Un tableau de Roland Gaudillière et un poème de Jean-Luc Andreoletti

 Roland Gaudillière a longtemps habité les Chaprais. Son épouse Annie y réside encore. Elle vient, avec l’aide du conseil consultatif des habitants Chaprais/Cras de mettre en ligne un site qui s’efforce de rendre compte de la féconde production artistique de Roland Gaudillière. Vous pouvez le consulter sur http://www.roland-gaudilliere.com/e

 Jean-Luc Andreoletti, lui habite rue des Jardins. Par delà le temps, leurs œuvres communiquent….

Tableau de Roland Gaudillière intitulé La poupée de chiffon

La poupée de chiffon

VISAGES

Les paroles congédiées s’éteignent au seuil des lèvres,

Portes du temple fermées pendant cette fausse trêve.

Le regard scrute, interroge ; dernier conquistador,

Espoir d’un futur bleu, regrets d’un passé mort.

Double vie : du possible renaît l’improbable ;

Double vue : du connu jaillit l’indéchiffrable ;

Mais Janus sait : ici, maintenant ou ailleurs,

Que du naufrage des rêves, éclosent toutes les peurs.

Que du néant se sont allumées toutes les vies.

Passage obligé, où s’explorent toutes les envies,

Sans victoire ni défaite, sans haine et sans larmes

Dans l’être cher, tu sais réveiller les charmes.

Passage obscur où soufflent les vents de la nuit,

La métamorphose de la chair enterre l’ennui.

Sous les rides, sous les ans, s’approche l’éternité ;

Et s’en revient l’amour et croît l’altérité.

Passage sensible où se fondent et la fuite

Et les sentiments teintés de paroles traduites.

Ni le fard, ni le sang, n’assèche le désir,

Janus ! Tes deux visages contemplent l’avenir.

Photo de Jean-Luc Andreoletti

Jean-Luc Andreoletti

Jean-Luc Andreoletti, enseignant aujourd’hui en retraite, a publié deux recueils. Le premier, en 2012, est intitulé Couleurs et même silence. Aux éditions Edilivre qui le présentent ainsi :

« De rencontres en mots, de mots en poèmes, l’intimité d’un parcours personnel se dévoile par-delà les découvertes et les doutes, par-delà les joies et les craintes.
Émotions et couleurs s’entremêlent aux silences chauds de l’aube. À travers ce choix de textes, Jean-Luc Andreoletti arpente un espace improbable où l’éphémère et l’infini contribuent à la force des émotions. »
andreoletti
 
En 2015, aux éditions L’Harmattan, est publié A l’ombre des jardins d’Alkinoos, co-écrit avec Jean-Bernard Emonin . Il est présenté ainsi :
andreoletti poésie

« Pas facile de tuer un homme même s’il est coupable du pire. Dans cet ouvrage à quatre mains, le nouvelliste et le poète traitent la question chacun à leur manière et nous entraînent tour à tour dans leurs univers respectifs d’ombre et de lumière. La musique des mots, en écho à la rudesse des interrogations, compose un livre acide et lumineux qui ne laisse pas indifférent. »

Photo de Jean-Luc Andreoletti et Jean-Bernard Emonin

Jean-Bernard Emonin (à droite) et Jean-Luc Andreoletti

Merci à madame Annie Gaudillière et à monsieur Jean-Luc Andreoletti pour leur autorisation de reproduction de ce  tableau et de ce poème.