuble. Cela demande un peu d’attention et quelques opérations ponctuelles. Ce n’est pas si contraignant que certains le disent et le résultat sur la redevance des ordures ménagères est significatif. Ça en vaut vraiment la peine !

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