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Histoire de 4 rues des Chaprais près de la gare Viotte

Aperçu de la conférence sur les rues du Balcon et Garibaldi

La conférence a présenté l’histoire de rues. Ce premier article est consacré aux deux premières.
Jusqu’au milieu du XIXe pas de rue dans ce secteur

La création de la voie ferrée et de la gare Viotte est à l’orogine du développement du quartier

Première gare Viotte

En 1896 trois rues sont tracées entre la rue de Belfort, la rue de la Viotte et la rue du Chasnot

plan 1896 Viotte Balcon Garibaldi

Industrie, Garibaldi et général Rolland

Sur le plan Siffert de 1937, les 4 rues sont nommées et construites

plan Siffert 1937 Viotte

Les recherches dans les archives s’avèrent compliquées dans la mesure où des parcelles sont souvent comprises entre deux voire trois rues, des maisons peuvent être recensés parfois dans une rue, parfois dans une autre.
En 1931, la répartition des habitants est très inégale :

La rue du Balcon et le banquier Schlumberger

Le bas de la rue du Balcon, comme celui de la rue de l’Industrie a subi le bombardement de 1943 et a été reconstruit

Rue de Belfort, Industrie jadis

Les nouveaux immeubles depuis la rue de Belfort en 2015

rue du Balcon Pizza hut en septembre 2015

Les deux enseignes Ozaka et Pizza Hut (et ses poubelles) ont disparu.

En 1954 apparaît un n°1 avec Emile Blanchard magasinier et Berthe son épouse contrôleuse d’horlogerie.

Qui habite au n° 3 ? 16 personnes en 36 : Emmanuel Vuillecart ou Vuillecard le propriétaire, horloger rhabilleur, Françoise Baudey employée bureau, Eugénie Garandet, journalière, deux agents de la Cie PLM, une couturière. En 1946 sont recensés Camille Perbet-Vieille employé alimentation, Marthe Bez, fille de salle
Francine Huguenaud raccommodeuse , Léotine Jacquet domestique, Georges Cardot prothésiste dentaire et son épouse, Julien Jeannin SNCF, son épouse et leur fille horlogère.

Au numéro 5, Joseph Toubin propriétaire et retraité et Marie née Crolle. Joseph Toubin est artiste dessinateur né à Levier en 1876, ancien combattant, engagé volontaire malgré sa petite taille (1m 53). Il vit avec son épouse Elise. En 1933, il reçut la cravate de commandeur de la couronne de Yougoslavie pour un livre manuscrit artistique consacré à l’amitié franco-yougoslave.

En 1946, le numéro 7 est occupé par les ateliers Denier. En 1965, l’indicateur Fournier mentionne un serrurier Courtot R. Ses héritiers sont les fondateurs de l’entreprise Fenêtres Bisontines.
Au numéro 11 se trouve l’arrière de l’entreprise Maurice Borey, fabricant de tabliers, dont l’entrée est au 10 rue de l’industrie.

Au numéro 13, se trouvait il y a quelques années, l’Ecole des Métiers Artistiques (EMA)

EMA rue du Balcon

A l’angle de la rue de la Viotte, le mur a été peint par des artistes

peinture au pignon rue du Balcon rue de la Viotte

Côté pair

Entre la rue Garibaldi et la rue du Balcon, plusieurs belles maisons anciennes avec un parc ont été démolies récemment pour construire des immeubles et densifier la population. Ce n’était pas le cas dans les années 30 : on ne comptait que 9 habitants.

villa rue du Balcon

La villa Schlumberger

Qui habite au numéro 2 rue du Balcon ? ou 15 bis rue de Belfort

En 36 Marie Schlumberger banquière et sa fille Louise
En 1946, 2 ménages dans la maison Schlumberger : Jean Kroener (1900) chef de service, son épouse Violette, sa belle sœur professeur et neveu étudiant; Georges Vieillard 1902, ingénieur, filles et soeu

Avant la famille Schlumberger, l’ensemble a été la propriété de Eugène Munier puis de la famille Pignot, entrepreneurs en travaux publics

Qui était Emile Schlumberger ?

Les bisontins actuels ont gardé le souvenir ou ont entendu parler de la présence à Besançon de l’importante entreprise des Compteurs Schlumberger installée face à l’école de l’horlo. remplacée par le bâtiment de la Chambre de Commerce. Mais le rôle d’Emile Georges Schlumberger (né en 1854, mort en 1916) semble oublié.

avis de décès de G.E Schlumberger

Pourtant Emile Georges Schlumberger a été un entrepreneur très actif notamment dans le domaine des transports ferroviaires, de la banque et de la construction. Lorsque le Conseil Général du Doubs vote en 1896 l’installation du chemin de fer d’intérêt local (tacot), il concède la ligne Pontarlier-Mouthe à Schlumberger. Ce projet à vocation touristique ne survivra pas à la Seconde Guerre Mondiale.
Emile Schlumberger fut élu conseiller municipal à Besançon durant quelques années jusqu’en avril 1908. Alexandre Grosjean était alors le sénateur-maire de Besançon jusqu’en 1912.
Gagné par la fibre ferroviaire, Schlumberger proposa au Conseil municipal bisontin le raccordement de la voie PLM de Morteau au tacot de Vesoul. Suite aux objections, le projet fut reporté et bloqué par la construction par l’armée d’un manège à Rivotte. Schlumberger revint à la charge lors du conseil municipal du 15 janvier 1908. Il voulait donc faire passer les trains par le centre-ville sur les remparts dérasés depuis la gare de Rivotte, les faire traverser le Doubs sur un pont Denfert-Rochereau élargi pour monter sur la rampe entre Battant et le vallon de la Mouillère.A défaut d’éliminer tous les obstacles à son projet qui nécessitait de réaliser d’importants travaux sur les remparts et à Rivotte,, Schlumberger obtint la constitution d’une commission mixte.

tacot mouillère Pelote

Schlumberger fut aussi fondateur du Crédit Agricole du Doubs et de la société d’habitations à Bon Marché le Foyer familial à qui l’on doit par exemple les petites maisons mitoyennes de la rue Charles Fourier (au bas ou en haut de la rue ?
Le conseil municipal attribua le nom de Schlumberger à une rue située non pas aux Chaprais, mais à Rosemont.
C’est le nom d’un héros de la guerre de 1870 qu’on donna à la rue des Chaprais.

Qui était Marie Schlumberger ? En 1921, elle est présentée comme veuve, banquière, chef du ménage . Elle est née en 1858 en Alsace (à Wintzenheim). Avec elle, ses quatre fils : Robert, Jean, Pierre et Marcel et sa fille Louise (née en 1901). Anna Schlundt née aussi en 1901 mais à Isenheim est leur domestique. Marie Schlumberger est née Marie Fanny Goguel. Elle est la fille de l’industriel Charles Goguel et petite fille de Charles Abraham Goguel, (confection de fils fins dorés et argentés, utilisés dans la broderie et vendus dans le monde entier puis ustensiles en cuivre et en laiton) propriétaire de la villa Chenevière à Montbéliard,

Entre les rues du Balcon et Garibaldi, les constructions ont transformé l’habitat

Vue du ciel en 1965

Vue du ciel en 2023

chantier De Giorgi rue du Balcon avril 2011

La construction De Giorgi en avril 2011
En haut de la rue, rue de la Viotte : le local de la médecine du travail inauguré en 1978, devenu l’Ordonnance (location de meublés)

Rue de la Viotte médecine du travail

un bâtiment rénové et réhaussé d’un étage en bois en 2026

Une rue des Chaprais honore un révolutionnaire

Rue Garibaldi plaque

Qui était Garibaldi ?

Giuseppe Garibaldi a voué sa vie à la défense des causes patriotiques. Né à Nice en 1807, de parents italiens, il est attiré par la vie maritime et s’engage à 17 ans dans la marine. Sa première tentative de révolte à Gênes échoue, ce qui lui vaut de devoir quitter l’Italie en 1835.
Au cours de son exil en Amérique du Sud, il mène ses premiers grands combats insurrectionnels (au Brésil et en Uruguay notamment), aidé d’une légion italienne vêtue des désormais célèbres chemises rouges. Il est surnommé le « Héros des Deux Mondes » en raison des actions militaires qu’il a réalisées aussi bien en Amérique du Sud qu’en Europe, ce qui lui a valu une notoriété considérable tant en Italie qu’à l’étranger. 

Giuseppe Garibaldi

A l’âge de 63 ans, il décida de venir en aide à la jeune république française. Le vieux révolutionnaire Giuseppe Garibaldi a établi son quartier général à Dole et organisé les francs-tireurs (civils armés) de la région.
Il est arrivé à la gare Viotte le 14 octobre 1870. Bien que le personnage soit très controversé, voire méprisé par les militaires classiques, le passage de Garibaldi aurait eu un impact positif sur le moral des troupes selon quelques témoignages. En effet, le moral des soldats et des habitants avait été touché la veille par la venue du général Albert Cambriels handicapé par une blessure. Ce général emmenait avec lui les restes de son armée qui battait en retraite depuis les Vosges. René de Belleval, historien, sert alors comme soldat à Besançon. Il est témoin de cette arrivée. Il écrit « Ce qui reste de l’Armée de l’Est est logé aux Chaprais, où se presse une foule curieuse et presque hostile. Les feux de bivouac sont allumés dans les rues. Les corvées vont et viennent. Les estafettes et les ordonnances se croisent au galop… »
Fin décembre, l’Armée de l’Est de Bourbaki s’est formée à Besançon dans la plus totale anarchie. Le 24 ème Corps s’établit aux Chaprais.

Qui habite rue Garibaldi ?

Lors du recensement de 1921, la rue Garibaldi ne comptait que 22 habitants répartis en 6 ménages.


Au n° 3 /5, Maurice Lazar est un industriel. En 1921, il a fondé avec son frère Armand un commerce de vieux métaux Lazar fils. En 1926, il habite au numéro 5 . Il est le fils de Samuel , qui habite au numéro 3, marchand de chiffons. Il figure sur la liste des commerçants israélites de Besançon, produite par la mairie. Son fils, Claude né en 1924 fut un résistant surnommé Lagarde. Il commença à diffuser une propagande antinazie afin d’intégrer le maquis Woddi dans la région de Brioude

au numéro 8 de cette nouvelle rue : celle d’Alphonse Gendre (forgeron chez Régnier) et de Victor Viennet palefrenier dans la même entreprise Régnier. (future Monts Jura)

Au numéro 7, on trouve Lazare Poitrey, comptable chez Sclumberger.Il a été administrateur de l’Union des Sociétés de Secours Mutuels du Doubs

En 1954 , la rue Garibaldi rassemble 14 habitants en 6 ménages et dans 4 maisons : Daniel Galli, Maurice Lazar négociant, Marcel Boisson mécanicien et son épouse ouvrière, Georges Choulet directeur, Georges Détouillon frigoriste

De nouveaux immeubles sont construits côté impair en 2003

Rue Garibaldi construction en 2003

Puis en 2006, côté pair, entre la rue Garibaldi et la rue Rolland se construit un HLM de la société Néolia

construction rue Garibaldi septembre 2006

A suivre dans un prochain article ; les rues Rolland et Rambaud

Prochaine conférence d’histoire

jeudi 16 novembre 2026 à 15 h 30
au Centre Pierre Mendès France (salle 4)
thème : histoire des places du quartier des Chaprais

Place Flore Carnot Etrs Blondeau

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