Qui se souvient d’André SEURRE, peintre-verrier, rue de la Rotonde?

Situé au 13 rue de la Rotonde, l'ancien atelier d'André Seurre en attente de démolition

L’ancien atelier d’André SEURRE

André Seurre, peintre-verrier, comme il s’intitulait lui-même, avait un atelier situé au 13 rue de la Rotonde. Cet atelier existe toujours, du moins pour l’instant. Car il doit être démoli, comme l’ont été, l’an passé, les garages attenants. En effet un petit immeuble doit être réalisé prochainement dans cette cour (voir notre billet en date du 13/11/2014 « Rue de la Rotonde, c’est parti pour une nouvelle construction?« ). Notons que c’est également dans cette cour qu’est née l’usine d’horloges ATO (voir billet du 20/12/2014).

C'est dans ce petit atelier, au 13 rue de la Rotonde que se sont succédés les artistes André Seurre, peintre verrier et Jens Boettcher, sculpteur.

L’atelier d’André Seurre puis de Jens Boettcher, 13 rue de la Rotonde


Nous n’avons pas beaucoup de précisions sur André Seurre : il n’a jamais fait l’objet d’une étude particulière. Il a pourtant réalisé des vitraux à l’église du Sacré-Coeur, avenue Carnot, à Besançon (église dont il était paroissien).

Les vitraux réalisés par André Seurre, paroissien du Sacré-Coeur avenue Carnot

Sacré-Coeur, avenue Carnot, la réalisation d’André Seurre

 

 

 

 

A Besançon, André soeur a réalisé des votraux dans l'église du sacré-Coeur.

Les vitraux d’André Seurre, au Sacré Coeur, avenue Carnot.

 

 

 

 

Vitrail d'André Seurre, à l'église de Montperreux reorésentant Isodore Gagelin, missionnaire martyrisé en Chine et béatifié

Un des vitraux de l’église de Montperreux

Puis, en 1947,il crée des verrières fermant  l’église  paroissiale Sainte-Madeleine, de Montperreux, dans le Haut-Doubs, près du lac Saint-Point. A ce titre, il figure dans l’Inventaire du patrimoine culturel aux côtés d’un peintre et d’un orfèvre.

 

 

Isodore Gagelin est représenté sur ce vitrail d'André Seurre, à l'église de Montperreux, évangélisant les chinois.

Vitrail église Montperreux

Sollicitée par Michèle Jourdan, une habitante du quartier, membre de notre groupe Histoire des Chaprais,  madame Marie-Claire Waille, Conservateur  bibliothèque et archives de la ville de Besançon, nous précise : « ces verrières retracent la vie du Saint Isidore Gagelin, martyrisé au Vietnam  et originaire de Montperreux ».

André Seurre avait proposé deux vitraux à la ville de Saint-Denis en 1952 afin de rappeler la politique de constructions pour lutter contre les taudisé

Carton d’un vitrail proposé pour l’hôtel de ville de Saint-Denis sur le thème de la lutte contre les taudis

En 1948 il est choisi pour la réfection des vitraux de l’hôtel de ville de Saint-Denis, par l’architecte communal, qui voit en lui « un artiste sensible ayant su rééditer des méthodes artisanales de cuisson ».

André Seurre, selon l’appréciation qu’il porte sur lui-même, travaille « dans un style moderne, de notre époque, mais qui ne date pas après quelques années ». Il veut, dans le travail de création de vitraux géométriques qui lui sont commandés pour l’hôtel de ville, « éviter la monotonie dans les coupes ».

Il propose, pour l’hôtel de ville de Saint-Denis, deux vitraux qui célébreraient la politique de construction de logements, menée par la ville, afin de lutter contre les taudis. Les deux cartons de ces projets ainsi que sa lettre manuscrite adressée au maire, expliquant son projet (jamais réalisé) peuvent être consultés sur le site de la ville de Saint-Denis.

Autres précisions de madame Waille, ( nous la remercions vivement!) :

« Il a également réalisé, pour la basilique Notre-Dame d’Espérance de Charleville-Mézières (Ardennes) en 1961-1973, des vitraux sur des cartons du peintre et sculpteur René Dürrbach. Et d’autres à  l’église paroissiale Sainte-Croix à Montbrison.

 Il a publié en 1972 un ouvrage de référence La verrerie en Franche-Comté (couronné par l’Académie des sciences, Belles Lettres et Arts de Besançon) ; il y recense 37 verreries comtoises ayant fonctionné entre 1650 et 1850″.

Ajoutons que nous avons retrouvé sans une publication des mémoires de la Société d’Émulation du Doubs, datant de 1960, un article  d’André Seurre  d’une quinzaine de pages sur les verreries en Franche-Comté. S’agissait-il d’une étude en prélude à son ouvrage de 1972? Ce dernier était en vente, il y a peu, chez un bouquiniste de Besançon, quelques 60€….

Si vous disposez d’informations sur André Seurre, n’hésitez pas à nous les faire parvenir….

 L’atelier d’André Seurre a été ensuite occupé successivement par le sculpteur Jens Boettcher (l’auteur, entre autres,  du Minotaure qui crache son eau sur le Doubs au pont Denfert-Rochereau), puis sa fille ( voir sur ce blog, au sujet de ce sculpteur, les billets du 10/02/2012 et du 16/02/2012).

Actualisation de ce billet, fin décembre 2015, début 2016 :

  1. L’atelier d’André Seurre a donc été rasé pour faire place à la construction d’un petit immeuble « Côté Flore » dont les travaux devraient débuter en 2016. (voir au sujet de cette opération immobilière notre billet du 14/11/2013). Par ailleurs, une lectrice attentive nous signale que dans le journal catholique « Ensemble »n°53, de décembre 2015 émanant du Doyenné du Haut Doubs Forestier, nous apprenons que Saint François-Isidore Gagelin dont la vie est racontée par les vitraux d‘André Seurre, en l’église de Montperreux ,a reçu un hommage le 18 octobre 2015, à l’église Saint-Pierre de Pontarlier, puis à Montperreux. « Ces deux célébrations étaient animées par les fidèles (prêtres, religieuses, laïcs) de la communauté vietnamienne du diocèse de Besançon ».

Ce qui est logique puisque François-Isidore Gagelin, né à Montperreux a subi le martyr pour sa foi (il est mort par strangulation), au Vietnam. Il a été déclaré Bienheureux en 1900 par le pape Léon XIII, puis canonisé avec les autres martyrs du Vietnam, par le pape Jean-Paul II le 19 juin 1988. C’est ce que nous relate cet article du journal « Ensemble ». Mais s’il est évoqué  » les vitraux de la petite église de Montperreux qui retracent la courte vie de cet homme de foi enthousiaste et courageux… », le nom d’André Seurre, auteur de ces vitraux, n’est pas indiqué! D’où l’utilité de ce blog, s’il fallait encore la démontrer, afin que ne tombent pas dans l’oubli les personnalités qui ont habité ou travaillé aux Chaprais.

2. Un lecteur nous a signalé, début 2016, les vitraux restaurés par André Seurre, en 1947, en l’église Saint Blaise de Boisset les Montrond dans la Loire. Merci . Voir http://www.boissetlesmontrondphotos.fr/